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Excès d’eau, sécheresse, orage…

Orage, sécheresse, excès d’eau : le maraîchage face aux aléas climatiques

Lundi 3 août, un violent orage a touché Cerisiers, Sergines ou encore Villechétive, dans l'Yonne. Olivier et Myriam Thibault ont déploré d'importants dégâts sur leur activité de maraîchage.

Par Charlotte Sauvignac
Maraîchage
Myriam Thibault, maraîchère à Villechétive a subi des dégâts importants après un bel orage.

Dans la commune de Villechétive, une semaine après le passage de l'orage, le constat est sans appel. Nous retrouvons Olivier Thibault, céréalier et Myriam Thibault, maraîchère. Ils se souviennent encore de la violence du vent, le 3 août dernier. « J'étais dans le champ à côté des serres, à 50 mètres, en train d'étaler du compost. D'un coup, j'ai vu le ciel changer de teinte rapidement et l'averse arriver. Le vent s'est levé et la pluie est devenue violente. Je ne voyais même plus la bennette devant le tracteur. La pluie a bien secoué le tracteur. En l'espace de cinq minutes, cet orage a abîmé une partie de notre serre », se souvient Olivier Thibault. Sa femme, quant à elle, était dans la maison, avec son fils et observait d'un œil averti l'extérieur. « J'observais la tonnelle : je voyais que les rideaux volaient à l'horizontale, mais la tonnelle restait fixe donc je ne m'inquiétais pas. Lorsqu'Olivier m'a appelé et m'a dit qu'il y avait eu des dégâts, j'étais surprise », ajoute Myriam Thibault. Une semaine après les importantes rafales de vent, le couple se rend devant la plus grande serre. « Mes cultures ne sont plus protégées par la bâche, et avec les chaleurs annoncées dans les prochains jours, nous sommes inquiets des brûlures sur les légumes », constate Myriam. En arrachant la bâche située sur le toit, le vent a également secoué de nombreuses cultures, dont les courgettes, « qui ont perdu pas mal de fleurs et ont vu leurs fruits avorter ». Un peu plus loin, le couple avait également planté des arbres fruitiers dont un poirier « qui n'a plus que le tronc ». D'après un article de l'Yonne Républicaine, des communes du nord de l'Yonne ont souhaité, après les dégâts relevés le 3 août dernier, « obtenir l'état de catastrophe naturelle ». Cette demande a été vaine, car le préfet n'a pas souhaité donner suite à cette demande, affirmant « que les dégâts étaient assurables ». En entrant dans la serre abîmée, Olivier Thibault exprime les difficultés d'assurer ce type d'activité. « Nous sommes en maraîchage diversifié, c'est quasiment impossible à assurer. Comment peut-on estimer les pertes pour chaque culture ? », questionne-t-il.

Récolte : finir la saison sur une bonne note ?

Ancienne professeure, Myriam Thibault a fait une reconversion, en préparant un BPREA au CFPPA d'Auxerre, afin de s'associer avec son mari. Après trois ans d'activité, elle nous confiait, ce lundi 10 août, que c'était une première. « On a déjà eu des coups de vent, mais pas aussi violents que celui-ci. On a l'impression qu'une tornade est passée », avouait-elle. En faisant le tour de sa serre, elle constatait toutefois que « la bâche des côtés était récupérable car elle était enroulée ». Le gros des dégâts se concentre sur le toit. Sur cette serre de 400 m2, on pouvait observer de l'acier tordu et une partie de la bâche déchirée. Au-delà de cet événement ponctuel, Myriam Thibault avouait que la météo, depuis ce début d'année, n'a rien fait pour arranger la situation. De janvier jusqu'à mars, « nous avions un excédent d'eau. De nombreuses cultures baignaient dans l'eau et il était impossible de travailler le sol ». À partir du mois d'avril, l'effet inverse s'est produit. « Tout était très sec, et avec le coup de chaud du mois de juin, tout a cramé », se remémore-t-elle. Pour la première fois, elle constatait « que mes légumes étaient moins productifs. Normalement, j'arrive à avoir une bonne quantité d'aubergines. Pour cette campagne, je n'ai pas de fleurs ». Les auxiliaires, quant à eux, se font discrets. « L'an dernier, j'avais plein d'auxiliaires : des chrysopes, des coccinelles et des pollinisateurs. Cette année, j'en ai seulement eu lorsqu'il faisait plus frais », affirmait-elle. Malgré d'importants dégâts observés, l'activité de maraîchage n'a pas dit son dernier mot. La récolte n'est pas terminée. « Tout va dépendre du temps du mois d'août. Les poivrons et tomates, par exemple, peuvent être récoltés jusqu'en octobre, voire début novembre », conclut-elle.

Olivier Thibault
Cette année, à la suite de plusieurs épisodes caniculaires, le maraîchage a subi d’importants dégâts sur les cultures. Sur cette photo, les poireaux ont particulièrement souffert du manque d’eau.