Mieux prendre en compte l'absence de pousse de l'herbe
La Fédération nationale bovine (FNB), associée à la FDSEA de Saône-et-Loire, a tenu une conférence de presse dans un élevage du département particulièrement impacté par la situation climatique de cette année. L'objet est de dénoncer les failles de l'indice satellitaire qui doit prendre en compte les déficits de pousse de l'herbe.
Le 7 juillet, la Fédération nationale bovine (FNB) a organisé une conférence de presse sur le thème de l'impact de la sécheresse, en Saône-et-Loire. L’exploitation sur laquelle elle a eu lieu compte deux associés, qui élèvent 135 vaches charolaises. Ils commercialisent les mâles en broutards et engraissent la majorité de leurs femelles. Ils ont également un atelier caprin avec transformation et vente directe. Cette année, la récolte de fourrages a été amputée de plus de 60 tonnes de foin, et les stocks commencent à être distribués pour affourager les animaux au pré. Alors que les coups de chaleur et les épisodes caniculaires se succèdent, la sécheresse s’installe petit à petit partout en France. De nombreux départements français sont placés en situation de crise sécheresse. Bien loin d’être une exception, la situation de l’élevage ce jour-là visité est partagée par beaucoup d’autres, partout en France. La FNB rappelait à cette occasion qu’il est inconcevable que les opérateurs en charge des assurances profitent de la situation climatique pour faire pression sur les prix. Depuis des années, les éleveurs réclament un dispositif qui puisse être, enfin, totalement transparent et fonctionnel, pour les assurés comme pour les non-assurés, qui participent largement au financement. Pourtant, l’évolution de l’Indice de pousse des prairies (IPP) utilisé dans le dispositif de gestion des risques climatiques est encore inconnue. De même, les données de suivi des fermes de l’Observatoire national de la pousse de l’herbe restent secrètes, alors même qu’elles sont censées servir à améliorer l’indice, et faciliter les recours des producteurs.
Réunir les Commissions départementales d'expertise
Comment pourrions-nous, dans ces conditions, oser espérer que les résultats de l’indice représentent, enfin, la réalité de terrain que vivent les éleveurs ? Il est plus qu’urgent que, dans tous les départements concernés, les Commissions départementales d’expertise se réunissent, et puissent confronter les résultats de l’indice à de vraies données de terrain. Celles-ci permettront l’évaluation des pertes, afin d’engager au plus vite un processus d’indemnisation auprès des producteurs. Nous demandons à la ministre de l'Agriculture d’engager dès à présent ce processus. « Nous devons nous rendre à l’évidence, conclut Patrick Bénézit, président de la FNB : l’indice satellite a trop déçu. Malgré des années de lutte, il semble que nous soyons les seuls à avoir réellement espéré qu’il puisse, un jour, refléter la réalité de ce que vivent les éleveurs. Aujourd’hui, l’urgence de la situation prévaut, et les pouvoirs publics ont la responsabilité de mettre en œuvre des expertises de terrain afin que les éleveurs puissent être justement indemnisés, pour espérer faire face aux impacts déjà catastrophiques de cette année climatique ! ».