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Inauguration

L'espérance transcendée

Le 20 décembre marquait l'installation de la Pietà de l’Espérance en l'église Saint-Germain de Rouy. Un événement aux multiples résonances.

Par Chloé Monget
L'espérance transcendée
Isabeau Ferraro
La Pietà de l’Espérance avec Monseigneur Grégoire Drouot, Évêque de Nevers.

C'est en présence de Monseigneur Grégoire Drouot, Évêque de Nevers, que se déroula l'installation de la Pietà de l’Espérance en l'Église Saint-Germain de Rouy le 20 décembre. Il fut accompagné par les Pères Geoffroy Reveneau, Arockiasdoss Velangani, Stéphan, René Tchalagassou et les diacres, Michel Siramy, Alain Joliet et Joël Caniou. Dédiée au monde rural et agricole, la Pietà de l’Espérance est introduite par Monseigneur Drouot. « Voici l’Agneau vainqueur, avec Lui nous vivrons ». La procession, composée de nombreux agriculteurs ou éleveurs dont Denis Loisy (ancien exploitant), fut accueillie par une haie de tracteurs et un chant grégorien de la chorale Flos de Virga. L'artiste ayant façonné la sculpture d'argile, Anne-Alexandra Bacchetta-Patureau, était aussi présente et explique : « je l'ai confectionnée en 12 jours, en travaillant 20 heures par jour, un temps consacré à la méditation. Cela m'a transformée car j'ai l'impression d'avoir effleuré un mystère. Si j'ai modelé la matière, l'œuvre m'a modelée également ; difficile de retranscrire ça via des mots ».

Un serment moral

En gardant une certaine pudeur sur son expérience personnelle, elle précise sur son art : « je suis en recherche permanente de vérité spirituelle et je suis persuadée que chaque artiste a un devoir moral envers la société avec ses œuvres. Au-delà de la croyance religieuse, je pense que l'on peut parvenir à toucher au cœur le monde via une création et transmettre un message. Avec cette Pietà, il s'agissait de donner à voir et à ressentir l'espérance universelle ». Si dans l'iconographie classique la Pietà représente la Vierge avec le Christ mort, ici, Anne-Alexandra Bacchetta-Patureau brise ce code, avec la représentation d'une enfant tenant un agneau bien vivant – même si les stigmates de la passion sont visibles. D'autre part, l'artiste souligne avoir utilisé des eaux venant de Lourdes et de Paray-le-Monial – hauts lieux spirituels - pour réaliser son œuvre ; ancrant un peu plus son ouvrage dans une dévotion de l'espérance. L'inauguration de la Pietà de l’Espérance fut également l'occasion pour les Petits Chevaliers de prêter un serment : « Je promets d’avoir un cœur doux. Je promets d’aider ceux qui sont fragiles. Je promets de semer la paix autour de moi. Je promets de respecter et d’encourager les autres. Je promets de prier pour ceux qui souffrent. Je promets de marcher avec Marie-Enfant et de porter l’Amour de Jésus ». Pour Anne-Alexandra Bacchetta-Patureau, si l'engagement des Petits Chevaliers est un espoir indéniable porté par des enfants, elle souhaiterait voir instaurer un ordre, pour adultes cette fois, dédié à la Vierge. « Il implique une véritable promesse intérieure de se rendre disponible pour l'espérance » insiste-t-elle.

Allez encore plus loin

En attendant cette création, Anne-Alexandra Bacchetta-Patureau poursuit son propre engagement auprès du monde rural au travers de sa société VeritArs : « 50 % des recettes issues des ventes des produits dérivés de la Pietà de l’Espérance (livres, ex-voto, œuvres…) abonderont un fonds d'aide aux agriculteurs qui sera géré par divers organismes : le Diocèse de Nevers, la Mission rurale, la Chambre d'agriculture de la Nièvre ou encore l'association Solidarité Paysan ». Pour le moment, le site de commande en ligne est en cours de mise au point, mais les demandes peuvent être transmises à abarteadveritatem@gmail.com. Anne-Alexandra Bacchetta-Patureau poursuit : « le monde rural et le monde agricole traversent un moment critique et je pense qu'aujourd'hui l'unité de tous doit primer pour faire entendre ces voix. À mon sens, la politique oublie l'importance de la ruralité ou encore de l'agriculture, ainsi que des traditions qu'elles portent. Avec des territoires et une profession faite de nombreux sacrifices, il est temps qu'il y ait une véritable reconnaissance des valeurs sacrées qui les composent. Le pain en est un exemple : à la fois nourriture terrestre et symbole liturgique. Il est important de savoir dire merci ; ce qui manque cruellement aux politiques actuelles ». Elle conclut : « J'encourage tous ceux qui le souhaitent à aller voir la Pietà de l’Espérance car elle a beaucoup à donner – comme le monde rural et l'agriculture ».