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Conférence

Mondialisation : la viande de qualité a-t-elle un avenir ?

A l’issue de l’assemblée générale du Herd Book Charolais, les organiseurs ont souhaité donner la parole à Christophe Dequidt, directeur de l’Institut de formation Campus Triangle. Une conférence dédiée «aux atouts de la viande bovine dans la mondialisation : la viande de qualité a-t-elle un avenir ?»
Par Fabienne Desseux
Mondialisation : la viande de qualité a-t-elle un avenir ?
Tour du monde des moissons et des élevages avec Christophe Dequidt
Durant treize mois, Christophe Dequidt a parcouru dix-huit pays. Avec pour objectif, rencontrer les agriculteurs du monde entier à l’époque des moissons afin de dessiner un portrait des enjeux agricoles du futur. Et il en a tiré un livre : «Le tour du monde des moissons». Durant cette conférence au Marault, ce globe-trotteur a développé sa vision, basée sur des faits et des chiffres glanés sur le terrain et replacés dans leur contexte géographique, historique et politique. Pour lui, il est clair «qu’on ne peut plus parler du monde comme il y a cent ou même dix ans en arrière. Avec internet, les téléphones, la moindre nouvelle arrive dans la minute. Une parole de Poutine fait varier le cours de la viande, un tweet de Trump celui du blé». Et pour ce diplômé de l’Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Économie Agricole : «Soit on s’enferme, soit on avance, même si ça n’est jamais facile»… Et d’illustrer son propos  : «Nous sommes dans la situation de l’autruche devant le lion, anticiper ou mettre la tête dans le sable. Le monde a changé, nous devons savoir si l’on prend le risque ou pas». Voir les choses en face, un préalable essentiel pour le conférencier.

Le centre mondial économique a changé
Il explique  alors à son auditoire que  : «Il y a un siècle, l’Europe - France en tête - dominait le monde. Aujourd’hui, le centre mondial économique et social se situe entre la Chine et les Etats-Unis». Il y a pourtant un marché à conquérir, une place à reprendre sachant que l’Europe est le quatrième producteur mondial, le huitième en matière d’exportation. En 1800, le monde comptait un milliard d’habitants. D’ici 2100, il devrait en compter plus de onze milliards. Sachant que, si en 2007, 50% de la population vivait à la campagne, elle ne sera plus que de 30% en 2030. Et lorsqu’il parle de la viande, Christophe Dequidt explique que dans les années 1970, la consommation était de 24 kilos par an. Puis elle est passée à 35 kilos en 2000 et devrait être de 45 kilos en 2030. Tout en soulignant que si la volaille est la grande gagnante de ces prévisions, la viande bovine ne grappillera que peu de marge supplémentaire. Et devant les exploitations gigantesques que l’on peut trouver à travers le monde et face à un basculement des forces importatrices ou exportatrices, la France garde sans doute un atout. La qualité étant peut-être la seule option possible pour se démarquer de ses concurrents. C’est pourquoi, de toute évidence, Christophe Dequidt a été invité par le Herd Book Charolais… qui «veut croire en l’avenir de cette race».