Consommation
Que cache la baisse des prix des produits alimentaires ?
En euros constants les prix à la consommation ont baissé pour les ménages, du fait notamment de la guerre des prix qui fait rage entre les grandes enseignes. Une guerre des prix préjudiciable aux agriculteurs mais pas seulement... Et pas sûr que les consommateurs soient vraiment gagnants au final.
Les résultats de la grande enquête menée par la Fédération Familles rurales sur les prix pratiqués par la grande distribution depuis 2006 viennent d’être publiés. En dix ans, les prix ont augmenté de 4,9%, soit une hausse «très modérée sur le long terme, comparativement à l’inflation cumulée depuis 2006 (14,4%)». Le Smic brut sur la même période ayant augmenté de 17%. Le panier étudié par Familles rurales est composé de 35 produits et concerne des marques nationales, des marques distributeurs et des marques «premier prix». Dans un contexte de guerre des prix acharnée, c’est sur le créneau des marques distributeurs que les grandes enseignes ont décidé de se différencier, l’écart entre les prix de ces marques et celles des «premier prix» est passé de 44 à 34%. L’écart entre premier prix et marques nationales reste stable à 80% sur la décennie. Ces chiffres doivent cependant être analysés plus finement car Familles rurales effectue ses achats hors promotions, alors que le poids des promotions est très fort dans le prix des marques nationales.
L’observatoire des prix de Familles rurales a ses limites, de l’aveu même de l’organisation, d’abord par le nombre limité de personnes qui recueillent les prix (72) issus de 33 départements, ensuite parce que ces relevés concernent essentiellement des zones périurbaines ou rurales. Ensuite, cette étude ne concerne que le prix et pas la qualité du produit. On peut craindre ainsi que le recul des prix se fasse au détriment de la qualité alimentaire et donc douter que les consommateurs soient vraiment gagnants dans cette guerre des prix qui les prend en otages. Dominique Marmier, président de Familles rurales considère «qu’il est temps d’arrêter cette guerre des prix, car elle porte préjudice aux agriculteurs, mais aussi aux consommateurs», alors que le premier critère d’achat aujourd’hui c’est la qualité et non plus le prix.
Familles rurales encourage aussi à faire attention aux hausses de prix cachées. Certains relevés de prix ont montré que derrière une stabilité apparente, la grande distribution et les industriels trouvaient des moyens détournés d’augmenter de fait leur marge. Pour preuve, un pack de fromage blanc resté au même prix mais dont le poids est passé de 100 gr à 90 gr, ou des paquets de mouchoirs contenant 9 mouchoirs au lieu de 10, des paquets de tranches de jambon où le poids de chaque tranche est en régression très nette, pour un poids total inférieur alors que le prix reste le même... Les exemples sont nombreux de produits -y compris en surgelé- dont le prix n’augmente pas mais dont le poids diminue de quelques dizaines de grammes.
Le consommateur n’est pas si dupe qu’il y paraît et les scandales alimentaires tendent à le rendre plus circonspect en matière de choix alimentaire. Il semble prêt désormais à modifier profondément ses habitudes alimentaires et à ouvrir en conséquence son prote-monnaie pour se rassurer. Ces mutations n’ont pas échappé à la grande distribution et certaines enseignes commencent à faire évoluer leur offre. Parmi les grandes tendances celles qui montent concernent le bien-être animal, la demande en produits locaux et l’origine France, critère qui prend de l’ampleur... Cela se traduit concrètement par le fait que les marques nationales sont de nouveau recherchées, que les labels de qualité trouvent de nouvelles parts de marché (poulets, oeufs) et que l’on observe un véritable boom de la consommation des produits bio depuis 2006. La grande distribution a bien senti le vent tourner et ses linéaires évoluent et s’étoffent en conséquence pour répondre à ces nouvelles demandes des consommateurs.
Ce peut être une belle opportunité pour l’agriculture française, qui pourrait redevenir un fournisseur incontournable des industries agroalimentaires et de la grande distribution.
L’observatoire des prix de Familles rurales a ses limites, de l’aveu même de l’organisation, d’abord par le nombre limité de personnes qui recueillent les prix (72) issus de 33 départements, ensuite parce que ces relevés concernent essentiellement des zones périurbaines ou rurales. Ensuite, cette étude ne concerne que le prix et pas la qualité du produit. On peut craindre ainsi que le recul des prix se fasse au détriment de la qualité alimentaire et donc douter que les consommateurs soient vraiment gagnants dans cette guerre des prix qui les prend en otages. Dominique Marmier, président de Familles rurales considère «qu’il est temps d’arrêter cette guerre des prix, car elle porte préjudice aux agriculteurs, mais aussi aux consommateurs», alors que le premier critère d’achat aujourd’hui c’est la qualité et non plus le prix.
Familles rurales encourage aussi à faire attention aux hausses de prix cachées. Certains relevés de prix ont montré que derrière une stabilité apparente, la grande distribution et les industriels trouvaient des moyens détournés d’augmenter de fait leur marge. Pour preuve, un pack de fromage blanc resté au même prix mais dont le poids est passé de 100 gr à 90 gr, ou des paquets de mouchoirs contenant 9 mouchoirs au lieu de 10, des paquets de tranches de jambon où le poids de chaque tranche est en régression très nette, pour un poids total inférieur alors que le prix reste le même... Les exemples sont nombreux de produits -y compris en surgelé- dont le prix n’augmente pas mais dont le poids diminue de quelques dizaines de grammes.
Le consommateur n’est pas si dupe qu’il y paraît et les scandales alimentaires tendent à le rendre plus circonspect en matière de choix alimentaire. Il semble prêt désormais à modifier profondément ses habitudes alimentaires et à ouvrir en conséquence son prote-monnaie pour se rassurer. Ces mutations n’ont pas échappé à la grande distribution et certaines enseignes commencent à faire évoluer leur offre. Parmi les grandes tendances celles qui montent concernent le bien-être animal, la demande en produits locaux et l’origine France, critère qui prend de l’ampleur... Cela se traduit concrètement par le fait que les marques nationales sont de nouveau recherchées, que les labels de qualité trouvent de nouvelles parts de marché (poulets, oeufs) et que l’on observe un véritable boom de la consommation des produits bio depuis 2006. La grande distribution a bien senti le vent tourner et ses linéaires évoluent et s’étoffent en conséquence pour répondre à ces nouvelles demandes des consommateurs.
Ce peut être une belle opportunité pour l’agriculture française, qui pourrait redevenir un fournisseur incontournable des industries agroalimentaires et de la grande distribution.
57% des citoyens connaissent mal la réalité de l’élevage
Un sondage Ifop datant de 2016 révèle que les citoyens connaissent mal la réalité de l’élevage et que, pour la majorité d’entre eux, ils ne sont pas prêts à arrêter de consommer de la viande. Deux tiers des citoyens sont intéressés par les problématiques d’élevage, c’est un sujet qui intéresse mais qui est mal connu. 40% des citoyens se disent satisfaits du respect de l’environnement par les éleveurs, 60% de l’entretien du paysage, 33% du respect du bien-être animal et 29% des emplois créés dans le secteur. 60% des personnes interrogées ne pensent pas réduire ou diminuer leur consommation de viande (73% chez les hommes). 14% déclarent envisager de cesser de manger de la viande (26% chez les moins de 25 ans) et 18% envisagent de diminuer leur consommation. 72% des personnes interrogées trouvent que c’est normal de tuer un animal pour le manger contre 11% qui considèrent que c’est un acte immoral. En fonction de certaines typologies de consommateurs identifiées par une autre étude, ces résultats restent quand même susceptibles de varier fortement et de faire basculer certains comportements très rapidement en fonction de l’activisme de certains lobbies. Pour Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, il est d’autant plus important de communiquer, afin déviter certains basculements préjuciables à l’activité d’élevage et à la production de viande.