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Chambre d'agriculture de la Nièvre

La «fusion» vaut-elle mieux que la «mutualisation» ?

Lors de la cérémonie des vœux aux personnels, le 13 janvier dernier au Marault, les dirigeants de l'institution consulaire ont profité de la réunion pour aborder le thème délicat de la restructuration des Chambres d'agriculture de Bourgogne. Du point de vue d'à‰ric Bertrand, président de la Nièvre, le débat sémantique fait préférer le terme de «fusion» à celui de «mutualisation».
Par Emmanuel Coulombeix
La  «fusion» vaut-elle mieux que la «mutualisation» ?
Le personnel de la Chambre d'agriculture de la Nièvre a écouté Éric Bertrand et Pierre Balique évoquer la perspective de la fusion des Chambres de Bourgogne.
En marge des voeux pour 2011, à‰ric Bertrand et Pierre Balique, le président et le directeur de la Chambre d'agriculture de la Nièvre, ont réuni le personnel pour faire le point sur leur organisation interne. Depuis la précédente rencontre, il y a quelques mois, qui avait enteriné le millefeuille de compétences destiné à rationaliser les coûts et les moyens dans la Nièvre, une session de la Chambre régionale a acté le principe de la fusion des assemblées bourguignones (lire Terres de Bourgogne N° 1092), dans le cadre du Plan stratégique régional et en parfait accord avec la Réforme générale des politiques publiques (RGPP) impulsée par l'à‰tat. L'objectif est bien de mutualiser les moyens, notamment dans le volet des fonctions dites [I]«support»[i] (comptabilité, gestion, informatique...) et de maintenir des moyens humains (développement, conseil..) au plus près des besoins des agriculteurs.

[INTER]«Comment je le vis de l'intérieur»[inter]
Répondant aux [I]«questions et aux inquiétudes»[i] qui lui sont remontées en interne, à‰ric Bertrand a voulu se montrer rassurant. [I]«Je vous fais part de la façon dont je le vis de l'intérieur»[i] a-t-il lancé d'emblée au personnel de Chambre, sautant pour l'occasion les premiers points inscrits à l'ordre du jour. Refaisant l'historique de la RGPP et [I]«de la volonté de l'à‰tat de bouleverser l'organisation administrative»[i], le président a souligné que l'adoption de la loi de modernisation en agriculture (LMA) avait acté le principe d'un glissement d'une partie de la taxe sur le foncier non bâti vers la structure régionale. Le terme de [I]«mutualisation»[i], très en vogue, a dicté aux réflexions largement engagées au niveau des quatre présidents et directeurs de Chambre bourguignons. Et puis à‰ric Bertrand s'est lancé dans une comparaison des trois options qui s'offraient aux dirigeants : [I]«laisser faire le mouvement envisagé par la LMA entraîne un risque d'absorption des départements par la structure régionale. Cela, personne ne le souhaite»[i] a-t-il d'abord énoncé. Ensuite, [I]«la mutualisation des moyens, chacun gardant son propre budget, avec le risque qu'un salarié se retrouve placé sous l'autorité de trois ou quatre chefs de service, cela, je n'y vois pas clair. Faire vivre la mutualisation exigerait que le transfert de moyens, la dépense énorme d'énergie des cadres, ses bénéfices financiers soient supérieurs aux coûts qu'elle entraînerait. Que cela soit fonction des hommes, non des euros»[i] a-t-il poursuivi. Le président nivernais s'est donc livré à une explication de la décision du 13 décembre quant à la «fusion» : [I]«la décision prise est la plus claire pour les élus et les collaborateurs salariés, avec une volonté affichée des quatre présidents et directeurs et du bureau régional que les fonctions support fassent de moins en moins doublons afin de dégager le maximum de moyens sur le terrain dans les actions auprès de nos mandants»[i].

[INTER]«Un budget unique» ?[inter]
Prudence, aussi ! à‰ric Bertrand a développé son propos en s'interrogeant : [I]«quels sont les objectifs, les ambitions et les valeurs de cette fusion. Il ya aujourd'hui nécessité de réfléchir, de construire d'affiner ! Le leitmotiv, c'est «préservons la proximité»[i] mais que cela induit-il ? Y aura-t-il des directeurs territoriaux ? Qu'est-ce que cela impliquera de conserver une présence à Cosne, Corbigny ou Nevers ? En terme de conseils d'élevage, est-ce très différent si nous sommes à Montsauche ou à Autun» ? Une chose est sûre :[I] «il faudra au préalable à toute fusion un travail sur le système informatique, la paie, la comptabilité»[i]. Puisque la principale différence avec la mutualisation, [I]«ce sera un budget unique»[i], a renchéri Pierre Balique, avec «à terme un président et un directeur unique». Le directeur de la Chambre de la Nièvre a lui aussi réfléchi tout haut sur le rapprochement des cinq structures : [I]«Nous avons tous peur que chacun tire la couverture à soi. Il faudra un travail de rapprochement des cultures, parce qu'il y a des logiques qui bougent et des peurs qui apparaissent forcément»[i] a-t-il reconnu. [I]«Et une façon d'organiser la présence sur le terrain qui n'est pas la même entre chacun des départements»[i] a enfoncé à‰ric Bertrand, en évoquant «un besoin immense de communication». Et de conclure : [I]«Tout ne sera pas calé avant la fin de la mandature et surtout si nous ne sommes pas mis au garde-à-vous par la RGPP»![i]

Vers une labelisation «Charolais de Bourgogne»

L'initiative est originale. Le 28 janvier à la ferme du Marault, une opération de communication interconsulaire, réunissant la Chambre d'agriculture, celle de Commerce et d'Industrie et celle des Métiers et de l'Artisanat de la Nièvre permettra de lancer une réflexion conjointe, réunissant tous les acteurs de la filière viande, pour promouvoir le boeuf régional. «Le «Charolais de Bourgogne» est dans les tuyaux depuis plus de dix ans» explique à‰ric Bertrand mais jusqu'alors aucune labellisation n'avait encore abouti. L'idée est venue des restaurateurs de l'Association «Les Toques Nivernaises» ainsi que des artisans bouchers et des grossistes qui envisageaient tout d'abord de promouvoir (et de valoriser) la viande de la Nièvre. Compte-tenu des quantités distribuées dans le département par leur intermédiaire, les acteurs de la filière ont ensuite préféré s'orienter vers une démarche régionale. Le coup médiatique du 28 janvier sera peut-être le début d'une véritable certification. Avec, pourquoi pas, une Indication géographique protégée (IGP) à la clef...