Pour une meilleure prise en compte des carcasses
La FDSEA de l'Yonne continue de réaliser ses assemblées de section, et cela s'est poursuivi avec la section bovine, le 15 avril dernier dans les locaux de CERFrance à Auxerre.
Avant de lancer l'assemblée, les éleveurs discutent de leurs productions, et pour beaucoup d'entre eux, la mise à l'herbe n'a pas encore commencé, mais ne saurait tarder. Après une augmentation du cours de la viande qui soulageait les éleveurs, certains annoncent « une légère baisse de la viande à partir de la semaine prochaine ». Pour maintenir un prix « juste » de la viande, Arnaud Guyard, président de la section a invité Jennifer Coullenot, animatrice de l'association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev) pour qu'elle présente la filière et ses avantages. Ce regroupement agit sur quatre pôles particuliers : « la fédération de tous les acteurs de la filière Bétail et Viande, l'innovation pour améliorer la compétitivité, la communication positive pour valoriser la filière et ses métiers et le fait d'agir auprès des pouvoirs publics nationaux et communautaires ». La force de l'interprofession réside dans les accords interprofessionnels qui « permettent de régir l'activité de la filière bétail et viande » et cela requiert « l'adoption unanime des organisations nationales membres de l'interprofession ».
Un focus sur les accords interprofessionnels
À la demande du président de la section, Jennifer Coullenot aborde l'accord interprofessionnel sur le classement, le marquage, la pesée et la présentation des carcasses des bovins âgés de huit mois ou plus ainsi que la circulation des informations d'abattage (PPCM). Géré par Normabev, cet accord interprofessionnel intègre : le suivi de la présentation, de la pesée et du marquage des carcasses de gros bovins ; le suivi qualité du classement des carcasses de gros bovins ; la formation et le suivi des compétences de classificateurs ; le bon fonctionnement et l'harmonisation des machines à classer ; le bon fonctionnement de la circulation nationale des informations d'abattage ainsi que le règlement des litiges PPCM avec les opérateurs et des demandes d'intervention dans le cadre des saisies. Lorsque la bête arrive à l'abattoir, les équipes procèdent à un classement des bovins en fonction de leurs propretés, de A « très propre » à D « sale ». Pour les bêtes présentant des salissures sèches, « des surcoûts sont imposés au vendeur avec une perte de la carcasse. Depuis 2016, les viandes issues des animaux sales (D) sont déclarées impropres à la consommation humaine. Ceci s'explique par le fait que les salissures présentes sur l'animal vivant peuvent contaminer la carcasse et altérer la qualité sanitaire de la viande », justifie Jennifer Coullenot. Par la suite, la bête est sous « un délai d'abattage de trois jours francs à compter de la date d'enlèvement des bovins. En cas de dépassement du délai d'abattage, des dommages et intérêts sont calculés sur la base de 1 % valeur carcasse/jour à compter de la date d'enlèvement ». Après l'abattage, la carcasse est classée « en fonction de son développement musculaire (grille E-U-R-O-P) et en fonction de son état d'engraissement ». Avant de procéder aux élections de section, Jennifer Coullenot revient sur le Fond d'Assainissement Régional (FAR), un dispositif de solidarité et d'assainissement entre les professionnels de la filière bovine, qui permet d'indemniser « les pertes économiques liées aux saisies de carcasses en abattoir ». Ce dispositif permet « une prise en compte de 100 % de la saisie dont la valeur est calculée sur la base des cotations entrée abattoir de FranceAgriMer, frais d'approche déduit ». Pour pouvoir prétendre à ce dispositif, Jennifer Coullenot liste les motifs éligibles, à savoir : « le cysticercose musculaire, l'ictère, la mélanose, la sclérose musculaire, la myosite, le tiquetage musculaire, les processus tumoraux généralisés et le schwannomes ».
Arnaud Guyard, réélu
Ce 15 avril, Arnaud Guyard a été réélu à l'unanimité pour un mandat de trois ans. À ses côtés, Pascal Baron l'assistera en tant que 1er vice président, suivi par trois autres éleveurs sous le statut autre membre : Pierre Balland, Pierre Bonin et Franck Commaille.