À la recherche de nouveaux débouchés
Producteurs et responsables d'organismes spécialisés se sont réunis mercredi 3 juin à Auxerre pour assister à l'assemblée générale de l'Union des productions végétales de l'Yonne. L'occasion de faire le point sur le projet Résil'Yonne et de renouveler le bureau.
« Après une troisième plantation, nous n'avons pas eu de résultat probant pour l'instant, au sein du Projet Résil'Yonne. Nous devons prendre en compte les résultats actuels et s'adonner à chercher d'autres variétés. Nous ne sommes pas non plus aidés par la faune sauvage, où ravageurs et sangliers endommagent nos essais », a déclaré Damien Renoux, président sortant de l'Union des productions végétales de l'Yonne (UPVY). Pour rappel, le projet Résil'Yonne, réalisé en partenariat avec la Chambre d'agriculture, a pour objectif de proposer de nouvelles cultures de diversification aux agriculteurs du département, pour améliorer la résilience agricole face aux différents aléas climatiques. À ses côtés, Oana Poisson, animatrice de la section, revient en détail sur les résultats, notamment ceux de la courge pour laquelle « deux parcelles ont été mises à disposition, sur Courson-les-Carrières et sur Cravant, et dont les résultats n'ont pas été probants ». Au 10 septembre dernier, elle relève également des difficultés à cultiver « le sésame, car il n'a pas levé ». « Le sésame pourrait être intéressant car il n'existe aucun marché français en conventionnel, cependant on ne trouve pas de semence », commente Franck Pouillot, céréalier et membre de l'UPVY, avant d'ajouter qu'il « serait intéressant d'en rechercher pour l'année prochaine ». Quant au lin jaune, cultivé sur deux parcelles situées à Moulins en Tonnerrois et Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes, « il n'a pas été récolté. La variété Eurodor a une mauvaise germination et la variété Trésor a plutôt bien marché. Notre avis est assez hétérogène », confie l'animatrice. Pour ce qui est des deux dernières cultures, le millet et le chia, « elles ont souffert des dégâts de sanglier cette année. Nous remarquons également que pour le chia, il y a eu des pertes au sol, malgré de bons résultats ». Les essais 2026 devraient donc concerner « la production de chia et de millet, cette fois-ci à Foissy-sur-Vanne et Moulins-en-Tonnerrois », conclut-elle. Curieux du déroulé, Walter Huré, céréalier et président de la coopérative 110 Bourgogne, ajoute que « nous devrions aller voir en Île-de-France quelles sont les tendances de consommation, pour découvrir de nouvelles cultures de diversification et surtout leurs débouchés ». Une note sur laquelle Oana Poisson rebondit, car « nous souhaiterions avoir un(e) alternant(e) l'an prochain qui s'occuperait de faire de la veille sur ce sujet-là ».
Et les légumineuses ?
Dans un second temps, l'UPVY a également intégré un autre projet en partenariat avec la Chambre d'agriculture de l'Yonne, les Jeunes Agriculteurs, le lycée agricole d'Auxerre la Brosse et l'Inrae : le projet Com Cep Terr. « Ce projet a pour objectif de cartographier le département en répertoriant les moyens de lutte existants ainsi qu'en prenant en compte les effets du changement climatique sur les problématiques de vulpin et de ray-grass », informe l'animatrice. Toutefois, les informations souhaitent être à destination des conseillers agricoles. Affaire à suivre. Pour donner quelques pistes aux membres de l'UPVY, Guillaume Parthiot associé de la Ferme Parthiot est venu pour « présenter les débouchés que nous avons construits, en lien avec la grande distribution, concernant la lentille, les pois chiches, les pois verts ainsi que les haricots verts ». « Lors de mon installation avec mon frère sur la ferme familiale, nous avons souhaité poursuivre les choix de mon père en créant une partie : négociations, conditionnements des légumineuses et valorisation des légumes », témoigne-t-il. Au départ, le jeune céréalier confie s'être « heurté à la grande distribution, où nous avions besoin de plus de surfaces pour assurer une constante sur la vente ». Aujourd'hui, ce sont plus de 100 producteurs qui font partie du réseau, représentant 1 500 hectares de lentilles vertes, majoritairement. À cela s'ajoute le fait que « + de 90 % de la commercialisation avec l'industrie agroalimentaire est française, seuls 10 % concernent des pays frontaliers tels que la Belgique ». Le sourcil relevé, Éric Sottiaux questionne : « si un groupe d'agriculteurs icaunais se lance dans la production de haricots verts, ça vous intéresserait ? ». Le sourire aux lèvres, Guillaume Parthiot répond favorablement tout en alertant sur les difficultés de production. Avant de repartir dans leurs champs, Damien Renoux, président de l'UPVY confirme le souhait de partir et annonce, la volonté de « Benoît Valuot de reprendre la place ». Exploitant avec son frère, à proximité d'Ancy-le-Franc, il s'est concentré sur les céréales et a arrêté l'élevage de vaches allaitantes il y a près de cinq ans, suite aux difficultés liées à l'agrandissement. Aujourd'hui, il s'est diversifié en production de moutarde avec près de 80 hectares. Également représentant de l'Yonne à l'APGMB et administrateur à 110 Bourgogne, il s'engage avec Damien Renoux, Walter Huré, Frédérick Maillard, Éric Sottiaux et Pierre Juvigny, à poursuivre les efforts.