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Productions végétales

Merci l'irrigation

Le potentiel de plusieurs cultures a été en partie préservé grâce à des dérogations obtenues par la FDSEA, les JA, la Chambre d'agriculture et le syndicat des irrigants.

Par AG
Merci l'irrigation
Emmanuel Bonnardot, en charge du dossier irrigation à la FDSEA, se félicite de l'écoute de l’administration.

Une réunion organisée à Tréclun le 25 août a permis de dresser un « relatif » bon bilan de l'irrigation durant cet été 2026. Alors que certains craignaient la fermeture des robinets devant un contexte météo inédit, les tours d'eau ont pu continuer, avec même davantage de souplesse que d'ordinaire. « Un travail de fond opéré toute la saison avec les services de l'État a porté ses fruits. Avec l'appui de la Préfète, des choses intéressantes se sont mises en place », observe Emmanuel Bonnardot, agriculteur à Bonnencontre.

Il faut continuer

Le responsable du dossier irrigation à la FDSEA invite l’administration a poursuivre dans cette voie : « de nombreuses parcelles de légumes, soja, cultures fourragères ou encore de maïs semences ont pu être sauvées. Nous avons évité une casse complète ! Il en va de notre souveraineté alimentaire, tout comme le maintien en vie de nos filières. Ces actions étaient nécessaires, le bon-sens paysan a été écouté. Il faudra maintenir cette dynamique à l'avenir et même aller plus loin dans notre manière de fonctionner. Par le biais de plusieurs visites terrain, nous leur avons montré qu'il ne fallait pas se baser uniquement sur le niveau des cours d'eau. L'état des nappes n'est pas en corrélation avec celui-ci. Il y a encore beaucoup d'eau par endroits, l'observation de puits l'a bien illustré et il fallait continuer d'irriguer. D'ailleurs, pas de panique : l'irrigant qui videra les nappes n'est pas encore né ».

Exemple du soja

Emmanuel Bonnardot nous fait visiter une de ses parcelles de soja, la récolte étant programmée entre le 10 et le 25 septembre selon les variétés. Difficile d'estimer le futur rendement mais l'agriculteur espère atteindre la barre des 30 q/ha : « je ne sais pas quel sera le réel impact des fortes chaleurs. Néanmoins, je pense m'approcher le plus possible de la moyenne de l'exploitation qui est à 35 q/ha ». Ses 40 ha de soja ont été irrigués à quatre reprises cet été, avec des apports de 25 à 30 mm à chaque fois. Sans cette eau, le Côte-d'orien n'aurait certainement pas dépassé les 15 q/ha : « la coopérative Bourgogne du Sud annonce un rendement moyen de 12 q/ha chez l'ensemble de ses adhérents. Cette prévision serait même un peu trop optimiste selon certains ». Emmanuel Bonnardot rappelle que le soja est une culture très sensible au stress hydrique : « nous militons pour qu'il reste parmi les cultures prioritaires en période de crise. Nous demandons aussi à ce que la zone irrigable soit étendue à l'ensemble de la zone plaine, ce qui n'est pas le cas actuellement. Pour emmener le soja jusqu'au bout, comme cette année, l'irrigation doit être maintenue au moins jusqu'au 15 ou 20 août pour assurer le bon remplissage des grains ».

Pour la filière animale

Le soja a toute sa place en Côte-d'Or, insiste l'exploitant : « la production se destine à la filière animale, via la société Extrusel de Châlon-sur-Saône qui assure la transformation. C'est une source de protéines non OGM, non déforestante ! Le soja structure le sol. Il est en place l'été, ce qui répond à nos contraintes en terres inondables. Cette culture n'a pas besoin d'azote, elle a la faculté de le capter dans l'air. Oui, le soja a toute sa place écologiquement, agronomiquement et même économiquement parlant. Il y a un peu moins de frais et d'interventions que dans les autres cultures ». En terme de prix, la soja s'est bien « refait » depuis quelques mois en approchant à nouveau la barre des 500 euros/t.

Du maïs, aussi

L'agriculteur de Bonnencontre a également eu l'opportunité d'irriguer une partie de ses maïs. Un rendement de 80 q/ha est espéré dans les champs concernés, contre presque deux fois moins dans les autres : « là aussi, l'irrigation a eu tout sons sens et va permettre de maintenir la production. Je livre aux Établissements Sirugue, spécialisés en nutrition animale, qui sont à 5 km d'ici. Tous les jours ou presque, ils m'appellent en me faisant part de leurs inquiétudes pour s'approvisionner en maïs. Encore une fois, nous sommes face à l'enjeu de notre souveraineté alimentaire ».