Insectes pollinisateurs
Le temps des alertes est passé, il faut agir maintenant !
Les scientifiques et experts sont unanimes. Nous vivons un déclin important de la biodiversité et des insectes pollinisateurs. Même si le constat est alarmant, les quelque 250 participants aux Assises nationales des insectes pollinisateurs qui se sont tenues à Lyon du 25 au 27 septembre, veulent croire qu’il est encore temps d’agir.
Après Besançon qui avait accueilli en 2018 les premières Assises nationales des insectes pollinisateurs en ville, c’est à Lyon que s’est tenue la deuxième édition des Assises nationales en faveur des insectes pollinisateurs, organisée par l’association Arthropologia, du 25 au 27 septembre. Des Assises qui s’inscrivent dans le cadre du plan national d’action (PNA) «France, Terres de pollinisateurs», avec comme objectif l’élaboration d’une contribution collective pour protéger et préserver les pollinisateurs. Plus de 250 personnes : scientifiques, experts, chercheurs, élus, responsables de collectivités, agriculteurs, urbanistes, paysagistes, membres d’associations se sont penchés au chevet des pollinisateurs, pendant trois jours, pour présenter l’état des connaissances, proposer une évaluation des menaces qui pèsent sur ces animaux indispensables et élaborer collectivement des actions de préservation. Il faut dire que le constat est sans appel et que les scientifiques et chercheurs s’impatientent : «Il existe des centaines de publications scientifiques, des études et des rapports d’instances internationales qui mettent en évidence et démontrent l’effondrement des pollinisateurs et la perte de biodiversité. Nous n’avons plus rien à prouver. Nous connaissons l’origine, les causes et les conséquences de cette perte de biodiversité, et nous avons aussi des solutions pour y remédier. Même si le constat est alarmant, nous souhaitons croire qu’il est encore temps et possible d’agir», a lancé agacé Hugues Mouret, directeur scientifique de l’association Arthropologia, en ouverture des Assises. Plus personne ne remet en cause le constat : la biodiversité connaît un sévère déclin. À l’échelle mondiale, près de 90% des plantes à fleurs sauvages dépendent du transfert de pollen par les pollinisateurs et jouent un rôle indispensable dans la production alimentaire. Ce service écosystémique rendu gratuitement a été estimé à plus de 153 milliards d’euros annuels. À l’échelle européenne, 84% des cultures dépendent au moins en partie de la pollinisation, or 9,2% des espèces d’abeilles sauvages et 23,4% des bourdons sont menacés d’extinction selon la liste rouge européenne du Comité français pour l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN). 40% des espèces d’insectes pourraient disparaître d’ici 2100 ! Pour les experts, les menaces sont nombreuses et souvent d’origine anthropique : destruction et fragmentation des habitats ; urbanisation ; uniformisation des paysages et des pratiques agricoles ; utilisation excessive de produits phytosanitaires ; fauche intensive et précoce ; déprise et abandon du pastoralisme ; espèces invasives, parasites et pathogènes ; pollution de l’air…
Il faut agir !
«De nombreuses actions, simples et efficaces, permettent de maintenir et favoriser les pollinisateurs, mais des freins encore plus nombreux gênent leur mise en application, assure Hugues Mouret, ces secondes Assises représentent donc l’opportunité de s’immiscer dans le débat public afin de peser sur la politique liée à la biodiversité, qui devra inévitablement être ambitieuse et coordonnée. C’est aussi plus largement l’occasion de réfléchir aux changements profonds nécessaires et ainsi contribuer à l’émergence de nouvelles solutions de production, de consommation, de transport et tout simplement revoir nos relations avec la nature», alerte encore le directeur scientifique d’Arthropologia Hugues Mouret. La contribution concertée issue des Assises de Lyon sera compilée en vue de l’élaboration d’un futur plan d’actions à destination de l’ensemble des décideurs et gestionnaires d’espaces, qu’ils soient urbains, périurbains, agricoles ou naturels, publics ou privés.
Il faut agir !
«De nombreuses actions, simples et efficaces, permettent de maintenir et favoriser les pollinisateurs, mais des freins encore plus nombreux gênent leur mise en application, assure Hugues Mouret, ces secondes Assises représentent donc l’opportunité de s’immiscer dans le débat public afin de peser sur la politique liée à la biodiversité, qui devra inévitablement être ambitieuse et coordonnée. C’est aussi plus largement l’occasion de réfléchir aux changements profonds nécessaires et ainsi contribuer à l’émergence de nouvelles solutions de production, de consommation, de transport et tout simplement revoir nos relations avec la nature», alerte encore le directeur scientifique d’Arthropologia Hugues Mouret. La contribution concertée issue des Assises de Lyon sera compilée en vue de l’élaboration d’un futur plan d’actions à destination de l’ensemble des décideurs et gestionnaires d’espaces, qu’ils soient urbains, périurbains, agricoles ou naturels, publics ou privés.