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élevage français

Les risques de l’accord Ceta

A quelques jours du vote du Parlement européen sur l’accord de libre-échange Canada-Union européenne, une étude réalisée par des experts en économie agricole pointe les risques sur l’équilibre des marchés de la viande mais aussi sur les normes et les politiques agricoles européennes.
Par Ma signature
Selon cette analyse, l’entrée en vigueur de l’accord pourrait avoir des conséquences négatives non seulement sur l’équilibre des marchés agricoles européens mais aussi sur l’arsenal sanitaire et phytosanitaire européen et sur le principe de la régulation des marchés.

Des normes affaiblies
L’étude remarque que les contingents tarifaires accordés aux viandes bovines et porcines canadiennes sont loin d’être «marginaux». Car ce que le Canada serait en mesure d’exporter, ce sont des viandes de haute qualité, un segment que l’on peut estimer à 800 000 tonnes environ en Europe et même à 400 000 si l’on ne tient compte que de la production d’aloyau d’origine allaitante.
L’impact prévisible sur le commerce de ces pièces et sur leur valorisation risque donc d’être plus élevé. Et le risque de déstabilisation du marché européen du porc ne serait pas négligeable non plus, selon l’Idele.
La menace planant sur l’équilibre des marchés n’est pas la seule pointée du doigt par les auteurs de l’étude. Ceux-ci pointent aussi celui de l’affaiblissement des normes européennes, l’accord engageant les signataires à «faire en sorte que les mesures sanitaires et phytosanitaires (…) ne créent pas d’obstacles au Ceta».
Ce qui pourrait permettre aux Canadiens de s’attaquer à certaines normes européennes comme l’interdiction du traitement des porcs à la ractopamine, des hormones de croissance bovine, ou encore de certains procédés de décontamination des carcasses.

Un vote à haut risque
Enfin, les auteurs s’inquiètent de conséquences du traité sur les mécanismes européens de soutien et de régulation des marchés, plus importants dans l’UE qu’au Canada. Et  surtout la suppression quasi-totale des droits de douane agricoles pourrait remettre en cause tout retour en arrière.
Le prochain vote du Parlement européen le 15 janvier prochain sur le texte sera donc un vote à haut risque.
Compte-tenu d’un rapport de force politique favorable au texte, les acteurs qui le remettent en cause ne se bercent pas d’illusions quant à son adoption. Dans ce cas, la suppression des droits de douane et les contingents tarifaires entreraient immédiatement en vigueur.