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Le prix de vente des céréales, premier facteur de risque pour les céréaliers

Ipsos a interrogé les céréaliers sur les risques et les stratégies ayant trait à la commercialisation des récoltes. Résultas de l’étude réalisée via la plateforme AgriAvis à laquelle ont principalement participé de grandes exploitations céréalières (plus de 180 hectares de SAU en moyenne).
Par Valérie Godement
L’étude met en lumière le prix de vente comme premier facteur de risque entourant la vente des récoltes pour les agriculteurs interrogés. Ces derniers lui attribuent en effet une note d’importance de risque de 8,5/10 devant la météo et les aléas climatiques (8,2/10), les problèmes de la qualité des grains (6,3/10) et les facteurs liés à la production comme les intrants ou encore les itinéraires techniques (5,3/10). Pour limiter les impacts de risques sur leurs revenus, les agriculteurs mettent en place plusieurs stratégies dans la commercialisation des céréales. La stratégie agronomique est la plus suivie, pour 81 % des agriculteurs céréaliers interrogés.
Plus de la moitié joue ainsi la carte de la diversification  : ils sont ainsi 63 % à diversifier les types de culture de leur exploitation et 57 % à diversifier les variétés de cette culture. «La diversification des variétés et des types de culture apparaît clairement comme la stratégie la plus utilisée pour limiter l’impact des risques sur les revenus des exploitants céréaliers. Mais, les agriculteurs n’hésitent pas à multiplier les garde-fous et se tournent aussi vers des stratégies commerciales et financières», commente Laurent Depouilly, directeur général d’Ipsos Lyon et de la division Agriculture chez Ipsos.
En effet, les stratégies commerciales, comme le stockage de la récolte, l’adaptation des contrats, ou encore l’identification de débouchés spécifiques, restent des solutions adoptées par plus d’un agriculteur céréalier sur deux (55 %). Ces derniers misent également sur des stratégies financières (44 %) : l’étude révèle notamment que plus d’un tiers (36 %) des personnes interrogées souscrivent à des assurances ou des contrats de commercialisation diversifiés (27 %). On note que les céréaliers souscrivent en moyenne à 1 à 2 contrats de vente différents par exploitation, sans qu’aucun type de contrat ne soit particulièrement privilégié : en effet, les contrats à prix moyen, de mise en dépôt, forward, spot ou autres types de contrat de vente ne concernent jamais guère plus d’un quart des exploitations.

Attentes numériques
Enfin, la très grande majorité des agriculteurs interrogés affirment rester étroitement dépendants des organismes stockeurs  (coopératives ou négoces) : 83 % des exploitants ont ainsi signé un contrat avec l’un d’eux pour la récolte 2017, un chiffre qui monte jusqu’à 90 % pour les exploitations de moins de 150 hectares. La vente des récoltes à des courtiers, et les contrats avec des industriels restent quant à eux des situations marginales, ne concernant respectivement que 11 % et 9 % des chefs d’exploitations interrogés.
En plus de ces stratégies de commercialisation, les agriculteurs céréaliers montrent de réelles attentes d’un accompagnement plus soutenu au moment de la commercialisation de leurs céréales. Ils sont ainsi 36 % à réclamer des outils et des solutions en ligne, un chiffre qui monte à 45 % chez les agriculteurs de moins de 40 ans. 29 % émettent aussi le souhait d’être conseillés et accompagnés de leur technicien, tandis que 14% attendent le conseil et l’accompagnement de conseillers privés et spécialisés. Les attentes économiques sont également fortes : parmi les agriculteurs s’exprimant spontanément, 44 % espèrent ainsi un cours de vente à la hausse, et 15 % souhaitent un marché plus stable et plus prévisible, faisant intervenir moins d’intermédiaires. Enfin, près d’un  agriculteur sur dix émet l’envie de diversifier ses débouchés.
«L’âge reste un facteur déterminant pour comprendre les attentes des agriculteurs sur les méthodes de commercialisation. Tandis que les jeunes agriculteurs affichent la volonté d’ouvrir de nouvelles perspectives, les plus expérimentés semblent se satisfaire du fonctionnement général de la commercialisation des récoltes  : près d’un tiers des exploitants céréaliers de plus de 40 ans affirment ne pas avoir d’attente particulière pour améliorer la vente de leurs céréales», conclut Laurent Depouilly.