SIA
Le SIA, un plaidoyer pour l'agriculture "made in France"
Le 54e SIA sera ambitieux... et politique bien sûr et les organisateurs souhaitent mettre en avant la passion qui anime l'agriculture française et ses agricultrices et agriculteurs !
Le mardi 24 janvier, les responsables du Salon international de l'agriculture (SIA) ont présenté la nouvelle édition 2017, qui se tiendra du 25 février au 5 mars à la Porte de Versailles à Paris. Exercice délicat car, comme l'a rappelé Jean-Luc Poulain, président du SIA et lui-même agriculteur ans l'Oise, l'année 2016 a été difficile et 2017 paraît bien incertaine. « Les cycles sont plus courts, les crises plus aiguës, d'où une volatilité plus importante. Les prix sont mondiaux mais pas les charges des exploitants. Et l'agriculture française, c'est un peu comme les courses de chevaux : on met du poids supplémentaire sur le cheval qui est favori car on se dit qu'il est meilleur que les autres mais à force de mettre du poids en plus...» a-t-il déclaré en préambule. Valérie Le Roy, la directrice, a elle enchaîné en affirmant que le SIA mettrait « en valeur la production française ». Elle a également précisé que « le secteur embauchait et que 12 000 postes n'étaient actuellement pas pourvus ».
D'où le slogan adopté cette année : « L'agriculture : une passion, des ambitions ! » Un message positif important malgré la crise, pour montrer aux politiques qui viendront sans doute en nombre que l'agriculture française innove et a de l'avenir. « Il faut balayer l'idée d'une rupture entre l'agriculture et la société car aujourd'hui, les agriculteurs portent des enjeux forts : alimentaires, sanitaires, préservation des terres... », a souligné le sociologue François Purseigle. Et si les agriculteurs occupent en nombre une place en recul dans la société, « la profession est toujours autant structurée », ajoute-t-il. Une structuration nécessaire pour faire face aux défis actuels.
Face à ces difficultés, le « modèle familial » à la française est challengé, entre la difficulté de trouver un repreneur dans le cadre de la famille, les achats de foncier par des investisseurs, mais aussi la difficulté, pour un chef d'exploitation, de gérer à la fois les aspects techniques et les aspects organisationnels dans le contexte actuel, explique François Purseigle.
Une agriculture qui se transforme
Pour le sociologue, l'agriculture se transforme, et il va falloir répondre au besoin croissant de conseil et de formation. Avec un atout : « aujourd'hui, l'agriculture attire, ce n'est plus un métier subi ». Un Forum de l'emploi sera organisé et un focus sera fait sur l'ambition « numérique » du secteur, un levier de compétitivité important pour l'agriculture (agriculture de précision, réduction de la pénibilité, services en lignes...). Comme l'an dernier, les start-ups agricoles se retrouveront sur le stand de la Ferme digitale, avec six membres de plus qu'en 2016. À noter que pour 30 000 visiteurs qui viennent chercher des informations, des clients, de nouveaux produits,... le salon est avant tout un événement professionnel.
Preuve de ces évolutions, le site de financement participatif Miimosa, son fondateur Florian Breton et toute son équipe seront présents pour discuter ces nouveaux enjeux : reconversions professionnelles, renouvellement des générations, agriculture urbaine, agriculture et alimentation durable : les étudiants s'engagent...
Présidentielle en vue
Cette année, l'événement risque surtout d'être très prisé par les politiques, à l'approche de l'élection présidentielle. Si le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll semble vouloir n'y porter qu'un oeil distant, il a néanmoins défendu sa vision : « il n'y a pas que les charges environnementales ou sociales à réguler, il y a aussi les charges opérationnelles. Nous devons mettre le moins de capital possible pour avoir une meilleure compétitivité et miser sur l'espace, car on a de la place en France contrairement à nos concurrents que l'on dit compétitifs, ainsi que sur le climat. C'était ça, ma stratégie, et ça doit rester une stratégie pour la France, j'en suis persuadé ». Son successeur aura quoi qu'il en soit du travail pour soutenir le secteur et la diversité de ses ambitions.
Quelques thématiques
Certains acteurs ont déjà annoncé la couleur. Pour la filière sucrière, place aux régions cette année. Le Grand-Est (avec «Les instants sucrés»), les Hauts de France (association fromage-confiture) et l'Eure (avec la «Journée des confitures») organiseront tous des animations pour expliquer et réexpliquer le sucre aux quelques 620 000 visiteurs attendus. La filière céréales proposera, à partir d'un casque à vision 360 °, de participer à une moisson comme si on y était et un fournil des céréales avec des boulangers pour expliquer la fabrication du pain. La coopérative InVivo proposera de découvrir le projet des 1 000 fermes numériques et Coop de France démontrera la présence quotidienne des produits issus de la coopération agricole dans les assiettes des Français. La filière oléoprotéagineuse s'attachera à montrer l'importance des protéines végétales en termes d'alimentation humaine. Les spécialistes de la semence seront aussi présents pour expliquer les principes de la multiplication, des plantes « porte-graines » cultivées et de la diversité variétale avec une surface plantée d'un grand nombre de salades différentes. Le stand de l'Inra sera consacré «à la découverte des microbes qui peuplent nos sols ou notre intestin et qui jouent un rôle essentiel dans notre alimentation, notre santé, notre environnement et notre agriculture».
Comme d'habitude, la finale nationale des Ovinpiades des jeunes bergers, 12e édition, ouvrira ce salon.
D'où le slogan adopté cette année : « L'agriculture : une passion, des ambitions ! » Un message positif important malgré la crise, pour montrer aux politiques qui viendront sans doute en nombre que l'agriculture française innove et a de l'avenir. « Il faut balayer l'idée d'une rupture entre l'agriculture et la société car aujourd'hui, les agriculteurs portent des enjeux forts : alimentaires, sanitaires, préservation des terres... », a souligné le sociologue François Purseigle. Et si les agriculteurs occupent en nombre une place en recul dans la société, « la profession est toujours autant structurée », ajoute-t-il. Une structuration nécessaire pour faire face aux défis actuels.
Face à ces difficultés, le « modèle familial » à la française est challengé, entre la difficulté de trouver un repreneur dans le cadre de la famille, les achats de foncier par des investisseurs, mais aussi la difficulté, pour un chef d'exploitation, de gérer à la fois les aspects techniques et les aspects organisationnels dans le contexte actuel, explique François Purseigle.
Une agriculture qui se transforme
Pour le sociologue, l'agriculture se transforme, et il va falloir répondre au besoin croissant de conseil et de formation. Avec un atout : « aujourd'hui, l'agriculture attire, ce n'est plus un métier subi ». Un Forum de l'emploi sera organisé et un focus sera fait sur l'ambition « numérique » du secteur, un levier de compétitivité important pour l'agriculture (agriculture de précision, réduction de la pénibilité, services en lignes...). Comme l'an dernier, les start-ups agricoles se retrouveront sur le stand de la Ferme digitale, avec six membres de plus qu'en 2016. À noter que pour 30 000 visiteurs qui viennent chercher des informations, des clients, de nouveaux produits,... le salon est avant tout un événement professionnel.
Preuve de ces évolutions, le site de financement participatif Miimosa, son fondateur Florian Breton et toute son équipe seront présents pour discuter ces nouveaux enjeux : reconversions professionnelles, renouvellement des générations, agriculture urbaine, agriculture et alimentation durable : les étudiants s'engagent...
Présidentielle en vue
Cette année, l'événement risque surtout d'être très prisé par les politiques, à l'approche de l'élection présidentielle. Si le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll semble vouloir n'y porter qu'un oeil distant, il a néanmoins défendu sa vision : « il n'y a pas que les charges environnementales ou sociales à réguler, il y a aussi les charges opérationnelles. Nous devons mettre le moins de capital possible pour avoir une meilleure compétitivité et miser sur l'espace, car on a de la place en France contrairement à nos concurrents que l'on dit compétitifs, ainsi que sur le climat. C'était ça, ma stratégie, et ça doit rester une stratégie pour la France, j'en suis persuadé ». Son successeur aura quoi qu'il en soit du travail pour soutenir le secteur et la diversité de ses ambitions.
Quelques thématiques
Certains acteurs ont déjà annoncé la couleur. Pour la filière sucrière, place aux régions cette année. Le Grand-Est (avec «Les instants sucrés»), les Hauts de France (association fromage-confiture) et l'Eure (avec la «Journée des confitures») organiseront tous des animations pour expliquer et réexpliquer le sucre aux quelques 620 000 visiteurs attendus. La filière céréales proposera, à partir d'un casque à vision 360 °, de participer à une moisson comme si on y était et un fournil des céréales avec des boulangers pour expliquer la fabrication du pain. La coopérative InVivo proposera de découvrir le projet des 1 000 fermes numériques et Coop de France démontrera la présence quotidienne des produits issus de la coopération agricole dans les assiettes des Français. La filière oléoprotéagineuse s'attachera à montrer l'importance des protéines végétales en termes d'alimentation humaine. Les spécialistes de la semence seront aussi présents pour expliquer les principes de la multiplication, des plantes « porte-graines » cultivées et de la diversité variétale avec une surface plantée d'un grand nombre de salades différentes. Le stand de l'Inra sera consacré «à la découverte des microbes qui peuplent nos sols ou notre intestin et qui jouent un rôle essentiel dans notre alimentation, notre santé, notre environnement et notre agriculture».
Comme d'habitude, la finale nationale des Ovinpiades des jeunes bergers, 12e édition, ouvrira ce salon.