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Vœux de Jeunes Agriculteurs

Remettre le modèle familial sur le devant de la scène

Si la crise n’a pas empêché les installations de progresser, Jeunes Agriculteurs compte profiter de l’espace de dialogue ouvert par les échéances électorales de 2017 pour promouvoir davantage l’agriculture familiale, un modèle dominant en France et qui offre le plus de chance de résister face aux crises, tout en valorisant le territoire.
Par Ma signature
Remettre le modèle familial sur le devant de la scène
Photo: JA
«Une agriculture de ferme et non une agriculture de firme» : le président de Jeunes Agriculteurs (JA), Jérémy Decerle, va d’autant plus répéter son slogan que 2017 et son lot d’élections seront propices au débat. Le syndicat a publié pour l’occasion un manifeste «pour une ambition agricole française qui défende un modèle de type familial». Car il y a, derrière ce modèle, la volonté de conserver une agriculture à visage humain, pour des raisons pragmatiques : avec des agriculteurs à la tête des exploitations, l’agriculture familiale est la plus résiliente face aux crises et la plus à même de protéger et d’entretenir le territoire, a rappelé le président de JA lors de ses vœux à la presse le 4 janvier. Si la MSA recense 376 installations de plus en 2015 par rapport à 2014, malgré la crise, JA se mobilise pour que les pouvoirs publics mettent l’accent sur l’installation, avec l’objectif de compenser chaque départ à la retraite. «Il faut que les Pouvoirs publics mettent la main à la poche pour l’accompagnement humain», souligne Jérémy Decerle.

Pac, gestion des risques et revenu
Pour JA, ce renouvellement des générations doit aussi être la priorité de la future PAC. Entre la simplification, les normes, les retards de paiement, «les agriculteurs ne voient plus le but de la Pac», explique Baptiste Gatouillat, vice-président JA en charge du dossier Economie. Le verdissement devrait davantage reposer sur des critères de résultat et non sur la contrainte, souligne-t-il, d’autant plus que «le défi climatique ne pourra pas être relevé sans les agriculteurs». Un budget conséquent doit être maintenu pour prioriser les agriculteurs actifs, ceux qui mettent en valeur les exploitations, et financer les outils qui permettent de «réassurer un revenu aux agriculteurs». Le rapport d’orientation de cette année portera d’ailleurs sur la gestion des risques. Au niveau national, le revenu doit passer par la valorisation de l’origine France, qui reste un point de vigilance pour JA malgré l’entrée en vigueur de l’étiquetage obligatoire de l’origine de la viande et du lait sur les produits transformés. Les industriels ayant jusqu’au 31 mars pour se mettre en conformité, «dès le 1er avril, nous avons prévu un mouvement national pour vérifier la mise en application de ce décret» dans les grandes surfaces, prévient Samuel Vandaele, secrétaire général de JA. Une vigilance également de mise sur le suivi du plan de consolidation annoncé par Manuel Valls et dont le résultat n’est actuellement «pas satisfaisant», indique-t-il. «Les banques ne jouent pas le jeu, la BPI retoque neuf dossiers sur dix…», déplore le secrétaire général. En revanche, le dispositif avec la Siagi semble fonctionner, ce qui pousse JA à demander un transfert des fonds initialement prévus pour la BPI vers la Siagi. «On va élever un peu le ton», prévient-il. En 2017, JA compte bien jouer pleinement son rôle d’aiguillon, et prévoie d’ailleurs de lancer une campagne de communication sur le métier le 21 février, avant le Salon de l’agriculture.