À chacun ses bêtes
Petit tour aujourd'hui sur la ferme de Jérôme Millanvoye et Anne Grégeois, à Arconcey. Ce couple travaille ensemble depuis quinze ans et nous parle de ses productions.
Les vaches, c'est lui. Les poulets et les chevaux, c'est elle. Chez Jérôme Millanvoye et Anne Grégeois, chacun a ses ateliers. C'est d'ailleurs ce que nous avons remarqué en débarquant chez eux à l'improviste, il y a quelques jours, à Arconcey. Bien que très occupés à réaliser leurs tâches quotidiennes, ces deux éleveurs ont pris le temps de nous recevoir pour nous présenter leur ferme. Le seul cas de figure où l'un des deux « empiète » sur le territoire de l'autre est le vide sanitaire du poulailler. « L'aide de Jérôme est vraiment la bienvenue à ce moment-là, car il y a beaucoup de travail ! », confie Anne Grégeois. C'est d'ailleurs grâce à ce bâtiment d'élevage que la Côte-d'orienne avait rejoint son compagnon sur la ferme, en 2010. Quel bilan dresser de cet atelier après 15 années d'exercice, aussi bien sur le plan technique que financier ? « Écoutez, tout est très positif », répond l'éleveuse, « à l'exception du vide sanitaire que nous venons d'évoquer et qui est exigeant, ce poulailler qui accueille en moyenne sept lots de 26 000 poulets par an ne nécessite pas beaucoup de main-d’œuvre. Il faut être très présents et attentifs quand les poussins arrivent, mais plus les animaux grandissent, moins il y a à intervenir. Nous travaillons avec du vivant : il y a toujours des problèmes mais nous n'en avons jamais eu d'importants, tout se règle. Sur le plan économique, c'est une satisfaction là aussi. Les prévisions annonçaient un revenu à hauteur du smic mais nous sommes finalement autour des 2 000 euros mensuels ».
Arrivée des équins
Anne Grégeois, de par son temps libre, a créé une ferme équestre en 2019. Celle-ci propose différentes activités auprès des enfants et des adultes, débutants comme confirmés. La pension est aussi possible, avec la mise à disposition de belles installations conçues pour respecter tous les besoins des chevaux et de leurs propriétaires. Un site internet apporte toutes les informations nécessaires sur ce sujet (www.ferme-equestre-de-juilly.fr). Une exploitation agricole, c'est aussi du travail administratif ! Là, les deux associés se complètent : « Les papiers courants, c'est Anne. Les documents Pac et compagnie, c'est moi ! », lance Jérôme Millanvoye, qui s'occupe également des grandes cultures sur l'exploitation. Pour cette dernière production, l'agriculteur craint-il la hausse du prix des engrais ? « Non, pas du tout », répond l'intéressé, en nous indiquant que sa ferme a pris le chemin de l'agriculture biologique en 2016. « Il n'y a donc pas le moindre engrais. Le seul hic, et non des moindres, comme tout le monde, est le prix des carburants. La dernière livraison était à 0,75 euro/l. La prochaine sera une douche froide, assurément ! ». Au fait, qu'en est-il du gaz utilisé pour le poulailler ? « Nous n'avons pas encore d'informations sur le sujet, mais nous sommes en intégration avec LDC. Normalement, l'augmentation sera pondérée », répondent les deux éleveurs. Pour être complets sur les énergies, nous abordons l’électricité. Dans ce secteur, le Gaec Millanvoye vise une grande autonomie avec des panneaux photovoltaïques : « nous vendons de l'électricité et nous en autoconsommons. Nous allons prochainement nous lancer dans une étude pour acquérir un pack de batteries, pour utiliser l'énergie même quand il ne fait pas soleil. Aucun devis n'a été encore réalisé, nous sommes seulement au début de la réflexion ».