Ne rien lâcher
Après le bilan d'activité de la section des anciens exploitants de la Nièvre (SDAE 58) présenté lors de leur assemblée générale du 20 février, le temps des questions diverses fut riche en discussions. Ainsi, les échanges débutèrent par des explications sur la parcelle de subsistance.
Hélène Blaud, présidente de la section nationale des anciens (SNAE) et présente pour l'occasion, explique : « le principe est de conserver quelques hectares pour préserver quelques droits à l'image de l'utilisation d'un tracteur. Mais, il faut faire attention à votre statut car lorsque l'on parle d'entraide ou de coup de main, il faut bien rester dans les clous. Si cela est régulier, il faudra changer votre statut notamment pour les assurances en cas d'accident et aussi car cela dépendra du droit du travail… ».
Les adhérents présents réagirent ensuite concernant les différents statuts possibles qui ne sont pas toujours mis en exergue lors de la constitution du dossier de retraite auprès de la MSA. Marie-Élisabeth Bidaut, conseillère MSA BFC, regrette alors « de ne pas avoir plus de participants à nos interventions collectives organisées par nos partenaires comme la Chambre d'agriculture de la Nièvre ». Hélène Blaud rebondit en s'adressant aux adhérents. « Vous avez encore une bonne raison de vous réunir avec la MSA pour obtenir des informations. Le contact doit être renouvelé et pérennisé ! D'ailleurs, attention au cumul emploi retraite, car les règles vont évoluer et devenir plus restrictives ». Cela étant, pour le calcul des retraites avec les 25 meilleures années, elle développe : « j'invite les actifs à réfléchir à la gestion de leur entreprise afin de préparer la retraite… En effet, il y a un véritable intérêt car aujourd'hui si l'on cotise de manière plus importante à sa retraite il y aura une incidence positive sur le montant de sa pension avec l'assurance de toujours avoir le minimum du 85 % ; les gains seront appréciables pour les nouveaux retraités mais à nuancer en fonction des situations de chacun ».
Calcul et intérêts
Puis, la question du calcul sur la base du Smic agricole fut abordée. Hélène Blaud martèle : « Nous revendiquons (SNAE et FNSEA) de faire disparaître le terme Smic agricole car il nous prive d'environ 10 euros par mois pour les retraites agricoles… pour les petites retraites c'est déjà énorme ». Elle détaille également : « Dans notre motion que nous voterons en mars lors de notre congrès pour la loi Chassaigne 3 ou Brugerolles, nous reparlons des 10 % de bonification pour enfant car pour le moment ils sont intégrés dans les 85 % du Smic pour le calcul de la retraite et non en plus des 85 %. Il faudra sûrement se battre pour obtenir gain de cause ». Elle continue : « il faut aussi parler du droit combiné des conjoints survivants, pour les actifs. Ce dispositif existe depuis longtemps mais est très peu connu ». La pension de réversion fut ensuite pointée avec une alerte sur son calcul qui dispose d'un plafond de ressources à ne pas dépasser (ressources intégrant notamment les résidences secondaires). Hélène Blaud fait une piqûre de rappel : « Cette pension de réversion est à retirer du plafond et cela fait partie d'un des éléments de combat dans le cadre de la motion. De plus, nous allons rencontrer les députés et les sénateurs pour défendre les retraites des conjoints collaborateurs qui n'ont pas pour l'instant d'avancée dans le cadre de la loi Brugerolles ».
Elle mit alors en lumière le pouvoir d'achat des anciens avec l'augmentation de la taxe sur les complémentaires santé responsable : « Nous allons désormais payer plus de 13 % sur nos contrats d'assurance complémentaire santé responsable. Bien évidemment la SNAE va essayer de faire modifier cela. Pour mémoire, si nos députés avaient entendu notre demande de rester sur le même taux que les agriculteurs, les sénateurs, eux, ont voté pour ! ». Philippe Rault remémore alors à l'assemblée que l'adhésion à la SDAE 58 permet « via la carte moisson octroyée par Groupama d'avoir une réduction sur les complémentaires et sur les assurances habitation ; allez voir votre conseiller » et ajoute : « Outre tous les sujets évoqués, il y a encore du travail à faire pour avoir une meilleure couverture médicale du territoire ou encore meilleure reconnaissance des aidants, etc. ». Hélène Blaud conclut : « Je n'ai aucun doute qu'il y aura du travail à faire au niveau syndical et ce à tous les niveaux. Ne lâchez rien ! ».
Interventions
Durant l'assemblée générale de la SDAE 58, Chantal Pelletier, présidente de la FDSEA 58, fut invitée à prendre la parole : « Cela était important pour moi d'être là aujourd'hui afin de vous remercier du travail effectué sur les retraites car nous ne nous en préoccupons pas assez nous actifs. Et, au vu de ce qui a été évoqué aujourd'hui, il est nécessaire que les actifs s'impliquent davantage ». De son côté, Stéphane Aurousseau, président de la commission statuts et conflits à la FNSEA, analyse : « Il y a une tension de la situation agricole un peu partout en France, à tous les niveaux, même si la Nièvre est un peu épargnée. Il faut participer à remettre de la sérénité dans les campagnes et écouter les générations précédentes ». Il poursuit sur ses missions liées à la ruralité, comme président de l'association « Groupe monde rural » : « Nous venons de sortir nos propositions pour la France rurale qui sera signée au SIA sur le stand de la FNSEA. Ce document s'adresse aux maires pour leur montrer quelques solutions, notamment en matière de logement ou encore d'urbanisme et qui prennent en compte les problématiques des agriculteurs ou des anciens ». Enfin, Didier Guyon, élu à la Chambre d'agriculture de la Nièvre pour les anciens, indiqua : « Je ferai tout mon possible pour porter votre voix au sein de la Chambre d’agriculture ».