Filière lait
La Commission européenne présente de nouvelles mesures pour le lait
La Commission a présenté aux ministres de l’agriculture de l’UE son 2ème plan de soutien qui consacre 150 millions d’euros à des incitations à la réduction volontaire de la production.
Bruxelles a fait un geste. Lundi 18 juillet, le commissaire à l’agriculture Phil Hogan a présenté un nouveau plan de soutien lors du conseil des ministres de l’agriculture. Environ 150 millions d’euros seront consacrés au secteur laitier pour tenter de réguler la production. Mais ce plan consacre aussi 350 millions d’euros (49,9 millions pour la France) à des enveloppes nationales devant permettre aux États membres de renforcer ce dispositif ou de prendre des mesures pour les autres secteurs de l’élevage. Avec un éventuel cofinancement national pouvant aller jusqu’à 100 %. À cela s’ajoutent la possibilité de découpler en 2017 le paiement à la production de lait, l’extension de l’intervention publique et de l’aide au stockage privé de la poudre de lait jusqu’à la fin février 2017, la fixation à 70 % des avances sur les paiements directs au 16 octobre et le relèvement des prix de retrait des fruits et légumes.
Ces mesures étaient attendues
Bruxelles devrait aussi améliorer les dispositions actuelles de l’article 222 entré en vigueur mi-avril (dérogation temporaire aux règles de la concurrence permettant aux organisations de producteurs et aux coopératives de s’entendre sur la gestion de l’offre) qui n’ont pas vraiment fonctionné faute de crédits européens. La gestion du dispositif devrait néanmoins toujours être laissée aux États membres qui disposeraient d’enveloppes nationales. Une partie de ces fonds pourraient également être utilisés comme aides à la trésorerie.
Lors de la dernière réunion du comité spécial agriculture (CSA), le 6 juillet, certaines délégations (Irlande, Danemark, Suède) ont exprimé des réticences à l’idée de contrôler l’offre de lait. Et de nombreuses délégations ont réclamé une certaine souplesse au niveau des États membres pour tenir compte des spécificités nationales. Ces pays sont, sans surprise, ceux qui augmentent le plus actuellement leur production laitière.
Prix du lait toujours au plus bas
En attendant, les prix du lait restent toujours extrêmement bas. Quelque «257, 270, 275 euros/1000 l pour les laiteries les plus généreuses», annonçaient les Jeunes agriculteurs (JA) et les FDSEA de la Sarthe et de la Mayenne dans un appel à la mobilisation du 7 juillet. Deux jours plus tôt, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) évoquait 260 euros/1000 l en juillet, «véritable hold-up» pour les producteurs. «Les prix sont beaucoup plus bas qu’il y a six mois, expliquait Étienne Fourmont, responsable lait à la section Jeunes agriculteurs de la Sarthe, le 12 juillet. «Notre coût de production tourne autour de 380 euros les 1000 litres, alors que les laiteries nous ont annoncé 255,260 euros la tonne pour Lactalis, Sodiaal autour de 265 euros, Bel 270 euros, soit plus de 100 euros au-dessous de notre coût de production», le 12 juillet. «Le risque, c’est d’avoir ce prix-là jusqu’à la fin de l’année», analyse Thierry Roquefeuil, président de la FNPL. Il rappelle que les stocks de poudre de lait mis à l’intervention vont bientôt revenir sur le marché. «J’imagine que l’on a quand même atteint un point bas. Par contre, avant que cela ne remonte, il va y avoir un moment !», pronostique Jehan Moreau, directeur de la Fédération nationale des industries laitières (Fnil). André Bonnard, vice-président de la FNPL, se veut plus positif. «Les cours remontent sur la poudre grasse, mais ils n’influencent pas encore les autres poudres. Il nous faut un prix qui dise aux opérateurs que les cours vont changer.»
«C’est sûr, il va y avoir des mobilisations dans les semaines à venir», affirmait Étienne Fourmont, le 12 juillet, au lendemain d’une action devant l’entreprise Yoplait au Mans. La veille, il restait quelque peu interrogatif quant à la mobilisation des éleveurs. Mais plus d’une centaine d’entre eux se sont déplacés. «Il devrait y avoir une action supplémentaire dans une quinzaine de jours, dans la Mayenne», continue-t-il.
Ces mesures étaient attendues
Bruxelles devrait aussi améliorer les dispositions actuelles de l’article 222 entré en vigueur mi-avril (dérogation temporaire aux règles de la concurrence permettant aux organisations de producteurs et aux coopératives de s’entendre sur la gestion de l’offre) qui n’ont pas vraiment fonctionné faute de crédits européens. La gestion du dispositif devrait néanmoins toujours être laissée aux États membres qui disposeraient d’enveloppes nationales. Une partie de ces fonds pourraient également être utilisés comme aides à la trésorerie.
Lors de la dernière réunion du comité spécial agriculture (CSA), le 6 juillet, certaines délégations (Irlande, Danemark, Suède) ont exprimé des réticences à l’idée de contrôler l’offre de lait. Et de nombreuses délégations ont réclamé une certaine souplesse au niveau des États membres pour tenir compte des spécificités nationales. Ces pays sont, sans surprise, ceux qui augmentent le plus actuellement leur production laitière.
Prix du lait toujours au plus bas
En attendant, les prix du lait restent toujours extrêmement bas. Quelque «257, 270, 275 euros/1000 l pour les laiteries les plus généreuses», annonçaient les Jeunes agriculteurs (JA) et les FDSEA de la Sarthe et de la Mayenne dans un appel à la mobilisation du 7 juillet. Deux jours plus tôt, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) évoquait 260 euros/1000 l en juillet, «véritable hold-up» pour les producteurs. «Les prix sont beaucoup plus bas qu’il y a six mois, expliquait Étienne Fourmont, responsable lait à la section Jeunes agriculteurs de la Sarthe, le 12 juillet. «Notre coût de production tourne autour de 380 euros les 1000 litres, alors que les laiteries nous ont annoncé 255,260 euros la tonne pour Lactalis, Sodiaal autour de 265 euros, Bel 270 euros, soit plus de 100 euros au-dessous de notre coût de production», le 12 juillet. «Le risque, c’est d’avoir ce prix-là jusqu’à la fin de l’année», analyse Thierry Roquefeuil, président de la FNPL. Il rappelle que les stocks de poudre de lait mis à l’intervention vont bientôt revenir sur le marché. «J’imagine que l’on a quand même atteint un point bas. Par contre, avant que cela ne remonte, il va y avoir un moment !», pronostique Jehan Moreau, directeur de la Fédération nationale des industries laitières (Fnil). André Bonnard, vice-président de la FNPL, se veut plus positif. «Les cours remontent sur la poudre grasse, mais ils n’influencent pas encore les autres poudres. Il nous faut un prix qui dise aux opérateurs que les cours vont changer.»
«C’est sûr, il va y avoir des mobilisations dans les semaines à venir», affirmait Étienne Fourmont, le 12 juillet, au lendemain d’une action devant l’entreprise Yoplait au Mans. La veille, il restait quelque peu interrogatif quant à la mobilisation des éleveurs. Mais plus d’une centaine d’entre eux se sont déplacés. «Il devrait y avoir une action supplémentaire dans une quinzaine de jours, dans la Mayenne», continue-t-il.
La profession réagit
FNB Pas de «saupoudrage»
«Les éleveurs ne supporteront plus aucune mesure de saupoudrage», s’exclame la Fédération nationale bovine, dans un communiqué du 19 juillet, au lendemain de l’annonce de Bruxelles. Le syndicat demande donc une utilisation de l’enveloppe afin d’obtenir «un redressement rapide des cours pour les producteurs». «La régulation et la structuration qualitative du marché de la viande bovine sont dans ce sens, des priorités», précise bien le syndicat qui affirme pouvoir «faire des propositions» dans ce sens «au ministre de l’Agriculture dès cette semaine». Pour la FNB, «il y a urgence, sans quoi, les défaillances financières des producteurs de viande bovine éclateront fatalement au grand jour à la rentrée de septembre».
FNPL Doubler l’enveloppe de l’UE par un cofinancement national
L’enveloppe «d’un montant de près de 50M€» attribuée par Bruxelles à la France pour soutenir la filière laitière «doit être doublée par un cofinancement national pour les éleveurs», demande la Fédération des producteurs de lait (FNPL), dans un communiqué du 19 juillet. Le syndicat précise que «cette option est ouverte, les Pouvoirs publics français doivent l’appliquer». Comme pour l’enveloppe européenne, «l’utilisation de cette enveloppe nationale doit être ciblée pour aider les éleveurs laitiers ayant des problèmes aigus de trésorerie et ayant stabilisé ou réduit leur production», souligne le syndicat qui prône l’«utilisation efficiente de cette nouvelle enveloppe». La FNPL demande donc que «les 150M€ dédiés au niveau européen à un soutien individuel à la réduction de production de lait» soient «réservés aux seules coopératives et organisations de producteurs dont la production globale est stabilisée ou en réduction».
APCA «Un budget dérisoire»
Le budget de 500M€, alloué par Bruxelles le 18 juillet pour son plan de soutien à la filière laitière, «est dérisoire au vu de l’ampleur économique et sociale de la crise», souligne l’Assemblée permanente des chambre d’agriculture (APCA), le 19 juillet dans un communiqué. Elle craint «l’inefficacité de ces mesures, basées sur le volontariat des États membres et qui laissent une place prépondérante aux transformateurs», surtout après une première injection de 500M€ en mars, «sans effet réel sur les prix et sur la production». Pour l’APCA, «les enveloppes nationales permettront seulement de prolonger les mesures de soutien déjà en place». Elle aurait souhaité des «mesures plus offensives de la part de la Commission européenne, et non un saupoudrage qui a des airs de déjà vu !»
«Les éleveurs ne supporteront plus aucune mesure de saupoudrage», s’exclame la Fédération nationale bovine, dans un communiqué du 19 juillet, au lendemain de l’annonce de Bruxelles. Le syndicat demande donc une utilisation de l’enveloppe afin d’obtenir «un redressement rapide des cours pour les producteurs». «La régulation et la structuration qualitative du marché de la viande bovine sont dans ce sens, des priorités», précise bien le syndicat qui affirme pouvoir «faire des propositions» dans ce sens «au ministre de l’Agriculture dès cette semaine». Pour la FNB, «il y a urgence, sans quoi, les défaillances financières des producteurs de viande bovine éclateront fatalement au grand jour à la rentrée de septembre».
FNPL Doubler l’enveloppe de l’UE par un cofinancement national
L’enveloppe «d’un montant de près de 50M€» attribuée par Bruxelles à la France pour soutenir la filière laitière «doit être doublée par un cofinancement national pour les éleveurs», demande la Fédération des producteurs de lait (FNPL), dans un communiqué du 19 juillet. Le syndicat précise que «cette option est ouverte, les Pouvoirs publics français doivent l’appliquer». Comme pour l’enveloppe européenne, «l’utilisation de cette enveloppe nationale doit être ciblée pour aider les éleveurs laitiers ayant des problèmes aigus de trésorerie et ayant stabilisé ou réduit leur production», souligne le syndicat qui prône l’«utilisation efficiente de cette nouvelle enveloppe». La FNPL demande donc que «les 150M€ dédiés au niveau européen à un soutien individuel à la réduction de production de lait» soient «réservés aux seules coopératives et organisations de producteurs dont la production globale est stabilisée ou en réduction».
APCA «Un budget dérisoire»
Le budget de 500M€, alloué par Bruxelles le 18 juillet pour son plan de soutien à la filière laitière, «est dérisoire au vu de l’ampleur économique et sociale de la crise», souligne l’Assemblée permanente des chambre d’agriculture (APCA), le 19 juillet dans un communiqué. Elle craint «l’inefficacité de ces mesures, basées sur le volontariat des États membres et qui laissent une place prépondérante aux transformateurs», surtout après une première injection de 500M€ en mars, «sans effet réel sur les prix et sur la production». Pour l’APCA, «les enveloppes nationales permettront seulement de prolonger les mesures de soutien déjà en place». Elle aurait souhaité des «mesures plus offensives de la part de la Commission européenne, et non un saupoudrage qui a des airs de déjà vu !»