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Chambre d'agriculture

Haie, on en parle ?

Les membres de la session de Chambre d'agriculture de Côte-d'Or se sont réunis autour de la thématique de la gestion des haies et des bordures de bois.

Par AG
Haie, on en parle ?
Le 27 février, à la salle de Francheville.

C'était une attente de l'ensemble des partenaires, membres de la Chambre d'agriculture, qu'ils soient exploitants en élevage ou en cultures, sans oublier les propriétaires fonciers forestiers. Se « poser » et faire intervenir des spécialistes de la gestion des haies et des bordures de bois a été permis lors de la session de vendredi dernier. « De précieux éclaircissements techniques et réglementaires ont été proposés à cette occasion », retrace le président Jacques de Loisy, avant de dresser le constat suivant : « cela n'échappe à personne : le climat change, les pluies abondantes des deux dernières années n'ont pas permis d'assurer toutes les interventions nécessaires en termes de broyages alors que la pousse, elle, est importante. À côté de cela, la réglementation Pac n'a pas évolué et on se retrouve devant des impasses, des tensions sur le terrain ». Se retrouver avec un arbre ou des branches dans sa parcelle ne fait jamais plaisir. C'est bien aux propriétaires forestiers d'entretenir leurs biens, mais force est de constater que cette tâche n'est pas toujours réalisée. Le « dialogue » doit être privilégié, si tant est que le propriétaire soit connu et habite la région… Bien souvent, pour ne pas dire toujours, ce sont les agriculteurs qui interviennent eux-mêmes, dans la limite du possible car la réglementation s'est particulièrement durcie depuis 2015. Plusieurs personnes dans la salle ont demandé le retour de l'ancienne réglementation, avec 15 jours de possibilité de broyage au printemps et autant en été. Les champs de colza sont notamment problématiques, avec des semis début août et un broyage autorisé qu'à partir du 15… « La bonne nouvelle vient de la préfecture, qui va prendre la main dès cette année dans les dates de broyage. Nous devrions assister à des choses plus cohérentes, qui prendront en compte les spécificités de notre territoire. Les démarches devraient être aussi beaucoup plus rapides », se satisfait Jacques de Loisy, qui donnait rendez-vous aux membres du bureau de la Chambre d'agriculture pour une nouvelle réunion ce lundi 9 mars : « la session nous a permis de nous approprier le sujet, nous allons désormais dresser des constatations plus locales ».

Mots syndicaux

Thomas Cotiby, le nouveau président des JA de Côte-d'Or, a relayé la demande syndicale portant sur les dates d'interdiction d'entretien des haies et des bosquets : « Les pluies des dernières semaines ont empêché toute intervention, il est illusoire de croire que l'entretien pourra être réalisé avant le 15 mars comme c'est écrit dans la réglementation. Nous demandons au Préfet une dérogation, une rallonge de deux semaines. Nous n'avons pas attendu cette session pour le formuler, nous attendons une réponse ». L'éleveur de Villy-en-Auxois attend également un « signe » de la DDPP, concernant la demande de revalorisation des bêtes abattues dans le protocole « tub » : « le directeur de la DDPP n'est pas présent aujourd'hui, une fois de plus ! C'est un avis partagé par plusieurs d'entre nous : nous avons l'impression que ça l'embête de venir à des réunions agricoles. Nous n'avons aucun retour à ce jour. S'il faut y aller, nous irons à la DGAL à Paris ». Concernant les différents exposés du jour, Thomas Cotiby retient notamment un élément chiffré : « vingt-cinq personnes sont payées pour observer et compter les petits oiseaux dans la nature… Oui, 25 ! Je pense que ces personnes seraient plus utiles si elles allaient piéger les blaireaux dans les zones tub ». Cette même session a permis d'apprendre que plusieurs JA du canton d'Aignay-Baigneux allaient suivre cette semaine une formation de piégeage à la fédération des chasseurs. Une information confirmée par Hugo Perroquin, le président cantonal : « Nous voulons prendre le taureau par les cornes, en espérant une avancée plus rapide de cette problématique. À la suite de cette formation, les participants seront agréés et pourront faire le nécessaire ! ».