Crise bovine (lait-viande)
Le casse-tête des marchés de l’élevage
Les réunions de crise succèdent aux réunions de crise et les responsables professionnels de l’élevage, FNB en tête, maintiennent la pression sur le ministère afin que des mesures permettent rapidement d’obtenir des résultats à l’export et un assainissement du marché intérieur. En jeu : la survie d’un tiers des exploitations d’élevage qui risque de ne pas passer l’automne...
Dramatique aussi le contexte pour les éleveurs laitiers et bovins, sans faire de distinction, car ces marchés sont malheureusement interdépendants. Président de la FNB (Fédération nationale bovine), Jean-Pierre Fleury alerte sur la situation quasi désespérée de «près d’un tiers des 80 000 exploitations bovins spécialisées», qui pourraient ne pas passer l’automne. Chiffre colossale pour une crise sans précédent qui ne l’est pas moins. Jean-Pierre fleury est formel : «les éleveurs n’attendront pas trois mois de plus», alors que depuis 2014, estime-t-il, le prix payé au producteur affiche une baisse de 60 centimes d’euros au kilo, soit une perte sèche de 300 euros environ par animal, pour un poids moyen de 400 kilos. À l’issue d’une réunion au ministère de l’Agriculture le 26 juillet, organisée après l’annonce d’une aide d’urgence de Bruxelles de 500 millions d’euros pour la France, le président de la FNB a demandé au ministre d’éviter «le soupoudrage» et de mettre rapidement en place des «mesures structurantes». La profession milite pour des mesures qui permettent de redresser les cours et la mise en place d’actions sur deux volets considérés comme majeurs : l’export et l’assainissement du marché intérieur.
Stimuler l’export, assainir le marché intérieur
L’augmentation des ventes à l’exportation semble l’un des moyens privilégié pour soulager la crise actuelle. L’Égypte, l’Iran, la Turquie et la Lybie apparaissent à la FNB comme des destinations prioritaires. Mais pour le moment les professionnels constatent que dans ces pays l’export ne fonctionne pas. D’une part, à cause de la lenteur des procédures sanitaires face à des marchés très volatiles, d’autre part par manque de réactivité des services français. Autre point posant problème : celui des cautions, des garanties et des crédits exports, «des dispositifs méconnus» selon Jean-Pierre Fleury. Il estime ainsi que de nombreuses PME françaises sont handicapées à l’export par un manque de moyens, alors que selon lui «les grandes entreprises du secteur qui pourraient exporter préfèrent verrouiller le marché» et maintenir ainsi les prix bas sur le marché intérieur. Sur la sellette aussi, la plateforme «Viande export» à laquelle la FNB demande des comptes, notamment sur les volumes réellement exportés depuis sa création, il y a moins d’un an. Plus généralement, la FNB regrette le manque de confiance des banques vis-à-vis des entreprises qui s’orientent vers des destinations comme la Lybie, l’Iran ou l’Égypte.
Pour assainir le marché, l’organisation professionnelle réfléchit à des mécanismes liées à l’aide alimentaire et au «pet food» pour dégager des viandes bas de gamme du marché, dans les secteurs laitier et bovin. L’objectif étant qu’à terme les bovins et laitiers sortent gagnants du marasme actuel, grâce à la mise en place d’un dispositif leur permettant de «sortir du marché alimentaire classique» précise le président de la FNB. Après le refus du ministre de l’Agriculture d’accepter la mesure proposée par le syndicat d’intégrer «un stabilisateur pour les nouveaux entrants», Jean-Pierre Fleury considère aussi que le ministre de l’Agriculture donne un mauvais signal aux éleveurs laitiers qui voudraient convertir une partie de leur troupeau en bovins viande pour compenser la baisse du prix du lait. Autre sujet d’inquiétude : le fait que la Commission européenne puisse remettre en cause le caractère de «filière en difficulté» de la viande bovine, si les volumes produits par cette filière venaient à repartir à la hausse.
Les réunions se suivent et la Fédération nationale bovine regrette de sortir avec plus de questions que de réponses, tout en estimant que la filière doit, elle aussi, prendre ses responsabilités.
Stimuler l’export, assainir le marché intérieur
L’augmentation des ventes à l’exportation semble l’un des moyens privilégié pour soulager la crise actuelle. L’Égypte, l’Iran, la Turquie et la Lybie apparaissent à la FNB comme des destinations prioritaires. Mais pour le moment les professionnels constatent que dans ces pays l’export ne fonctionne pas. D’une part, à cause de la lenteur des procédures sanitaires face à des marchés très volatiles, d’autre part par manque de réactivité des services français. Autre point posant problème : celui des cautions, des garanties et des crédits exports, «des dispositifs méconnus» selon Jean-Pierre Fleury. Il estime ainsi que de nombreuses PME françaises sont handicapées à l’export par un manque de moyens, alors que selon lui «les grandes entreprises du secteur qui pourraient exporter préfèrent verrouiller le marché» et maintenir ainsi les prix bas sur le marché intérieur. Sur la sellette aussi, la plateforme «Viande export» à laquelle la FNB demande des comptes, notamment sur les volumes réellement exportés depuis sa création, il y a moins d’un an. Plus généralement, la FNB regrette le manque de confiance des banques vis-à-vis des entreprises qui s’orientent vers des destinations comme la Lybie, l’Iran ou l’Égypte.
Pour assainir le marché, l’organisation professionnelle réfléchit à des mécanismes liées à l’aide alimentaire et au «pet food» pour dégager des viandes bas de gamme du marché, dans les secteurs laitier et bovin. L’objectif étant qu’à terme les bovins et laitiers sortent gagnants du marasme actuel, grâce à la mise en place d’un dispositif leur permettant de «sortir du marché alimentaire classique» précise le président de la FNB. Après le refus du ministre de l’Agriculture d’accepter la mesure proposée par le syndicat d’intégrer «un stabilisateur pour les nouveaux entrants», Jean-Pierre Fleury considère aussi que le ministre de l’Agriculture donne un mauvais signal aux éleveurs laitiers qui voudraient convertir une partie de leur troupeau en bovins viande pour compenser la baisse du prix du lait. Autre sujet d’inquiétude : le fait que la Commission européenne puisse remettre en cause le caractère de «filière en difficulté» de la viande bovine, si les volumes produits par cette filière venaient à repartir à la hausse.
Les réunions se suivent et la Fédération nationale bovine regrette de sortir avec plus de questions que de réponses, tout en estimant que la filière doit, elle aussi, prendre ses responsabilités.