Au départ, c'était du colza
Un agriculteur de la plaine dijonnaise récoltait son tournesol le 15 septembre près de Genlis. Dans un champ initialement en colza mais stoppé en cours de route par les grosses altises.
Embêté par les grosses altises, Rémy Lenoir privilégie de plus en plus le tournesol au détriment du colza. Cet exploitant de Labergement-Foigney a même pris une décision radicale, courant avril, sur une parcelle de 5 ha où nous l'avons rencontré la semaine dernière : « Les dégâts étaient impressionnants, à tel point que le colza n'allait strictement rien donner à la moisson. Il était infesté par des larves et commençait à végéter… Il fallait faire un choix et je l'ai fait avec Simon, mon technicien : la culture a été finalement détruite pour retravailler la terre et repartir en tournesol. Les semis ont toutefois été tardifs, autour du 25 avril ». Aux dégâts de grosses altises s'ajoutait une seconde problématique, liée aux vulpins : « je n'avais pas pu la solutionner… Vraiment, rien n'allait dans ce champ ce début d''année. Le plus gros souci reste de loin les grosses altises et leurs larves, qui ont encore une fois bien impacté la récolte dans mes autres parcelles ».
Bien sorti
Positionné dans un champ à bon potentiel de la plaine de Varanges, ce tournesol de « dernière minute » s'est bien comporté et tirait visiblement son épingle du jeu ce 15 septembre. L'agriculteur estimait le rendement à 30 q/ha après les premières bennes livrées : « c'est un résultat qui me convient et qui me soulage dans mon choix réalisé en avril. Quelque part, il faudra soustraire environ 10 q/h si je comptabilise toutes les charges perdues dans ce champ, y compris les semences de colza, les traitements et les désherbages… Mais c'est comme ça, c'était un risque, c'est toujours mieux que si je n'avais rien fait ». Avec son prix actuel de 550 euros/t, le tournesol est particulièrement attractif : « en plus, il demande moins d'interventions et moins d'intrants que le colza. Il résiste bien à la sécheresse et visiblement assez bien aux canicules même si, encore une fois, la terre où il se trouve aujourd'hui l'aide beaucoup. Avec ses feuilles, le tournesol canalise la rosée du matin et la dirige à ses pieds, il a un excellent comportement en s'alimentant lui-même. C'est aussi, à la base, une des cultures qui luttent le moins dans ces conditions météo difficiles ».
Tournesol doublé
Rémy Lenoir a décidé de doubler sa sole de tournesol, en la passant de 15 à 30 ha : « à l'opposé, le colza va donc diminuer chez moi. Le tournesol revient au goût du jour pour plusieurs raisons. Il y a plusieurs années, il ne s'en faisait quasiment plus à cause du phoma. Cela semble se calmer. Espérons que les problèmes de grosses altises rencontrées dans le colza se calmeront eux aussi ! Je repense à ce qui s'était passé dans le Châtillonnais, il n'a pas si longtemps : la situation était devenue catastrophique avec les altises et de nombreux agriculteurs avaient arrêté ou du moins, fortement diminué leur colza. Cette pause a visiblement été bénéfique avec une diminution des problèmes ».