La complexité, d'un coup d'œil
Les entreprises Agro Conseil (Aisne) et Géocatalyst (Côte-d'Or) ont développé un partenariat pour produire une cartographie très fine de parcelles agricoles. Un outil précieux pour optimiser l'usage de la modulation de semis ou de fumures, permis par les technologies actuelles du machinisme.
Apporter à un agriculteur une vision claire d'une parcelle, de son hétérogénéité, lui permettre de réfléchir à la meilleure façon de la travailler, lui apporter de la visibilité sur les zones où il doit agir en priorité ou lui donner les moyens de comprendre pourquoi, sur une parcelle, une zone fonctionne moins bien qu'une autre… Voilà la proposition portée par deux entreprises unies par un partenariat depuis 2021 : Agro Conseil et Géocatalyst. La première est basée à Saint-Quentin, dans l'Aisne et la seconde a son siège en Côte-d'Or, à Is-sur-Tille. Les deux ont conçu un dispositif qui fait appel à des drones, à de la télédétection, de la topographie, afin de produire de la cartographie très précise mettant en évidence des critères importants pour qui veut améliorer la connaissance et la maîtrise de ses sols. Une préoccupation qui entre en résonance avec les réflexions actuelles sur une amélioration de la résilience des sols face au changement climatique. Depuis 2021, Géocatalyst et Agro Conseil ont traité 600 parcelles agricoles par ce biais dans plusieurs départements de la moitié nord de la France.
Approche complémentaire
« Le travail d'un agriculteur, c'est d'anticiper, souligne Julie Coulerot, directrice générale d'Agro Conseil, qui propose du conseil indépendant aux agriculteurs et travaille avec un réseau de conseillers indépendants, et nous voulions baser notre approche terrain, en matière de conseils et prestations sur les fumures, la gestion des maladies sur céréales, l'irrigation, l'agronomie et l'agriculture de précision, de manière plus précise, à partir de des critères qui ne varient pas dans le temps. » Avec Thomas Lallouette, dirigeant de Géocatalyst, elle forme un tandem très complémentaire : « Thomas nous livre les cartes et ensuite nous faisons un rapport de proposition à l'agriculteur en épurant la topographie. Nous pouvons lui montrer les grandes zones de sa parcelle. Nous établissons une proposition de découpe de celle-ci où nous superposons les natures de sols et la topographie. Je mets en forme les données envoyées pour qu'elles soient lisibles par l'agriculteur. Le but est de montrer ce qui est vraiment intéressant mais aussi d'échanger avec lui, qui a une bonne connaissance de sa parcelle, pour qu'il la maîtrise au mieux. » Spécialisé en photogrammétrie et topographie Thomas Lallouette opère, pour réaliser ces cartes, avec Bertrand Segaut, agriculteur de la Marne et par ailleurs droniste prestataire. « De la cartographie, poursuit Julie Coulerot, Agro Conseil en fait depuis 2007, mais nous opérions auparavant à pied, ce qui prenait du temps. Nous voulions atténuer l'effet de subjectivité induit par le fait qu'un relevé était fait par des personnes différentes, lisser les éventuelles différences de perception et, finalement, objectiver les résultats obtenus. »
Superposer physique et chimie des sols
La solution cartographique proposée par ces deux entreprises permet de superposer les aspects chimiques et physiques d'une parcelle dans une seule et même cartographie. Cela peut s'avérer très utile dans des logiques de modulation des apports de fumure de fond (l'incorporation d’éléments nutritifs dans le sol avant ou pendant l’ensemencement d’une culture, qui vise à garantir que les nutriments essentiels soient disponibles pour les plantes dès les premiers stades de leur développement.) Cela peut aussi servir à faire de la modulation de semis. « Nous voulons sensibiliser les agriculteurs, explique Julie Coulerot, au fait qu'ils disposent maintenant de matériels équipés de dispositifs permettant de moduler leurs apports de manière précise. Nous leur permettons de valoriser plus fortement la technologie de ces outils et nous transposons notre savoir-faire en adéquation avec ce contexte technologique. » L'agriculteur peut ainsi pousser plus loin une logique de modulation de ses apports et ajuster chaque élément aux besoins des zones prises en compte à partir des cartes fournies. « Avec notre dispositif, précise Thomas Lallouette, nous sortons des cartes de zonage qui « collent » beaucoup plus à la réalité du terrain. » L'agriculteur qui fait appel à ce service de cartographie peut ensuite décider d'exploiter seul ses cartes, ou de faire appel à un conseiller. L'objectif étant d'enrichir la réflexion sur les semis ou leur fertilisation. « En Côte-d'Or, conclut Thomas Lallouette, dans le Châtillonnais, avec des terres très soumises aux aléas climatiques, travailler à des solutions pérennes et de fond peut être très intéressant. Ce qu'on propose le permet. »
www.geocatalyst.fr
www.agro-conseil.fr