Une extension destinée à l'élevage de chèvres
À l'occasion des Journées Bâtiments d'élevage, mardi 3 mars au matin, c'est l'Earl des Fragnes, élevage caprin, qui a été mis à l'honneur avec l'extension d'un bâtiment principal abritant un bloc de traite.
En cette belle matinée ensoleillée, nous retrouvons Éric Saison, élu à la Chambre d'agriculture, pour inaugurer la demi-journée à Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe au sein de l'Earl des Fragnes dirigé par Fabien Gauthier et de sa femme. « Ces journées sont des moments forts pour découvrir les innovations qu'on peut trouver aux cœurs des cours de ferme. Ce matin, nous allons découvrir une extension de bâtiments avec un investissement dans une traite rotative », affirme Éric Saison. Avec près de 340 chèvres saanen, Fabien Gauthier présente une exploitation en agriculture biologique depuis la sixième année, où 96 hectares sont consacrés en prairies et le reste à la production de méteil grain, de luzerne et d'avoine, afin « d’être quasiment autonome sur la ferme ». Tout commence lorsqu'il intègre l'exploitation familiale en 2007 afin de remplacer son père et sa mère. Fabien Gauthier se retrouve donc en Gaec avec son frère au sein d'une exploitation en bovins laitiers. En 2010, les deux membres décident d'arrêter l'élevage laitier pour se consacrer à un élevage de bovins allaitants et à un élevage caprins. Ce n'est que 4 ans plus tard que son frère décide de partir de l'exploitation. En 2016, lorsque sa conjointe reprend la place de sa femme, l'éleveur décide de changer de société, en passant d'un Gaec à une EARL. En 2020, les deux associés choisissent d'arrêter l'élevage de bovins allaitants pour se consacrer exclusivement à l'élevage de chèvres, passant de 220 chèvres en 2010 à 300 chèvres en 2020. Cette même année, l'Earl des Fragnes investit dans un nouveau bâtiment dédié la nurserie, aux chevrettes de plus de 2 mois ainsi qu'aux boucs. « Nous voulions avoir plus d'espace, afin de travailler dans de meilleures conditions. Cependant, à ce moment-là, nous étions restés avec une salle de traite automatique conçut dans un bâtiment ancien, très peu lumineux », témoigne l'éleveur.
Améliorer ses conditions de travail
Pendant la visite guidée par Isabelle Degroote, conseillère bâtiments à la Chambre d'agriculture de l'Yonne et l'éleveur, les étudiants des deux lycées agricoles entrent dans la « nouvelle salle de traite, mise en route en 2023 et fonctionnelle depuis l'année dernière » qui change du tout au tout. « Après l'extension du bâtiment principal, le choix s'est porté sur un bloc de traite, comprenant un roto, une laiterie et une aire d'attente ainsi que la création d'un couloir pour faire le lien entre les deux bâtiments », décrit la conseillère bâtiments. Accompagné par Chapuy Frères, société ayant conçu le roto, Fabien Gauthier explique qu'il « a investi dans une plateforme achetée d'occasion et a acheté un roto de traite au constructeur ». Après avoir passé la partie technique, Fabien Gauthier confesse que « depuis cet investissement j'ai gagné entre une heure et une heure et demie de temps sur la traite, en fonction des périodes » et qu’un bâtiment lumineux « améliorer mes conditions de travail, notamment aux périodes clés de la traite ». Avec l'acquisition du roto, il gagne l'équivalent de 15 jours par an sur le temps de traite habituel. Il a également décidé de passer de six lots à quatre pour la traite et la conduite en élevage. En terminant le tour, Chantal Michoux, professeure de zootechnie au Lycée de Chesnoy confie que « tous mes élèves souhaitent se tourner vers l'élevage. En leur montrant des élevages différents de ce qu'ils ambitionnent, cela peut peut-être susciter des vocations ».