Territoires
La ruralité fait ses propositions
Le congrès des maires ruraux vient d'avoir lieu. Tour d'horizon des points d'actualité concernant les campagnes.
«Face aux cyniques qui années après années tiennent la ruralité la tête sous l’eau, les ruraux ne peuvent se contenter de promesses et de déclarations d’amour pour la ruralité jamais concrétisées, ou traduites dans une politique qui les contredisent chaque jour. Les ruraux votent ne l’oublions pas, mais ils proposent aussi et agissent. Ils souhaitent être entendus davantage que ne l’ont été les enjeux depuis des décennies. Cette initiative porte un message d’espoir parce qu’elle fédère des acteurs du monde rural convaincus. Ce sont autant de propositions et d’incitations à «oser le rural» et lui offrir la même attention que notre pays porte sur le développement des métropoles, en y consacrant ses moyens et son intelligence» avait écrit le bureau de l’Association des maires ruraux de Frane (AMRF) à la mi-octobre pour expliquer leur démarche.
Quelques jours plus tard, il a donc «osé la ruralité» en présentant publiquement, en association avec la revue Village, dix-huit propositions(1). L’idée majeure est de dévoiler une «vision contemporaine et pragmatique de nos campagnes encore trop souvent ignorées des politiques publiques d’aménagement du territoire».
FNSEA, MFR, Chambres d'agriculture
Groupe Monde Rural (FNSEA) met en avant une proposition pour «faciliter l’expression du monde rural et assurer une meilleure cohésion nationale : une évolution du système électoral des conseillers régionaux avec 2 collèges : l’un rassemblerait des conseillers issus des territoires (régions naturelles/bassins de vie) élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours ; l’autre réunirait des conseillers élus selon les modalités actuellement fixées pour l’élection des conseillers régionaux».
Pour sa part, les chambres d’agriculture estiment qu’elles-mêmes mais aussi «les collectivités territoriales et tous les acteurs de la société civile (agriculteurs, transformateurs, chefs d’entreprise, citoyens....) doivent construire des partenariats forts, organisés autour d’une vision commune du territoire. Il convient de valoriser les savoir-faire pour gérer de manière équilibrée la production, l’économie et l’environnement. Les Projets Alimentaires Territoriaux dans lesquels sont fortement impliquées les chambres d’agriculture sont un exemple de cet engagement et de ce partenariat».
De son côté l’AMRF plaide pour la révision de l’article 2 de la Constitution : «notre République a pour principe le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Aucune référence aux espaces, à ses territoires. C’est cette exigence là que porte les maires ruraux en proposant la révision de ce texte pour que la prise en compte de l’espace, de la superficie soit une réalité contraignante au même titre que l’égalité entre les citoyens dans les textes de loi et tout simplement dans la réflexion collective que nous devons avoir sur l’avenir de notre pays».
L’Union nationale des maisons familiales rurales considère que les «jeunes vivant dans les territoires ruraux constituent un élément majeur du potentiel social et économique futur si l’on construit leurs parcours de formation à l’échelle de territoires européens interconnectés».
Les autres propositions
Réseau européen des petites communes rurales pour la neutralité énergétique (Rurener) proposent de «développer une vision commune à l’échelle européenne pour soutenir leur démarche. Cette vision doit leur permettre non seulement de changer de source d’énergie et d’être plus efficace énergétiquement mais aussi de faire évoluer les modes de vie».
L’association Ruralité environnement développement (RED) veut inciter, à l’échelle de chaque EPCI, à l’élaboration d’un projet territoire élaboré et mis en oeuvre avec les acteurs locaux puis signer, avec chacun d’eux, des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens, développer l’accès à l’ingénierie pour les territoires et permettre le développement des compétences des acteurs et actifs et enfin développer l’accès au très haut débit internet.
Nouvelles Ruralités veut une loi d’orientation et de programme sur les territoires ruraux, pour témoigner d’une cohérence, ce qui constituerait un geste politique fort à l’instar de la loi sur la politique de la ville adoptée en 2014.
Notre village souhaite que l’État soit beaucoup moins «prescriptif» et beaucoup plus «facilitateur» et «régulateur», particulièrement dans une période où il impose des restrictions budgétaires inégalées. Il appartient aux élus municipaux et intercommunaux de définir un projet en lien avec les acteurs du territoire et l’État déconcentré. Ce projet doit permettre d’adapter les services de proximité, l’investissement public et le cadre institutionnel (commune nouvelle, évolution stratégique de l’intercommunalité,...) aux nouvelles contraintes et aux évolutions de notre société sur la base d’un consensus.
Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) dessine une vision qui se caractérise par la «reconnaissance d’une multitude de territoires imbriquant à la fois villes et campagnes» L’enjeu est alors «de garantir une articulation stable entre les différents usages et les habitants, prenant en compte les écosystèmes et la dimension culturelle».
Pour Leader France, l’État doit s’appuyer sur ce qu’on appelle dans la démarche Leader, le développement local mené par les acteurs locaux. Ainsi, l’État pourrait apporter la même somme de Feader dédiée au programme Leader (687 millions d’EUR sur cinq ans) et confier la gestion de ce nouveau fond aux territoires directement via les comités de programmation, en cofinancement, ou non, du Feader.
Selon la Fondation du Patrimoine, les collectivités territoriales doivent conserver les moyens d’être les maitres-d’ouvrage responsables et éclairés de la sauvegarde des édifices qu’elles possèdent. Les associations et les fondations dédiées doivent, elle aussi, conserver durablement ses moyens d’existence et de soutien financier. Les propriétaires privés doivent être encouragés à sauvegarder les édifices qu’ils détiennent, à les habiter ou à les transformer. Les dispositions législatives relatives au bénévolat et aux dons sont de puissants leviers de mobilisation.
Les Foyers ruraux veulent accompagner des Collectifs locaux citoyens, articulés par les associations locales d’éducation populaire, suscitant l’intérêt et la participation de tous les habitants à la construction d’une citoyenneté territoriale.
Collectif Ville Campagne fait quatre propsoitions structurantes : mise en oeuvre de contrats de plan «État/Collectivités Territoriales/Métropole et territoires» ou «État/Collectivités territoriales/Ville et campagnes»; réforme du système fiscal ; incitation à la constitution d’agences territoriales publiques/privées, chargées de l’autonomie énergétique, de l’ingénierie de développement et de la création de monnaies locales permettant de réinjecter la richesse captée ou produite au niveau local et favoriser la valeur ajoutée des circuits courts.
Les Centres musicaux ruraux (CMR) veulent porter la création d’une charte en faveur de l’accès à l’éducation musicale des populations rurales engageant les collectivités territoriales et les acteurs associatifs, afin de structurer le développement de l’éducation artistique et culturelle en zone rurale, promouvoir la dynamique partenariale et valoriser l’action des élus territoriaux.
Plus beaux villages de France lance le slogan «Cultivons notre différence» et Bistrots de Pays estime que le commerçant de proximité est le premier des accueillants, véritable trait d’union entre sphères publique et privée. Générations Mouvement (ex-Aînés ruraux) veut s’appuyer sur les compétences et la disponibilité des seniors en créant un Conseil des Seniors alors que l’Association pour le développement en réseau des territoires et des services (ADRETS) est pour conforter la fonction d’innovation économique et sociale du milieu rural.
Les propositions et les témoignages de personnalités qui les accompagnent sont regroupés dans un hors-série de la revue Village sous le titre «Le pouvoir des campagne» au prix de 12 euros.
Quelques jours plus tard, il a donc «osé la ruralité» en présentant publiquement, en association avec la revue Village, dix-huit propositions(1). L’idée majeure est de dévoiler une «vision contemporaine et pragmatique de nos campagnes encore trop souvent ignorées des politiques publiques d’aménagement du territoire».
FNSEA, MFR, Chambres d'agriculture
Groupe Monde Rural (FNSEA) met en avant une proposition pour «faciliter l’expression du monde rural et assurer une meilleure cohésion nationale : une évolution du système électoral des conseillers régionaux avec 2 collèges : l’un rassemblerait des conseillers issus des territoires (régions naturelles/bassins de vie) élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours ; l’autre réunirait des conseillers élus selon les modalités actuellement fixées pour l’élection des conseillers régionaux».
Pour sa part, les chambres d’agriculture estiment qu’elles-mêmes mais aussi «les collectivités territoriales et tous les acteurs de la société civile (agriculteurs, transformateurs, chefs d’entreprise, citoyens....) doivent construire des partenariats forts, organisés autour d’une vision commune du territoire. Il convient de valoriser les savoir-faire pour gérer de manière équilibrée la production, l’économie et l’environnement. Les Projets Alimentaires Territoriaux dans lesquels sont fortement impliquées les chambres d’agriculture sont un exemple de cet engagement et de ce partenariat».
De son côté l’AMRF plaide pour la révision de l’article 2 de la Constitution : «notre République a pour principe le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Aucune référence aux espaces, à ses territoires. C’est cette exigence là que porte les maires ruraux en proposant la révision de ce texte pour que la prise en compte de l’espace, de la superficie soit une réalité contraignante au même titre que l’égalité entre les citoyens dans les textes de loi et tout simplement dans la réflexion collective que nous devons avoir sur l’avenir de notre pays».
L’Union nationale des maisons familiales rurales considère que les «jeunes vivant dans les territoires ruraux constituent un élément majeur du potentiel social et économique futur si l’on construit leurs parcours de formation à l’échelle de territoires européens interconnectés».
Les autres propositions
Réseau européen des petites communes rurales pour la neutralité énergétique (Rurener) proposent de «développer une vision commune à l’échelle européenne pour soutenir leur démarche. Cette vision doit leur permettre non seulement de changer de source d’énergie et d’être plus efficace énergétiquement mais aussi de faire évoluer les modes de vie».
L’association Ruralité environnement développement (RED) veut inciter, à l’échelle de chaque EPCI, à l’élaboration d’un projet territoire élaboré et mis en oeuvre avec les acteurs locaux puis signer, avec chacun d’eux, des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens, développer l’accès à l’ingénierie pour les territoires et permettre le développement des compétences des acteurs et actifs et enfin développer l’accès au très haut débit internet.
Nouvelles Ruralités veut une loi d’orientation et de programme sur les territoires ruraux, pour témoigner d’une cohérence, ce qui constituerait un geste politique fort à l’instar de la loi sur la politique de la ville adoptée en 2014.
Notre village souhaite que l’État soit beaucoup moins «prescriptif» et beaucoup plus «facilitateur» et «régulateur», particulièrement dans une période où il impose des restrictions budgétaires inégalées. Il appartient aux élus municipaux et intercommunaux de définir un projet en lien avec les acteurs du territoire et l’État déconcentré. Ce projet doit permettre d’adapter les services de proximité, l’investissement public et le cadre institutionnel (commune nouvelle, évolution stratégique de l’intercommunalité,...) aux nouvelles contraintes et aux évolutions de notre société sur la base d’un consensus.
Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) dessine une vision qui se caractérise par la «reconnaissance d’une multitude de territoires imbriquant à la fois villes et campagnes» L’enjeu est alors «de garantir une articulation stable entre les différents usages et les habitants, prenant en compte les écosystèmes et la dimension culturelle».
Pour Leader France, l’État doit s’appuyer sur ce qu’on appelle dans la démarche Leader, le développement local mené par les acteurs locaux. Ainsi, l’État pourrait apporter la même somme de Feader dédiée au programme Leader (687 millions d’EUR sur cinq ans) et confier la gestion de ce nouveau fond aux territoires directement via les comités de programmation, en cofinancement, ou non, du Feader.
Selon la Fondation du Patrimoine, les collectivités territoriales doivent conserver les moyens d’être les maitres-d’ouvrage responsables et éclairés de la sauvegarde des édifices qu’elles possèdent. Les associations et les fondations dédiées doivent, elle aussi, conserver durablement ses moyens d’existence et de soutien financier. Les propriétaires privés doivent être encouragés à sauvegarder les édifices qu’ils détiennent, à les habiter ou à les transformer. Les dispositions législatives relatives au bénévolat et aux dons sont de puissants leviers de mobilisation.
Les Foyers ruraux veulent accompagner des Collectifs locaux citoyens, articulés par les associations locales d’éducation populaire, suscitant l’intérêt et la participation de tous les habitants à la construction d’une citoyenneté territoriale.
Collectif Ville Campagne fait quatre propsoitions structurantes : mise en oeuvre de contrats de plan «État/Collectivités Territoriales/Métropole et territoires» ou «État/Collectivités territoriales/Ville et campagnes»; réforme du système fiscal ; incitation à la constitution d’agences territoriales publiques/privées, chargées de l’autonomie énergétique, de l’ingénierie de développement et de la création de monnaies locales permettant de réinjecter la richesse captée ou produite au niveau local et favoriser la valeur ajoutée des circuits courts.
Les Centres musicaux ruraux (CMR) veulent porter la création d’une charte en faveur de l’accès à l’éducation musicale des populations rurales engageant les collectivités territoriales et les acteurs associatifs, afin de structurer le développement de l’éducation artistique et culturelle en zone rurale, promouvoir la dynamique partenariale et valoriser l’action des élus territoriaux.
Plus beaux villages de France lance le slogan «Cultivons notre différence» et Bistrots de Pays estime que le commerçant de proximité est le premier des accueillants, véritable trait d’union entre sphères publique et privée. Générations Mouvement (ex-Aînés ruraux) veut s’appuyer sur les compétences et la disponibilité des seniors en créant un Conseil des Seniors alors que l’Association pour le développement en réseau des territoires et des services (ADRETS) est pour conforter la fonction d’innovation économique et sociale du milieu rural.
Les propositions et les témoignages de personnalités qui les accompagnent sont regroupés dans un hors-série de la revue Village sous le titre «Le pouvoir des campagne» au prix de 12 euros.