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Viande bovine

Le cœur de gamme pour retrouver des perspectives sur les prix

Alors que trop peu de perspectives se dégagent sur le marché de la viande bovine, et que la logique suicidaire du prix le plus bas n’en finit plus d’étrangler les éleveurs, la section bovine de la FDSEA, engage en ce moment même, dans le prolongement de l’action initiée par la FNB, l’opération «cœur de gamme». Avec l’objectif de restaurer la confiance du consommateur … et de voir les prix regagner les centimes nécessaires à la rémunération des producteurs.
Par S.L – FDSEA 58
Le cœur de gamme pour retrouver des perspectives sur les prix
Qu’on se le dise une bonne fois pour toute, la crise aujourd’hui traversée par l’élevage bovin-viande, structurelle, remet en cause l’existence même du troupeau allaitant. Parce que l’opérateur numéro un de l’abattage en France, face à l’essor de la consommation de viande hachée, ne voit plus l’intérêt de segmenter positivement les races à viande sur le marché. Parce qu’aussi, la majeure partie des opérateurs d’aval, notamment ceux issus des rangs de la profession, désormais trop «petits» ou «précaires» pour rivaliser, sont contraints pour survivre, de jouer au chat et à la souris avec les prix à minima fixés chaque semaine par Bigard et ses acolytes … et au final de concéder à chaque marché passé, un peu plus de centimes au client auquel ils cèdent la viande.

Au grand dam de ceux qui passent leurs nuits d’hiver à veiller les animaux et à les soigner, le sport national dans la filière consiste à se placer, en terme de prix, juste en-dessous du numéro un pour exister encore demain. Mais en bout de chaîne, les éleveurs trinquent … au point d’en perdre tout repère. A quoi bon se lever le matin quand chaque jour est un peu plus creusé le fossé qui vous sépare d’un revenu décent ? Cette situation ne peut plus perdurer et le syndicalisme, aussi modeste que puisse être son action, tente de contrecarrer la logique meurtrière dont aucun acteur d’aval ne veut sortir par le haut. Export, qualité des viandes, segmentation, maturation des viandes, nouvelles relations commerciales. L’intégralité de ces axes de travail ne peut être négligée.

Mettre en œuvre de nouvelles relations commerciales avec la grande distribution
Après avoir longtemps espéré un sursaut de la filière, en vain, l’implication des éleveurs au niveau de la distribution est une des conditions nécessaires au redressement de la situation. Parce que nous n’acceptons plus une logique qui ne rémunère pas l’acte de production, qui ne répond pas aux exigences des consommateurs et qui détruit la valeur produite par les éleveurs, dans les jours à venir, la section bovine de la FDSEA, comme partout en France, ira à la rencontre des distributeurs pour exiger de leur part un engagement d’approvisionnement minimum en race allaitante dîte «cœur de gamme» (animaux de moins de 10 ans, de 380 kg de poids minimum, conformation R =, état d’engraissement 2). Parce que le cœur de gamme, qui correspond aujourd’hui à 75% des vaches allaitantes toutes races, répond aux attentes du consommateur en matière qualitative et valorise le troupeau allaitant. Parce qu’aussi, la différenciation de l’allaitant redonnerait de la lisibilité au consommateur contrairement à l’offre indifférenciée actuelle, où la réglementation des étoiles induit le consommateur en erreur et ne valorise ni la qualité des viandes, ni le savoir-faire des éleveurs.

Bref, c’est avec la conviction qu’en incitant les GMS à faire plus et mieux, que les éleveurs iront échanger avec les GMS pour que ces dernières s’engagent à un approvisionnement minimal à hauteur de 65% en viande allaitante dans les prochains jours. Avec un seul objectif, celui de voir les prix repartir la hausse pour couvrir les coûts de production et rémunérer les éleveurs. Il n’y aura pas de miracle en la matière, et ce n’est pas en restant les bras ballant dans les cours de ferme, à entendre des acheteurs incapables de valoriser le travail des éleveurs, que les cours retrouveront un niveau satisfaisant. Un prix, ça ne se décrète pas - le ministre s’y est cassé les dents l’été dernier -, un prix ça se construit ! En conséquence, le syndicalisme s’y implique.