Tournée régionale de la Fédération nationale bovine
La FNB joue cartes sur table à Avallon
La tournée régionale de la FNB s’est arrêtée dans l’Avallonnais. Au menu de la rencontre avec les représentants professionnels des éleveurs de Bourgogne-Franche-Comté et du Centre, les dossiers chauds de l’élevage dont le cœur de gamme et la conjoncture viande.
Michel Joly, responsable FRB, Pierre Vaugarny, secrétaire général de la FNB, Jean-Pierre Fleury son président et Cédric Mangin, président de la section engraissement, ont fait escale dans l’Avallonnais le 8 décembre dernier, après avoir fait halte en Normandie la semaine dernière. L’occasion de rappeler que la stratégie syndicale de la fédération repose sur trois piliers : la reconquête du marché intérieur pour le troupeau allaitant, la restauration hors domicile et l’export Pays Tiers. Sans aucune ambiguïté, les responsables professionnels sont convaincus «que l’élevage et la filière européenne ne tiendront que grâce au développement des marchés exports Pays Tiers». Car l’export en Europe marque le pas, en dépit d’un contexte italien plus favorable qui a compensé les baisses sur les Pays Tiers, la Turquie notamment. Au-delà de l’Europe, des marchés s’ouvrent ou sont en cours de négociations. Mais par rapport à d’autres grands pays producteurs internationaux, la France prend du retard. Face à cela, la FNB entend «mobiliser tous les outils nécessaires pour lever rapidement les obstacles sanitaires et administratifs» qui sont autant de boulets aux pieds des exportateurs de viande française. La FNB attend aussi un soutien à l’export, dans le cadre du plan d’aide aux réfugiés (ONU), le maintien du système de Coface pour maintenir les flux d’expédition de viandes bovines, la mobilisation de la BPI et un coup de pouce pour accélérer l’agrément des opérateurs auprès de certains pays comme la Chine, la Turquie et la Russie. Autre proposition : le développement d’une marque française unique pour l’export, comme cela se pratique déjà chez certains pays concurrents. Concernant les accords de libre-échange, la FNB demande que la viande bovine soit tout simplement exclue des négociations en tant que produit sensible. Reste que le problème de l’export est autant souvent «une question de diplomatie qu’une question de sanitaire».
La voie de la valeur, du prix reste la meilleure
L’Export est une chose mais le marché national est en pleine zone de turbulences et les éleveurs doivent composer avec des prix toujours à la baisse. En réponse à une situation devenue intolérable, la FNB développe une stratégie globale qui consiste à segmenter le marché national pour générer plus de valeur. Deux cibles prioritaires sont définies : les GMS (54% des débouchés) et la restauration hors domicile (RHD 19% des débouchés, mais un fort potentiel puisque ce marché se fournit à 70% à l’import). Un constat s’impose pour Jean-Pierre Fleury : «sur les exploitations d’élevage, on a compensé la baisse des prix par plus de travail, en augmentant la productivité et le nombre de vaches. Mais cela ne passe pas et le système montre ses limites humaines et économiques ; la voie de la valeur, du prix, reste la bonne et l’objectif à atteindre». Chiffres mondiaux à l’appui, il s’avère que pour la rémunération des éleveurs, la France se situe à la 18ème place, en-deçà du prix moyen européen. «C’est un vrai dysfonctionnement que cette situation française qui s’avère aux limites de la capacité humaine et économique des exploitations d’élevage», insiste Pierre Vaugarny. Face à cela, il est impératif de considérer que «le prix n’est pas une fatalité». D’autant que les chiffres traduisent toujours des décalages entre le prix payé à l’éleveur et l’état réel du marché, «le marché est bien là pour les vaches notamment, la situation est totalement illogique».
Le début d’un processus de longue haleine
Au sein de la filière, l’amont reste «faible, atomisé» ce qui ne favorise pas une réelle création de valeur au profit des éleveurs. La stratégie du cœur de gamme, emblématique d’une refonte en profondeur des relations commerciales au sein de cette filière, est destinée à changer la donne et à permettre aux éleveurs de reprendre la main. Les débuts ne sont jamais évidents, certaines enseignes essayant de pousser leur pion à leur avantage, quitte quelques fois à confondre coeur de gamme et filières de qualité. Mais les choses avancent et comme le remarque Jean-Pierre Fleury «les enseignes sont bien prêtes à mettre la main au pot, à condition que les éleveurs récupèrent cette mise». Les engagements nationaux avec les grandes enseignes «ne marquent pas la fin du processus mais son début». Car il va s’agir d’aller chercher la valeur obtenue grâce à une nouvelle segmentation, enseigne par enseigne, sur chacun des territoires. Tout sera affaire de négociation entre les éleveurs et le distributeur visé par ces nouvelles relations commerciales. À terme, l’objectif est de faire signer l’ensemble de la grande distribution, et d’engager des partenariats commerciaux déconnectés des cotations, moyen privilégié pour obtenir un prix rémunérateur en se différenciant par la valeur et la qualité. L’accord est encadré par un cahier des charges qui engage le distributeur à approvisionner en coeur de gamme 50% au moins de son rayon boucherie, a respecter un certain délai de maturation (défini par Interbev) et à assurer une valorisation du produit permettant de couvrir les coûts de production en élevage et d’assurer une juste rémunération à l’éleveur. Ce qui est en passe d’être gagné au plan national n’augure pas du résultat enseignes par enseignes sur les territoires. Aux éleveurs et à leurs représentants locaux maintenant de pousser leur avantage et de s’emparer du dossier des nouvelles relations commerciales. La tâche est ingrate et le dossier difficile, mais l’enjeu en vaut la peine comme le rappelle Cédric Mangin, puisque c’est un marché potentiel qui pourrait concerner un potentiel de 70% des vaches allaitantes.
La voie de la valeur, du prix reste la meilleure
L’Export est une chose mais le marché national est en pleine zone de turbulences et les éleveurs doivent composer avec des prix toujours à la baisse. En réponse à une situation devenue intolérable, la FNB développe une stratégie globale qui consiste à segmenter le marché national pour générer plus de valeur. Deux cibles prioritaires sont définies : les GMS (54% des débouchés) et la restauration hors domicile (RHD 19% des débouchés, mais un fort potentiel puisque ce marché se fournit à 70% à l’import). Un constat s’impose pour Jean-Pierre Fleury : «sur les exploitations d’élevage, on a compensé la baisse des prix par plus de travail, en augmentant la productivité et le nombre de vaches. Mais cela ne passe pas et le système montre ses limites humaines et économiques ; la voie de la valeur, du prix, reste la bonne et l’objectif à atteindre». Chiffres mondiaux à l’appui, il s’avère que pour la rémunération des éleveurs, la France se situe à la 18ème place, en-deçà du prix moyen européen. «C’est un vrai dysfonctionnement que cette situation française qui s’avère aux limites de la capacité humaine et économique des exploitations d’élevage», insiste Pierre Vaugarny. Face à cela, il est impératif de considérer que «le prix n’est pas une fatalité». D’autant que les chiffres traduisent toujours des décalages entre le prix payé à l’éleveur et l’état réel du marché, «le marché est bien là pour les vaches notamment, la situation est totalement illogique».
Le début d’un processus de longue haleine
Au sein de la filière, l’amont reste «faible, atomisé» ce qui ne favorise pas une réelle création de valeur au profit des éleveurs. La stratégie du cœur de gamme, emblématique d’une refonte en profondeur des relations commerciales au sein de cette filière, est destinée à changer la donne et à permettre aux éleveurs de reprendre la main. Les débuts ne sont jamais évidents, certaines enseignes essayant de pousser leur pion à leur avantage, quitte quelques fois à confondre coeur de gamme et filières de qualité. Mais les choses avancent et comme le remarque Jean-Pierre Fleury «les enseignes sont bien prêtes à mettre la main au pot, à condition que les éleveurs récupèrent cette mise». Les engagements nationaux avec les grandes enseignes «ne marquent pas la fin du processus mais son début». Car il va s’agir d’aller chercher la valeur obtenue grâce à une nouvelle segmentation, enseigne par enseigne, sur chacun des territoires. Tout sera affaire de négociation entre les éleveurs et le distributeur visé par ces nouvelles relations commerciales. À terme, l’objectif est de faire signer l’ensemble de la grande distribution, et d’engager des partenariats commerciaux déconnectés des cotations, moyen privilégié pour obtenir un prix rémunérateur en se différenciant par la valeur et la qualité. L’accord est encadré par un cahier des charges qui engage le distributeur à approvisionner en coeur de gamme 50% au moins de son rayon boucherie, a respecter un certain délai de maturation (défini par Interbev) et à assurer une valorisation du produit permettant de couvrir les coûts de production en élevage et d’assurer une juste rémunération à l’éleveur. Ce qui est en passe d’être gagné au plan national n’augure pas du résultat enseignes par enseignes sur les territoires. Aux éleveurs et à leurs représentants locaux maintenant de pousser leur avantage et de s’emparer du dossier des nouvelles relations commerciales. La tâche est ingrate et le dossier difficile, mais l’enjeu en vaut la peine comme le rappelle Cédric Mangin, puisque c’est un marché potentiel qui pourrait concerner un potentiel de 70% des vaches allaitantes.
Un cœur de gamme très attendu
Polyculteurs-éleveurs, Martial et Bertrand Renault sont associés dans le Gaec de l’embranchement, à Magny (89). Ils exploitent 265 ha sur 5 communes près d’Avallon, élèvent 140 vaches allaitantes et engraissent tous les mâles et les vaches de réforme. Certaines femelles de moins de un an sont destinées à l’export essentiellement vers l’Italie et l’Espagne. Les céréales sont auto-consommées, mais cette année sera difficile du fait de rendements catastrophiques, en blé notamment, ce qui handicape l’atelier d’engraissement. Les pertes de revenus sur les taurillons rendent «la situation impossible, en deux années le prix est passé de 4 euros à 3,60 euros au mieux en ce moment» témoigne Martial Renault qui espère avec le coeur de gamme «que la pression sera mise sur un maximum d’enseignes» pour faire bouger les lignes. Sur l’exploitation, les vaches destinées au segment coeur de gamme sont plutôt classées R= avec un poids de carcasse de 380kg. Comme beaucoup, il souhaite «que le coeur de gamme joue le rôle d’aspirateur pour les autres segments de marché».