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Entre compétitivité et souveraineté alimentaire

Au cours de l'assemblée générale de la FDSEA de l'Yonne, le sénateur de Haute-Loire Laurent Duplomb, porteur de la proposition de loi du même nom, est intervenu sur la souveraineté alimentaire et la compétitivité en agriculture.

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Au cours de l'assemblée générale de la FDSEA, le 4 juin dernier, Christian Deschamps a réalisé une intervention en tant qu'élu local et éleveur.

« En 2018, quand on me propose de prendre la présidence du groupe d'études « Agriculture et alimentation » en arrivant au Sénat, j'accepte, alors même que d'autres obligations m'incombent, et je décide de poser un cap », a lancé Laurent Duplomb, sénateur de Haute-Loire, lors de l'assemblée générale de la FDSEA, jeudi 4 juin à Perrigny. Pendant près de deux heures, le sénateur et de nombreux élus, tels que la sénatrice Dominique Vérien, le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne ainsi que les députés Julien Odoul et Sophie-Laurence Roy ont débattu sur le thème : « Compétitivité et souveraineté agricole, et si l'État était notre principal frein ? ». Parmi ces longs échanges, plusieurs thèmes sont revenus, comme la souveraineté alimentaire, en péril, face « à la problématique des accords de libre-échange », où Laurent Duplomb insiste sur le fait que lorsque l'on est « dans l'incapacité de se fournir, on est dans l'incapacité de pouvoir se nourrir. Et quand on est dans l'incapacité de pouvoir se nourrir, on est tributaire des autres ». Dans un second temps, il revient sur le rôle des consommateurs dans le choix de consommer « local ». « Si nous connaissons à nouveau une période d'inflation, les Français feront ce qu'ils ont toujours fait : ils arbitreront à travers leur pouvoir d'achat », détaille-t-il. Laurent Duplomb revient également sur « la surcharge administrative que porte l'État. C'est la constance politique et administrative du système français depuis 20 ans. La réalité, c'est que notre pays se meurt parce qu'il norme trop, parce qu'il empêche trop, parce qu'il entrave trop, parce qu'il limite trop », argue-t-il. De son côté, la sénatrice icaunaise Dominique Vérien revient sur un aspect important qui pourrait faire changer l'opinion publique : la communication. « Je crois que la vraie guerre, la vraie bataille, c'est la communication. Il faut qu'on arrive à communiquer pour dire à quel point nos produits sont bons et qu'on empoisonne personne en les produisant chez nous », lance-t-elle.

Un chapitre se tourne à la FDSEA de l'Yonne

Il n'y avait pas que les politiques au centre du débat, Hervé Lapie, secrétaire général à la FNSEA était également présent. « Aujourd'hui, on manque de vision et de perspective. La culture est devenue un totem, où chacun l'utilise comme arme de dissuasion. Posons-nous les bonnes questions. Le contexte géopolitique joue également un rôle important, avec deux sujets majeurs : l'alimentation et l'énergie. Comme en parlait Laurent Duplomb, la production de haut de gamme ne suffit pas, il faut produire pour toutes les classes de la société. Toutefois, nous avons été ralentis par le changement de cinq gouvernements successifs. Nous continuons toujours de porter des lois pour améliorer le quotidien des agriculteurs. Et aujourd'hui, on pousse une loi d'urgence agricole », conclut-il à son tour. Après de longs échanges entre officiels, il est temps pour les membres du bureau de « revenir sur le changement interne au sein de la FDSEA ». « Une page se tourne avec la fin de la présidence de Damien Brayotel, élu président en 2017, succédant à Francis Letellier. Sa première assemblée générale en tant que président s'est tenue en 2018, marquant le début d'un engagement sans faille au service des agriculteurs de l'Yonne », dédie Hélène Dapvril, 3e vice-présidente à la FDSEA de l'Yonne, à son collègue. Avant de laisser la parole au président de la FDSEA, Antoine Vax et Charles Baracco ont déclaré quelques mots. « Malgré tout, nous avons énormément de jeunes motivés, passionnés, prêts à s'installer, à s'engager et à tout donner pour l'agriculture. Tous ces défis à relever vont nous pousser à des réflexions passionnantes, seul ou bien souvent en collectif. L'agriculture de demain sera différente mais tout aussi passionnante. À nous de la construire. Nous, jeunes agriculteurs, sommes prêts à affronter l'avenir », affirment-ils. À cette occasion Damien Brayotel prend la parole et revient sur tous les thèmes successifs abordés en AG. « Cette succession de thèmes raconte finalement une chose assez simple : depuis des années, nous sommes confrontés aux mêmes interrogations fondamentales. Malgré les crises, malgré les obstacles, malgré les injonctions contradictoires, nous sommes toujours là. Parce que l'agriculture de l'Yonne est une force et parce que les agriculteurs sont des femmes et des hommes qui refusent de renoncer », manifeste-t-il.