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Nutrition

Ration mélangée, la solution pour une production optimale ?

Le 17 mars dernier, le Gaec de Chichery a accueilli une matinée d'informations dédiée à la nutrition des vaches laitières. Deux nutritionnistes indépendants ont donné des conseils clés pour améliorer la ration quotidienne.

Par Charlotte Sauvignac
Nutrition
Ce mardi 17 mars, une démonstration de matériels a été réalisée auprès des éleveurs de vaches laitières à Chichery.

C'est au sein du Gaec de Chichery que la société DAFP a organisé une matinée d'informations, en collaboration avec des fabricants de matériels agricoles (Teagle, Tatoma) et deux nutritionnistes indépendants : Gilles Planche et Yan Mathioux. « Nous détenons des sociétés de conseils spécialisés dans l'alimentation de ruminants bovins, ovins et caprins. L'objectif pour nous, c'est d'accompagner des éleveurs pour améliorer la qualité de leurs fourrages et améliorer leurs niveaux d'autonomie », annonce Yan Mathioux. Dans un contexte de modification du secteur, incluant « l'augmentation des exploitations, une hausse des matières premières, de faibles marges, les éleveurs ont besoin de se mécaniser, de technicité, d'autonomie et de compétitivité ». Lorsque l'on parle de fourrage, « nous parlons, en premier lieu, des matières premières utilisées. Il faut qu'elles soient nobles et que ce soit des matières simples. Plus les matières premières sont simples, plus elles sont faciles à trouver sur le marché et permettent de gagner en autonomie », conseille Gilles Planche. Les deux spécialistes expliquent d'ailleurs que « nous observons de meilleurs niveaux d'autonomie, de manière générale, au sein des élevages que nous accompagnons », dans leurs périmètres d'action, dans l'ouest et dans le centre de la France. Face à des éleveurs icaunais, qu'ils ne connaissent pas, les deux nutritionnistes partent du point de départ de l'alimentation : l'herbe fraîche « contenant : 0 % d'amidon, de la cellulose, du sucre, de l'azote assez soluble en dehors de l'été, un fourrage frais riche en oligo-vit, et du pH neutre », listent-ils. Cela revient à dire que les besoins essentiels sont les fibres, les protéines et l'énergie.

« D'abord nourrir une flore microbienne »

Dans le cadre de leurs accompagnements, les nutritionnistes s'occupent d’« assembler les ingrédients favorables à l'alimentation », en comparant les prix et la qualité. À titre d'exemple, « pour l'amidon, nous comparons le blé (avec 60 % d'amidon lent et 66 % d'amidon rapide) et le maïs (avec 64 % d'amidon lent et 34 % d'amidon rapide), dans ce cas-là, le blé est mieux », illustre Yan Mathioux.

Lorsque les matières premières sont choisies, il faut « sécuriser la ration en ciblant le pourcentage d'amidon et le pourcentage de fibres pour que le pH du rumen reste stable ». Yan Mathioux conseille, pour l'amidon, un pourcentage entre « 18 et 22 % permettant une bonne digestibilité de la cellulose, une ingestion maximale et une production de lait et taux optimum ». Un sourire aux lèvres, Gilles Planche revient sur « les dix commandements de l'alimentation », et notamment sur les « trois huit » : « huit heures d'alimentation, huit heures de rumination et huit heures de repos ». Il insiste sur le fait de « vérifier régulièrement que les vaches ruminent bien ». Pour cela, « il faut observer le contenant des bouses : s’il y a cinq grains de maïs dans une poignée de bouse c'est 600 à 800 grammes de maïs grain perdu/VL/jour soit 2 litres de lait ». Le meilleur combo reste donc « la ration mélangée permettant un gain de temps, une pesée régulière, une synchronisation des apports, un gain efficacité alimentaire, une valorisation des fourrages, une réduction des coûts alimentaires, une valorisation des coproduits et céréales traitées ». Avec l'arrivée de la mise à l'herbe des ruminants, les deux nutritionnistes conviennent que c'est un moment « clé pour les éleveurs, il ne faut pas qu'ils se ratent ». Avec le changement climatique, « les périodes habituellement annoncées ont changé. En tant que nutritionnistes, nous essayons de les challenger et de les booster en réalisant une mise à l'herbe plus tôt », conclut-il.