L'anniversaire du président
Jacques de Loisy évoque sa première année à la présidence de la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or.
Il y a un an jour pour jour, le 20 février 2025, Jacques de Loisy était élu président de la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or. L'occasion était toute trouvée pour dresser un bilan intermédiaire de sa mandature. Tout d'abord, est-ce un anniversaire « joyeux » ? « Oui, évidemment ! Nous n'avons pas le droit de nous plaindre quand on est élu par ses pairs », répond l'intéressé. Qu'en est-il de la mission exercée ? « Elle est aussi dense que je l'avais imaginée. Faire avancer l'agriculture du département demande beaucoup de travail à toute l'équipe, les attentes sont très fortes sur le terrain ». Demandons désormais à Jacques de Loisy sa plus belle satisfaction puis, à l'inverse sa plus grande déception après un an d'exercice : « côté positif, je cite sans hésitation le sujet de l'eau. Celui-ci est reconnu par nos dirigeants. Le manifeste sur l'eau a été validé en session de Chambre en présence du Préfet. Les dossiers en lien avec l'eau sont au-dessus de la pile, ce qui laisse augurer de très belles choses. Quoiqu'il advienne, je ne céderai pas un centimètre de terrain sur le sujet. À chaque fois que l’administration participe à nos réunions, je lui rappelle la loi d'orientation agricole du 24 mars 2025 : celle-ci reconnaît l'agriculture comme intérêt général majeur ». En ce qui concerne les déceptions, le responsable professionnel refuse de n'en citer qu'un : « il y en a deux principaux à mes yeux : la crise économique céréalière et la résurgence de la tuberculose. Pour cette dernière, nous avons à ce jour deux foyers avérés et nous pouvons malheureusement en craindre davantage. Une forte réaction des Pouvoirs Publics sur la problématique des blaireaux est obligatoire ».
Et maintenant ?
Tournons-nous désormais vers l'avenir : quels seront les principaux objectifs de la seconde année de mandature ? « Redresser l'économie des exploitations », répond le président de la Chambre, « même si nous n'avons pas la main sur tout, nous pouvons débloquer un certain nombre de leviers pour permettre aux agriculteurs de se consacrer davantage à l'acte de production, plutôt que de perdre du temps sur d'autres actions non rémunératrices. Moins de charges, moins de contraintes tireront les revenus vers le haut ». Jacques de Loisy enchaîne sur la Pac : « les négociations vont s'accélérer : l'État et les élus ne doivent pas oublier que la Côte-d’Or est en zone intermédiaire, le 21 a déjà été le grand perdant des trois dernières réformes. Il est grand temps qu'il y ait un rééquilibrage digne de ce nom. L'ancien ministre de l'Agriculture Julien Denormandie avait été le premier à reconnaître nos zones, avec la mise en place d'une MAEC au pied levé. L'essai doit être transformé avec un vrai rééquilibrage ». Jacques de Loisy rappelle que d'autres régions de France et d'Europe « ont des accompagnements bien plus élevés que ceux de la Côte-d'Or » : « il nous faut 150 à 200 euros/ha minimum de revalorisation. Ces aides à l'hectare, ce ne sont pas que des euros par hectare ou des euros par exploitation : ils représentent de la compétitivité sur chaque tonne de blé ou sur chaque kilogramme de viande. Quand une exploitation en Côte-d'Or a 150 euros de moins qu'une autre ferme de France ou d'Europe, par hectare et par an, cela représente une perte de compétitivité de 25 euros/t si l'on se base sur un rendement de 6 t/ha de blé. Pour les éleveurs, cela représente 30 centimes par kilogramme de viande ». Le Côte-d'orien ajoute un dernier mot, sur l'Ukraine : « si ce pays entre dans l'Union européenne dans deux ans, à budget constant de la Pac, la situation ne sera pas tenable. Je ne vous cache pas mes craintes sur ce sujet ».