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Prédation

Des moyens qui doivent s'accompagner de simplification

La venue dans la Nièvre, le 16 avril, du Préfet référent pour le plan d'actions national loup, Jean-Paul Celet aura permis aux représentants locaux de l'élevage de faire valoir la nécessité d'une approche plus simple et globale de la prédation sur le département.

Par Berty Robert
Des moyens qui doivent s'accompagner de simplification
FDSEA58
Le Préfet en charge de la question du loup, Jean-Paul Célet (3è en partant de la gauche), est venu le 16 avril sur l'exploitation de Bertrand Larue, à Achun.

Faire simple là où la nécessité de lutter contre la prédation lupine se heurte trop souvent à des lourdeurs : c'était le message que les représentants de la FDSEA de la Nièvre, dont Jean-Marc Bertrand, président de la section ovine du syndicat, voulaient faire passer à Jean-Paul Celet, Préfet référent pour le plan d'actions national loup, lors de sa venue, le 16 avril. Une trentaine d'éleveurs étaient présents, ainsi que la présidente de la FDSEA58 Chantal Pelletier, la préfète de la Nièvre, Fabienne Decottignies, la sous-préfète de Château-Chinon, Émilie Aquistapace, Laurent Kompf, directeur de la DDT 58, Olivier Georges, directeur de l'ARB, Sandra Germain, élue du Conseil régional et Thierry Guyot, du Conseil départemental. « Nous sommes un département de front de colonisation pour les loups, précise Jean-Marc Bertrand, avec de fréquentes attaques. La venue du préfet intervenait juste après la sortie du nouvel arrêté de Plan loup qui s'est traduit par quelques modifications. » Plus de 30 attaques ont eu lieu en 4 mois dans la Nièvre et près de 90 ovins touchés.

Des moyens de protection inadaptés

La visite avait eu lieu à Achun, au centre du département, chez Bertrand Larue, éleveur particulièrement touché par le problème. Il a subi 17 attaques en un peu plus d'un an, dont 14 reconnues « loup non écarté ». « On est allés chez lui pour cette raison, poursuit Jean-Marc Bertrand, mais aussi parce que l'État affirme vouloir mettre en place plusieurs moyens de protection qui pourraient être intéressants. » À ce jour, les moyens de protection reconnus par l’État reposent sur trois piliers : les clôtures et parcs électrifiés, les chiens de protection et le gardiennage. Des dispositifs difficilement transposables dans les exploitations nivernaises car ce sont des moyens de protection compliqués à mettre en place dans les systèmes d'élevage locaux. Il est donc urgent d'apporter de nouvelles réponses. À la suite de la dernière attaque subie par Bertrand Larue au mois de décembre, il a pu essayer des colliers anti-loup (CAL) proposés par l'Agence régionale de la biodiversité. Ces équipements sont des répulsifs aux lumières clignotantes et alarme à ultrasons. « Nous aimerions le tester à plus grande échelle, précise le président de la section ovine de la FDSEA58. On veut mettre en place un cahier des charges pour tester ces colliers, d'ici fin mai, avec les éleveurs qui souhaiteraient participer. » Jean-Paul Celet a rappelé que si ces moyens de protection n'empêchent pas forcément des attaques, ils peuvent éviter des animaux tués.

Une vision plus globale

L'arrêté du Plan loup présente certes une avancée mais laisse beaucoup de questions en suspens. Notamment sa complexité, liée à la question des cerclages (les zones définies sur le département en fonction du niveau de prédation). Ces cerclages conditionnent les aides au financement des moyens de protection. « On demande à avoir une vision plus globale au niveau du département, plutôt que ces cerclages qui évoluent sans cesse, précise Jean-Marc Bertrand. Le loup est dans la Nièvre, c'est tout, pas besoin de cerclages incompréhensibles ! » Parmi les points évoqués figuraient aussi les conditions de tir pour les louvetiers, conditionnées aux moyens de protection des troupeaux, différentes de celles des chasseurs. « Nous ressentons cette restriction comme une limite aux moyens de régulation du loup. » Au final, Jean-Marc Bertrand considère que cette rencontre avec Jean-Paul Celet a été positive dans le sens où elle a permis de rappeler la complexité liée à l'application du dernier arrêté loup et d'entamer des discussions sur les nouveaux moyens de protection. « Il ne faut pas oublier, néanmoins, conclut l'éleveur, que si l'État a la volonté de mettre ces moyens de protection en place dans les départements, en parallèle, il se désengage totalement de leur financement… »

Des moyens qui doivent s'accompagner de simplification