Un soutien indispensable face à un mal profond
Agriculteur en Côte-d'Or et vice-président de l'AGPB, Philippe Dubief revient sur les mesures d'aide à l'achat d'engrais. Une nécessité dont l'accès demeure complexe et, par certains aspects, absurde, mais aussi le symptôme d'une agriculture en grandes difficultés.
Dans un communiqué paru le 3 août, la Préfecture de Côte-d'Or a annoncé l'ouverture d'un guichet pour l'aide à l'achat des engrais à destination des agriculteurs (1). La mesure avait été officialisée par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, le 28 juillet. Elle est une traduction supplémentaire de la dynamique mise en œuvre depuis plusieurs semaines et consécutive au conflit entre l'Iran et les États-Unis, qui a entraîné un blocage du détroit d'Ormuz, par où transite une grosse partie des engrais utilisés en agriculture. Depuis des mois, les tensions se multiplient autour de ces produits, entre hausse des cours du pétrole, mise en place, au début de l'année, du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF-voir encadré), le tout sur fond de restrictions croissantes d'usage d'intrants, de débats sur la souveraineté alimentaire et la loi d'urgence agricole, de cours mondiaux du blé déprimés, de difficultés économiques à ve...
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