Accès au contenu
Essais de la coopératives Seine Yonne

La problématique des graminées

Les visites d'essais se poursuivent et cette fois-ci, c'est à Laroche-Saint-Cydroine que nous sommes allés. L'union de coopératives Seine Yonne, a réalisé plusieurs visites d'ateliers, dont un sur le désherbage chimique.

Par Charlotte Sauvignac
Visite d'essais
Catherine Robillard, conseillère de l'union coopératives Seine Yonne a animé l'atelier sur les maladies liées au blé.

D'après les données recensées par l'union de coopératives Seine Yonne, le cumul de pluviométrie sur la campagne 2025-2026 à Laroche-Saint-Cydroine est de 582 millimètres. Un chiffre bien au-delà de la moyenne du cumul de précipitations des 30 dernières années sur Auxerre et ses environs qui est de 576 millimètres. À ces chiffres, nous pouvons rajouter les fortes chaleurs des dernières semaines qui « encouragent la propagation de graminées, tels que le ray-grass et le vulpin ». Pour la 3e édition des « expérimentales » organisée par Seine Yonne, le conseiller Romain Bourseiller a souhaité faire un focus sur « la gestion des graminées ». De manière générale, dans le département, « nous constatons des parcelles propres, avec 36 % de parcelles où nous retrouvons 10 à 25 % de présences de vulpins et 36 % de surfaces avec moins de 10 % présences de vulpins », chiffre-t-il. Du côté du ray-grass, 27 % des parcelles « contiennent 25 % à 60 % de surfaces avec ray-grass et 27 % contiennent moins de 10 % de surfaces avec ray-grass ». Pour l'instant, les populations sont stables : vulpins (49 % ) et ray-grass (48 %). Toutefois, sur les cinq parcelles, les essais sont « hétérogènes ». Pour cet expert de la gestion des graminées, « les « ronds » sont moins favorables aux cultures, ce qui laisse la place aux graminées et adventices, incluant les ronds d'argile ainsi que les zones hydromorphes ».

Retarder la date des semis

En s'aidant de documents, il s'adresse directement aux céréaliers présents et donne plusieurs conseils. Pour ceux ayant des problématiques de vulpins en terres superficielles, « il faut éviter le glyphosate, réaliser du labour ponctuellement ainsi que des semis tardifs et il existe la possibilité de faire des cultures de printemps ». Pour ceux ayant des problématiques de ray-grass en terres hydromorphes, « il ne faut pas réaliser de désherbage d'automne dans le blé suivant deux cultures de printemps ». Autre conseil concernant les semis : avec un semi-précoce, « les stratégies « de pré-levée solo » ou de « post-levée solo » sont insuffisantes : il est nécessaire de cumuler les deux pour espérer approcher les 95 % d'efficacité ». En retardant la date de semis, « toutes les stratégies approchent ou atteignent les 95 % d'efficacité ». Malgré quelques conseils, Romain Bourseiller revient sur l'actualité et sur le « retrait des produits phytosanitaires contenant du flufenacet, notamment de l'aclonifen, systématiquement associé à ce dernier ». « Avec l'arrivée en automne 2026 de nouveautés contenant de l'aclonifen solo ou associé, cela nous permet d'avoir quelques options. Si je peux vous donner un conseil, privilégiez ce produit plutôt sur des cultures d'orge que sur le blé, car la problématique des graminées est plus importante et il existe moins de solutions », conclut-il, avant d'ajouter que, « le désherbage mécanique associé à l'usage de produits phytosanitaires sur des sols adaptés peut également être une solution ».