Production laitière
Le point sur les accords interprofessionnels
Les accords interprofessionnels nationaux de la filière lait de vache sont renouvelés et étendus pour les trois prochaines années.
Les nouveaux accords interprofessionnels nationaux sont appliqués dans le bassin laitier de l’Est. Pour des raisons techniques, ils n’entreront en vigueur qu’à partir du 1er avril dans la zone AOP de Franche-Comté.
Cette modification s’inscrit dans la démarche de révision périodique des méthodes d’analyses supervisées par le Ministère de l’Agriculture en matière de sécurité sanitaire des aliments. Rencontre avec Nathalie Mairet présidente du Centre interprofessionnel laitier de l’Est.
- Quels sont les principaux changements ?
«Sur le paiement du lait selon sa composition et sa qualité, la fréquence des analyses augmente sur toute la France pour passer de trois analyses par mois à une par semaine. Dans l’Est, cette augmentation d’analyses ne va pas bouleverser nos habitudes de travail car nous étions déjà à une analyse par semaine pour la composition du lait, seules les fréquences des analyses «germes» et «inhibiteurs» ont été augmentées. Nous avons donc trois résultats «germes» par mois au lieu de deux avant cette modification : cela va permettre aux producteurs d’avoir davantage d’informations, de pouvoir réagir plus vite à un mauvais résultat et également de lisser la moyenne mensuelle grâce à cette analyse supplémentaire. La fréquence des résultats «inhibiteurs» passe elle aussi à une par semaine. Quant au protocole d’analyse, il va également évoluer sur la base d’une étude technique réalisée en 2015/2016.
Ainsi, un nouveau schéma de détection a été décidé et mis en place à partir du 1er mars dernier avec la combinaison de plusieurs tests apportant des informations plus fines et des investigations plus poussées sur les composants se trouvant dans le lait».
- Avez-vous des données sur la qualité du lait livré ?
«Oui, et une chose est sûre, la technicité et le sérieux des producteurs n’est plus à démontrer ! En 2015, 97,2% du lait livré se trouvait en deçà des 100 000 germes/ml, 87,7% du lait livré comportait moins de 400 000 cellules somatiques/ml et 99,82% du lait ne comportait aucun inhibiteur. Malgré ces résultats, il faut malgré tout rester très vigilant, en particulier lors de la période sèche des vaches, bien prendre en compte la posologie des applicateurs intra-mammaires, bien respecter les délais de remise en production en fonction de la date du tarissement et bien rincer les griffes à traire avant de passer à un autre animal».
- Que se passe t-il si le nombre de germes ou de cellules somatiques est dépassé ?
«Si les seuils sont franchis, l’accord renouvelé nous permet de continuer pendant également trois ans à utiliser le dispositif d’aménagement de la réglementation européenne pour les laits non-conformes, à travers ce que l’on appelle «l’accord germes et cellules». Les commissions de recours régionales voient donc leurs existences conservées et donnent la possibilité aux producteurs en cas de soucis ponctuels de qualité du lait, d’obtenir le délai nécessaire pour retrouver le chemin de la conformité. Deux choix s’offrent à eux : soit la possibilité d’intégrer le dispositif d’accompagnement technique en s’engageant dans «un plan cellules» leur donnant alors neuf mois pour retrouver la conformité. Soit d’obtenir une dérogation à une suspension de collecte à travers la commission de recours «hors normes» du moment que les raisons du dérapage de qualité répondent à l’un des cinq cas de dérogation identifiés par l’interprofession nationale.
La France est le seul pays à avoir obtenu ces deux dispositifs d’aménagement de la règle des suspensions de collecte en cas de lait non conforme. Ceux-ci ont été donc ratifiés par le Ministère de l’Agriculture et supervisés par l’Union Européenne et sous leurs surveillances directes».
Cette modification s’inscrit dans la démarche de révision périodique des méthodes d’analyses supervisées par le Ministère de l’Agriculture en matière de sécurité sanitaire des aliments. Rencontre avec Nathalie Mairet présidente du Centre interprofessionnel laitier de l’Est.
- Quels sont les principaux changements ?
«Sur le paiement du lait selon sa composition et sa qualité, la fréquence des analyses augmente sur toute la France pour passer de trois analyses par mois à une par semaine. Dans l’Est, cette augmentation d’analyses ne va pas bouleverser nos habitudes de travail car nous étions déjà à une analyse par semaine pour la composition du lait, seules les fréquences des analyses «germes» et «inhibiteurs» ont été augmentées. Nous avons donc trois résultats «germes» par mois au lieu de deux avant cette modification : cela va permettre aux producteurs d’avoir davantage d’informations, de pouvoir réagir plus vite à un mauvais résultat et également de lisser la moyenne mensuelle grâce à cette analyse supplémentaire. La fréquence des résultats «inhibiteurs» passe elle aussi à une par semaine. Quant au protocole d’analyse, il va également évoluer sur la base d’une étude technique réalisée en 2015/2016.
Ainsi, un nouveau schéma de détection a été décidé et mis en place à partir du 1er mars dernier avec la combinaison de plusieurs tests apportant des informations plus fines et des investigations plus poussées sur les composants se trouvant dans le lait».
- Avez-vous des données sur la qualité du lait livré ?
«Oui, et une chose est sûre, la technicité et le sérieux des producteurs n’est plus à démontrer ! En 2015, 97,2% du lait livré se trouvait en deçà des 100 000 germes/ml, 87,7% du lait livré comportait moins de 400 000 cellules somatiques/ml et 99,82% du lait ne comportait aucun inhibiteur. Malgré ces résultats, il faut malgré tout rester très vigilant, en particulier lors de la période sèche des vaches, bien prendre en compte la posologie des applicateurs intra-mammaires, bien respecter les délais de remise en production en fonction de la date du tarissement et bien rincer les griffes à traire avant de passer à un autre animal».
- Que se passe t-il si le nombre de germes ou de cellules somatiques est dépassé ?
«Si les seuils sont franchis, l’accord renouvelé nous permet de continuer pendant également trois ans à utiliser le dispositif d’aménagement de la réglementation européenne pour les laits non-conformes, à travers ce que l’on appelle «l’accord germes et cellules». Les commissions de recours régionales voient donc leurs existences conservées et donnent la possibilité aux producteurs en cas de soucis ponctuels de qualité du lait, d’obtenir le délai nécessaire pour retrouver le chemin de la conformité. Deux choix s’offrent à eux : soit la possibilité d’intégrer le dispositif d’accompagnement technique en s’engageant dans «un plan cellules» leur donnant alors neuf mois pour retrouver la conformité. Soit d’obtenir une dérogation à une suspension de collecte à travers la commission de recours «hors normes» du moment que les raisons du dérapage de qualité répondent à l’un des cinq cas de dérogation identifiés par l’interprofession nationale.
La France est le seul pays à avoir obtenu ces deux dispositifs d’aménagement de la règle des suspensions de collecte en cas de lait non conforme. Ceux-ci ont été donc ratifiés par le Ministère de l’Agriculture et supervisés par l’Union Européenne et sous leurs surveillances directes».
«L’un des meilleurs lait de la planète»
Nathalie Mairet, également représentante des départements bourguignons à la FNPL, livre un point de vue syndical sur la situation : «La composition et la qualité du lait français n’ont jamais été aussi élevées qu’aujourd’hui alors que la fréquence des analyses sanitaires est toujours plus importante, faisant de la France le pays produisant l’un des laits les plus qualitatifs du monde voire le meilleur lait de la planète. Même le Commissaire à l’Agriculture de l’UE Phil Hogan, lors du Congrès de la FNPL, le reconnait lors de son discours ! Le travail des producteurs de lait français n’est plus à prouver, tout comme celui des producteurs de notre région ! Par contre, ce qui n’augmente pas et même régresse depuis plusieurs dizaines mois, c’est le prix du lait payé à la production. Faute à une surproduction qui engorge les marchés et les fait automatiquement baisser... Ce refrain pourtant mécaniquement vrai n’est plus entendu et supporté par les producteurs de lait car dans le même temps, les entreprises qui nous donnent la leçon du fonctionnement des marchés, ont vu leurs résultats nets (pour ceux qui les publient conformément à la loi) doubler en 2016. Il est plus qu’urgent pour les producteurs d’obtenir la juste revalorisation du prix du lait qu’ils méritent par rapport à leur investissement journalier dans le métier, qu’il soit financier, social, professionnel ou familial. L’aval de la filière, privés ou coopératives, les distributeurs comme les Pouvoirs Publics doivent très vite se réveiller et prendre les décisions qui s’imposent afin d’enrailler les difficultés financières des producteurs et stopper très rapidement la détresse de la production. Celle-ci est réelle et profonde, des drames humains sont survenus dans les quatre coins de la France, personne ne peut et ne doit les ignorer. Il en va de la responsabilité de chacun d’entre-nous et des décideurs de notre pays. Alors à quand l’instauration d’une loi forte et répressive en cas de non-respect des contrats et des producteurs ? Car à être devenus les serfs des entreprises, un jour, nous finirons peut-être dans un zoo avec les espèces en voie de disparition. Mais pour nous, producteurs, aucun espoir de réintroduction car un producteur de lait qui disparait ne redeviendra pas producteur. Tous ceux qui se gargarisent au Salon de l’Agriculture sur la qualité de notre lait, connaissent t-ils la qualité des producteurs de lait : le Courage !»