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Morvan

L'école de production du Morvan s'installe dans le paysage

3 ans après sa création, l'École de production du Morvan, dans la Nièvre, investit pour améliorer ses locaux. Elle élargit aussi le champ des formations proposées. Découvrez-la à l'occasion de ses portes ouvertes le 13 juin.

Par Berty Robert
L'école de production du Morvan s'installe dans le paysage
Les nouveaux locaux actuellement en phase de finition et qui accueilleront les classes à la rentrée de septembre.

Sur une partie des 2 500 m2 du bâtiment occupé par l'École de production du Morvan (EDPM), l'activité normale des élèves se double d'un autre chantier : 400 m2 de bâtiments neufs sont en cours de construction. Ici, en septembre, ouvriront quatre salles de classe, les services administratifs s'installeront également, ainsi qu'une infirmerie, un réfectoire, des vestiaires. C'est la traduction visible de l'évolution de l'établissement, ouvert en 2023, à Biches, dans la Nièvre. Une évolution indispensable car, jusqu'à présent, les classes et les services administratifs sont hébergés dans des bungalows. Ces travaux représentent un investissement d'1 M d'euros, soutenu par des subventions du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, du Conseil départemental de la Nièvre, et de l'État. Ces nouveaux locaux signent aussi l'implantation dans le paysage de cette école, centrée sur les métiers du bois, que l'on pourra découvrir à l'occasion de portes ouvertes organisées le 13 juin. Le soutien des entreprises du bois nivernaises telles que Charlois, Bongard-Bazot, le groupe Ducerf, la scierie Petirenaud, en dit long sur l'espoir que soulève l'EDPM en matière d'amélioration du recrutement dans des métiers en forte tension.

« Faire pour apprendre »

L'école s'inscrit dans un mouvement pédagogique alternatif né à la fin du XIXe siècle dans la région lyonnaise, qui a connu un développement important ces vingt dernières années. Les Écoles de production reposent sur des structures associatives. Il s'agit d'établissements hors contrat mais reconnus par l'État, diplômant des niveaux CAP à Bac pro, et basés sur la pédagogie particulière du « faire pour apprendre ». « On part de la pratique pour aller vers la théorie » précise Emmanuel Bigot, président de l'Association pour la valorisation écosocioculturelle du Nivernais moulinois responsable (Avenir), porteuse du projet originel de cette école. Avenir a porté le projet initial et lorsqu'il s'est concrétisé, une seconde association (EDPM58-Institut Sallonnyer) a été montée spécifiquement. À l’issue d'une phase de projet entamée en 2021 et soutenue par la Communauté de communes Bazois Loire Morvan, l'école a accueilli ses premiers élèves en septembre 2024. Ils passent les deux tiers de leur temps dans l'atelier du site et travaillent sur des commandes clients. Ils ont entre 15 et 18 ans et l'EDPM apporte une possibilité de formation à des jeunes qui n'ont pas trouvé chaussure à leur pied dans tout ce que propose l'éducation nationale. Les premiers élèves accueillis s'apprêtent à passer leurs examens dans les jours qui viennent. Ils seront les premiers diplômés, et ambassadeurs, de l'EDPM. L'école peut accueillir des promotions comprises entre 8 et 12 élèves chaque année. La scolarité est gratuite. Il y a néanmoins des frais d'internat lorsque les élèves viennent de loin. L'école a un partenariat avec le lycée des métiers François Mitterrand de Château-Chinon, qui accueille dans son internat 8 des 11 élèves actuels. Mais sur ce point, les choses pourraient évoluer prochainement : le site de Biches devrait disposer de son propre internat situé dans un bâtiment disponible à proximité et qui dispose de 34 places. Le montage financier est en cours et si tout va bien, ce nouvel internat devrait être opérationnel à la rentrée de septembre.

Comme en entreprise

Parmi les évolutions à venir, l'école va aussi élargir ses cursus (voir encadré). L'EDPM, qui emploie 8 personnes, travaille en lien avec les professionnels du secteur du bois qui fournissent des commandes. Elle achète aussi ses propres bois. Ses productions vont du portique de balançoire aux miradors pour la chasse, ou encore du mobilier d'extérieur pour un lycée. Les élèves sont intégrés du début à la fin de chaque commande : ils prennent les commandes, établissent les devis, conçoivent les produits, les fabriquent. Autant de phases qui leur permettent d'être formés de manière concrète. Dans l'absolu ils peuvent tout faire et la vente des productions « maison » participe pour 30 % du budget de fonctionnement de l'école. L'EDPM dispose aussi de capacités de séchage de bois, héritées de l'ancienne scierie dont elle a repris les locaux et remises à neuf, grâce auxquelles elle peut vendre des prestations de séchage. « Nos élèves, conclut le directeur de l'école, Hervé Magnier, sont mis en situation de vie d'une entreprise, ce qui permet d'acquérir de nombreuses notions en français, mathématique, économie… Les enseignants de matières générales sont aussi formés aux pratiques professionnelles sur le travail du bois. » Théorie et pratique se trouvent ainsi liées au quotidien, pour les élèves comme pour les enseignants.

Une offre de formations élargie

En septembre prochain, l'EDPM va ouvrir des classes supplémentaires dont deux en bac pro Technicien de scierie et deux autres en usinage numérique. « C'est, entre autres, un moyen de préparer ces jeunes à l'arrivée de l'intelligence artificielle (IA) dans les métiers du bois, précise Emmanuel Bigot. On a l'ambition d'évoluer vers une filière d'excellence et de proposer, à terme, une école de la transformation du bois. » Un partenariat avec une entreprise majeure du secteur de l'usinage numérique, SCM, pourrait être mis en place très prochainement dans ce cadre. L'école ferait office de démonstrateur pour les matériels de l'entreprise et cela pourrait aussi permettre la mise en place de formations pour adultes.