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Travail à la ferme

La meilleure des mains-d'œuvre

Sébastien Noireaut, agriculteur à Meilly-sur-Rouvres, bénéficie de l'aide de son père et de ses enfants dans son travail au quotidien.

Par AG
La meilleure des mains-d'œuvre
Le chef d'exploitation, devant Tom, Maxime et Paul. Sans oublier Jingle, un croisé berger allemand/braque de Weimar très utile pour rentrer chaque jour les volailles.

Dans cet article, pas de technique agricole, d'économie ni de syndicalisme. Juste une belle histoire humaine à raconter ! Les vacances de Pâques se terminent et bon nombre d'agriculteurs ont profité de la présence de leurs enfants pour avancer dans leur travail. Nous avons fait un petit tour à l'EARL de la Vigne pour l'illustrer. Sébastien Noireaut, le chef d'exploitation, ne cache pas sa satisfaction d'avoir eu « sa descendance » pendant deux semaines entières, notamment pour la mise à l'herbe : « C'est une chance d'avoir pu compter sur eux, c'est certain. Tom, 14 ans, est en classe de Troisième au collège à Pouilly et est déjà là en temps normal tous les jours, après les cours. Maxime, 17 ans, est interne en Terminale bac pro à Fontaines mais il se rattrape le week-end et donc pendant les vacances ! Avec en plus, mon père, Paul, à mes côtés : c'est sûr, je suis très bien entouré pour l'élevage et les cultures. On me le dit souvent. Je peux ainsi déléguer certaines tâches et me consacrer à d'autres, notamment en lien avec l’administratif, quand cela est urgent ».

Un peu plus serein, quoique

La famille est-elle la meilleure des mains-d’œuvre ? L'agriculteur de 48 ans répond par l'affirmative, tout en saluant la qualité du travail réalisé par son salarié basé à Molinot : « les proches connaissent la maison mieux que personne et chacun sait ce qu'il doit faire. Nous accueillons des stagiaires et des apprentis mais avec ces derniers, l'approche est forcément différente. Je ne peux pas me permettre de les laisser seuls ni de m'absenter, par exemple, sur mon second site d'exploitation. Tom et Maxime ont déjà de l'expérience et je peux leur faire entièrement confiance. Mon père, lui, est dans la cour de ferme tous les matins dès 7 heures. L'agriculture c'est sa vie, il n'a jamais décroché ! ». Pendant les vacances scolaires, Sébastien Noireaut envisage souvent, avec son épouse Christelle, d'organiser « une ou deux sorties » avec elle : « on se le dit tout le temps : il sera possible d'aller à tel ou tel endroit, car il y a du monde pour me remplacer. Mais je me fais tout le temps avoir : nous programmons tellement de choses à la ferme qu'au final, je n'arrive pas toujours à me libérer… Bon, tout de même : lors du week-end de Pâques, nous sommes rentrés tard mais le travail était quasiment bouclé, grâce à eux ! ».

Des prises de bec

Tout n'est pas rose pour autant quand on travaille en famille, surtout quand les garçons grandissent, deviennent adolescents ou même adultes : « nos avis sur un sujet ou une façon de faire peuvent être différents… Entre membres d'une même famille, on se dit les choses plus directement ! Si nous nous retrouvons en même temps avec la même chose à faire, oui, ça peut vite partir en cacahuète ! Mais pour que tout aille bien, chacun à ses tâches respectives : Tom est au contact des animaux alors que Maxime est davantage dans les machines. En cas de problème avec les enfants, c'est encore moi qui commande, heureusement… L'homme qui paye est toujours le chef ! Mon père, lui, est polyvalent et dans les décisions, il se contente de donner des conseils sans jamais rien imposer ». Sébastien Noireaut ne cache pas sa fierté de voir ses enfants passionnés par l'agriculture, avec leur ferme volonté de s'installer : « pour Maxime, ce sera normalement dans deux ans, après une formation dans le machinisme. Tom ira lui aussi à Fontaines pour obtenir le même bac. Il pourrait opter ensuite pour un certificat de spécialisation dans le commerce des bovins, avant qu'il revienne ici ». Si l'avenir des enfants semble tout tracé, l'horizon reste paradoxalement incertain d'après le père de famille : « c'est humain, on se fait toujours des soucis… Regardez, le monde change tellement vite… Il ne faut pas installer pour installer. La ferme doit être en mesure de pouvoir les accueillir dans les meilleures conditions. Quand mon père avait mon âge, il faillait travailler pour gagner de l'argent. Aujourd'hui, on peut travailler tout en mangeant des sous. C'est pour cela que nous sommes constamment en réflexion ».