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Enjeu

L’APCA créé un réseau national pour favoriser les PAT

Pour favoriser la multiplication des projets alimentaires territoriaux et ainsi développer l’agriculture locale, L’APCA vient de lancer, avec l’association Terres en villes, le «réseau national pour un projet alimentaire territorial co-construit et partagé».
Par D’après AGRA
Introduits dans la loi d’avenir agricole du 13 octobre 2014, les projets alimentaires territoriaux (PAT) mettent en relation les différents acteurs d’un territoire (collectivité, agriculteurs, acteurs de l’économie sociale et solidaire, chercheurs...) dans le but de développer des initiatives qui rapprochent la production et la consommation locales (approvisionnement local dans la restauration collective par exemple). Depuis leur création, 60 PAT ont déjà été recensés, cependant, les initiatives restent encore isolées.

L’APCA, Assemblée permanente des Chambres d’agriculture, a décidé de jouer le rôle de «rassembleur» et de contribuer à ce que ces initiatives soient réunies autour d’«un projet national commun». L’organisation des Chambres d’agriculture ambitionne de mettre en place un PAT par département d’ici la fin de l’année 2017 et le ministère de l’Agriculture, qui soutient l’APCA dans sa démarche, espère en compter 500 à l’horizon 2020.

Faire rencontrer l’offre et la demande alimentaires
Mobilisant des fonds privés des partenaires potentiels et des fonds publics (crédits du Feader, des collectivités ou du ministère de l’Agriculture, via le Programme national pour l’alimentation), les PAT suivent une procédure précise. D’abord, l’établissement d’un «diagnostic de territoire» souvent réalisé par des universitaires qui permet de croiser la demande alimentaire sur un territoire défini avec l’offre alimentaire sur ce même territoire (producteurs locaux, commerce de proximité, marchés, acteurs de la transformation...) et d’étudier si l’offre rencontre la demande. Dans un second temps, différents scénarios peuvent être élaborés ainsi que des leviers d’action.

Le meilleur scenario pour la relocalisation de l’alimentation est ensuite sélectionné par tous les acteurs du territoire parties prenantes au PAT.

Diversité des acteurs et des politiques publiques
Une soixantaine de PAT en cours ont déjà été recensés en France: drive fermier, approvisionnement local des cantines scolaires, des restaurants d’entreprises ou même des festivals culturels, projets d’agriculture urbaine...

L’atout de ces projets, comme leur grande difficulté, témoignent les précurseurs des PAT, réside dans la diversité des acteurs et des politiques qui interagissent: agriculture, aménagement du territoire, environnement, santé, urbanisme, social, emploi. Car les PAT, à travers leur démarche de relocalisation de l’alimentation, doivent relancer la production agricole d’un bassin de vie, tout en créant de l’activité économique et de l’emploi.

Les PAT s’appuient aujourd’hui majoritairement sur des systèmes de circuits courts/vente directe. Mais l’APCA veut aller plus loin: intégrer la transformation et les grandes surfaces dans les PAT.

Le but étant d’ancrer toute la chaîne alimentaire sur le territoire, quitte à mettre en place à l’échelle locale les outils nécessaires (abattoir, chaîne de découpe et transformation. Avec comme ambition un meilleur aménagement du territoire et la possibilité pour les agriculteurs de récupérer des parts de marché.