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Moissons

Le pire est à venir

Jérémy Leguy nous transmet les résultats en orges dans le secteur de Vitteaux. La déception est grande et pourrait l'être encore plus dans les autres cultures.

Par AG
Le pire est à venir
L'agriculteur vittelien évoque des rendements de 20 à 60 q/ha.

Ces moissons 2026 ne respirent pas la sérénité. Avec les risques d'incendie, la peur que tout finisse grillé et la nécessité de récolter une paille la moins brisée possible, il y a de la tension au volant des machines. Jérémy Leguy, président des JA de Vitteaux, ne dira pas le contraire. « Nous tournons de 20 heures à midi pour éviter tout problème ! », nous confiait le le polyculteur-éleveur vendredi dernier. Les orges, quasi-finies dans son canton, affichaient un faible « score » la plupart du temps : « il semble y avoir de tout, mais surtout du mauvais... D'après les retours que j'ai, les rendements vont ici de 20 à 60q/ha. La moyenne finale reste à déterminer mais elle pourrait se situer entre 40 et 50 q/ha, c'est 10 à 20q/ha de moins que l'an passé. En plus, il y a beaucoup moins de paille, c'est problématique pour les éleveurs. Cette baisse est difficile à évaluer mais dans certains endroits, elle est sûrement de 50% ». Petit lot de consolation : la qualité semble être présente pour les variétés brassicoles. « À vérifier toutefois le taux de protéines, qui est forcément élevé avec ces petits rendements », tempère Jérémy Leguy.

Autres moissons

Le jeune producteur s'apprêtait à « attaquer » sa moutarde le lendemain de l'échange, samedi. Jérémy Leguy rappelait qu'avec cette culture, « c'est souvent du tout ou rien », lui en cultive tout de même la bagatelle d'une trentaine d'hectares. Les conséquences de la canicule ou plutôt des canicules étaient redoutées. À noter que ses champs ont été attaquées à trois reprises cette campagne par les altises : un record pour ce JA qui a bien eu du mal à contenir ces agresseurs. En fin de semaine dernière, de premiers échos sur le blé et le colza commençaient d'arriver : « j'ai entendu du blé entre 40 et 60 q/ha, dans des terres plutôt bonnes, cela n'augure rien de très bon pour la suite, même si les premières parcelles récoltées ne sont que très rarement représentatives. Le pire est à venir, je le crains. En colza, il semble y avoir de tout aussi, entre 20 à 30 q/ha avec, pour l'anecdote, des taux d'humidité de 3 à 6% ! ». Jérémy Leguy avait également un œil sur ses orges de printemps, plutôt mal embarquées : « si j'arrive à faire 50q/ha, je pourrai m'estimer heureux ».

Le mot d'Antoine Carré

Le président de la FDSEA de Côte-d'Or nous livre ses impressions intermédiaires sur cette moisson. Il y a une semaine, Antoine Carré terminait ses orges d'hiver du côté de Verrey-sous-Salmaise et partageait sa propre expérience : « Ma première parcelle de l'année, en variété Faro, n'a donné que 25q/ha, avec un résultat tout aussi désastreux en paille. Bon, le champ en question était très mauvais, il faut le reconnaître. La variété Comtesse s'est sort mieux avec un peu plus de paille et davantage de grains, pour un rendement final qui devrait tourner entre 40 et 45q/ha ». Le Côte-d'Orien qualifie cette moisson de « très atypique, inédite et fatigante, avec des déceptions plus ou moins grandes » : « nous savions qu'une pilule nous était réservée, avec ce temps très chaud. Pour les orges, j'ai pas mal de retours entre 35 et 40 q/ha, c'est vraiment mauvais. À l'heure où nous nous parlons, peu de blés sont fauchés. Un agriculteur de la plaine dijonnaise vient de me dire qu'il n'a fait que 50 q/ha, cela n'annonce rien de bon... Pour ma part, chez moi, si j'arrive à 40 q/ha, ce sera déjà ça. En ce qui concerne le colza, les échos que j'ai vont de 25 à 30 q/ha la plupart du temps ». Antoine Carré n'aime guère le pronostics et attendra la fin des moissons pour dresser un bilan plus précis : « une chose est sûre, le compte n'y sera pas avec des prix toujours aussi bas et des charges toujours aussi élevées ».