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Elvea 21-89

Retour aux prix de 2011

Sans grande surprise, l’assemblée générale d’Elvea 21-89 a retracé un nouvel exercice difficile.
Par Ma signature
Retour aux prix de 2011
Denis Tarteret, Philippe Auger, François Deroye et Christophe Lechenault, le 26 mai à Vitteaux.
Comme souvent, «trop souvent» selon le président François Deroye, l’assemblée générale  d’Elvea 21-89 s’est déroulée dans un moment difficile pour l’élevage. «C’est malheureusement chronique» a déploré le responsable de l’association représentant 18% des éleveurs de la Côte d’Or et 25% de son cheptel allaitant. François Deroye a rappelé la sécheresse estivale de 2015 rapidement suivie par le retour de la FCO, avant d’aborder la chute des cours «vertigineuse et constante» : «en ce qui concerne les bovins gras, nous sommes revenus aujourd’hui aux prix de l’année 2011. Une conjonction de plusieurs facteurs  entrainent cet état de fait. L’impact de l’arrêt des quotas laitiers associé à la décapitalisation laitière provoque un engorgement du marché de la viande. L’embargo russe a réorienté certains marchés et engendré des difficultés sur le commerce de viande rouge. En plus des accusations d’impacts négatifs de l’élevage sur l’environnement, nous assistons à un changement sociétal important: la consommation de viande est dénigrée avec souvent pour illustration la viande rouge. Ainsi, nous voyons de plus en plus évoluer les habitudes de consommation». Pour François Deroye, une nouvelle race bovine est arrivée en France : la vache «à bifteck haché» : «peu importe sa couleur, son âge, sa conformation, son état d’engraissement et son mode d’élevage, sa seule caractéristique est un prix le plus bas possible».

Garder espoir
Malgré tous ces maux, François Deroye affiche sa volonté de garder l’espoir de «ralentir et d’inverser cette tendance» : «nous sommes toujours convaincus de la qualité de notre produit même si la viande, notamment la charolaise, est malmenée. Je pense que cette qualité sera encore plus valorisée si elle est associée à une segmentation du marché avec une différenciation de la viande issue du cheptel allaitant, afin d’enrayer cette spirale à la baisse.
Notre association Elvea 21-89 s’associe à toutes les actions permettant d’améliorer et de valoriser du mieux possible la production de ses adhérents». Pour la filière maigre, où les prix sont également en berne, le président d’Elvea 21-89 s’est interrogé sur le déroulement de la prochaine campagne de broutards, rappelant que la Turquie avait désengorgé le marché en 2015 par l’achat de nombreux petits broutards. Pour le président du collège acheteur Denis Tarteret, le seul espoir réside justement sur la réouverture des pays tiers qui permettrait «d’écouler un stock d’animaux abondant à des tarifs raisonnables». Au nom de son collège, Denis Tarteret a affirmé «se battre quotidiennement» pour retrouver des prix «acceptables pour la pérennité de nos exploitations» : «ne baissons pas les bras et gardons de bons rapports de confiance entre les producteurs et les négociants».

Intervention du président d’ELVEA France

Cette assemblée était suivie par Philippe Auger, président d’ELVEA France qui regroupe 37 organisations de producteurs non commerciales sur 74 départements, soit 16 000 éleveurs, 900 acheteurs et plus d’un million d’animaux commercialisés. Cet éleveur en race Charolaise basé en Haute-Saône avec un troupeau de 80 vaches sur des surfaces d’herbe et de céréales préside également ELVEA Franche-Comté. Philippe Auger a fait part de ses propres difficultés face à la morosité du marché mais a assuré que le mode de commercialisation d’ELVEA est «le bon» : «Nos rapports avec nos négociants sont importants, chacun fait au mieux pour valoriser les animaux que nous produisons. Les rapports que nous avons nous permettent de discuter nos prix de vente, de savoir où vont les animaux et quelle a été la qualité de la viande produite. Ces éléments sont majeurs pour la pérennité de nos exploitations. Il est important de garder et de soutenir nos organisations de producteurs non commerciales qui s’attachent à représenter le commerce privé». Plusieurs travaux menés par ELVEA France ont été présentés lors de cette réunion, «ils ont vocation à représenter nos structures et défendre les éleveurs et les négociants, notamment sur les discussions menées sur l’évolution de la réglementation encadrant les organisations de producteurs, sur la convention signée avec la fédération française des marchés de bétail vif, sur la contractualisation, sur la qualité et la segmentation de la viande, sur les appuis techniques en élevage».Un temps a été également pris pour présenter les travaux menés sur les filières et sur les négociations, dans le but d’obtenir des plus-values sur les animaux commercialisés. Afin d’augmenter le nombre de débouchés avec des plus-values, Elvea France a eu plusieurs entrevues en ce sens avec certains représentants de l’aval et les discussions sont en bonne voie.