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Colza

La pluie se faisait attendre

Depuis le début de l'année, les conditions climatiques extrêmes se sont fait connaître, de quoi impacter des cultures comme le colza. Témoignages de deux céréaliers.

Par Charlotte Sauvignac
Climat
Les amplitudes de température des derniers mois ont fortement impacté les colzas, de manière hétérogène sur le territoire.

Avec des états très hétérogènes recensés sur le territoire, par la Chambre d'agriculture de l'Yonne dans le cadre du Raisoculture, le colza fait partie des cultures impactées par les changements de température de ce début d'année. « Le sec a précipité la défloraison des colzas. Le nombre de grains et le début de remplissage ont pu être impactés dans les terres séchantes », relate le Raisoculture du mois de mai. Toutefois, ces informations sont à relativiser car la pression des « ravageurs, et plus particulièrement des pucerons cendrés est plutôt faible cette année. Quelques colonies subsistent en bordure de parcelle, mais les auxiliaires de culture sont présents ». Pour se rendre compte de l'hétérogénéité des cultures au sein du département, Terres de Bourgogne s'est rendu à Rugny au sein de l'exploitation de Sébastien Neveux de près de 330 hectares, avec 40 hectares de colza. Considéré comme un organe plein d'eau, reproducteur et emplie de protéine, le colza a subi « un stress hydrique. Au mois de février, nous avons connu de grosses périodes de pluies, suivies par des périodes de forte chaleur. Nous pouvions passer de températures négatives en début de matinée, à des températures dépassant les 20 °C dans l'après-midi », décrit-il. Les fortes chaleurs ont été accompagnées par « la présence importante de vent qui est venu dessécher les feuilles ». D'autant que ces aléas ont été actifs « pendant une période de développement importante du colza, lorsqu'il était encore fragile. Cela a donc rendu difficile l'absorption de minéraux par la plante ». Même au sein de son exploitation, les conditions sont hétérogènes. « Nous avons conscience que les parcelles orientées vers le lever du soleil auront de meilleurs rendements que celles situées en fond de vallée, notamment à cause du froid ». L'enjeu pour les prochains mois « est donc d'avoir la pluie et de garder un bon état sanitaire pour avoir toutes les graines et avoir un bon poids de mille grains (PMG) ». Semé le 4 août dernier, les cinq variétés de colza : Addition, Attica, Heclair, Métal et Playmaker, n'ont pas la même génétique leur permettant de mieux résister aux conditions climatiques ainsi qu'aux pressions des ravageurs, comme la mélligèthe apparue en février dernier à cause des chaleurs.

Une culture résistante et résiliente

Rapprochons-nous d'Auxerre, au sein de l'exploitation de Fabrice Rémond de près de 190 hectares. À l'arrivée de la pluie par la fenêtre, le céréalier auxerrois sourit. Dans « ma rotation de cultures : colza, blé, orge, je dédie 45 hectares au colza. La culture revient donc tous les 2 ou 3 ans, permettant d'éviter que la pression des ravageurs se poursuive chaque année », confie Fabrice Rémond. Possédant des parcelles sur Auxerre et à l'antenne, sur des sols argilo-calcaire et argilo-limoneux, il a décidé depuis quelques années « de semer plus tôt, dès le mois d'août, pour que mes colzas soient plus robustes et résistent à la pression des ravageurs ». Avec le changement climatique, « nous observons que les premières chaleurs arrivent plus tôt qu'avant, ce qui amène indubitablement les insectes à venir plus tôt sur nos parcelles. En semant plus tôt, cela permet au colza, même si c'est déjà une culture qui a le don d'être résiliente, d'être tranquille dans ses premières phases de développement ». Depuis ce changement de méthode, le céréalier « en voit les effets ». Malgré cela, les conditions climatiques de ce début d'année « ont impacté mes parcelles. On attendait la pluie avec impatience. Ce qui serait parfait, ce serait que la météo alterne entre pluie et beau temps, permettant à la culture et aux graines de se développer », conclut-il, en gérant quelques détails administratifs.