Le train de la Pac, c'est maintenant
Le président de la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or invite les producteurs céréaliers à porter haut la voix des zones intermédiaires lors du prochain congrès de l'AGPB.
Mardi 26 et mercredi 27 mai à Nancy se tient le congrès de l'Association générale des producteurs de blé (AGPB). Jacques de Loisy, administrateur, appelle les Côte-d'oriens à se mobiliser et à faire le déplacement pour ce rendez-vous très important, dans le but de défendre l'intérêt des zones intermédiaires : « La Ministre de l'Agriculture sera là mardi après-midi, nos revendications doivent être rappelées à cette occasion par le plus grand nombre d'entre nous. Il faut un mouvement collectif pour prendre le train de la Pac. Dans un an, il sera trop tard ». L'élu de Côte-d'Or rappelle qu'un rééquilibrage des aides est nécessaire en faveur de ces zones à faibles potentiels : « cela peut se faire à travers une ICHN végétale et/ou une aide couplée. Le mécanisme actuel des MAEC est trop compliqué à gérer pour nombre d'agriculteurs. L'ICHN se ferait via les zones défavorisées simples. Concernant l'aide couplée végétale, celle-ci serait tout à fait légitime alors que nous enregistrons des baisses de production, de prix et de revenus sur trois années consécutives. L'État français mais aussi la Région doivent se saisir sérieusement du sujet ». Le président de la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or ajoute qu'« il est important de se mobiliser en temps de crise céréalière et de réforme de la Pac. Nancy est à trois heures de Dijon, nous pouvons prendre l'autoroute à Til-Châtel. Il sera possible de rentrer tôt le mercredi matin pour celles et ceux qui ont des impératifs ! ».
Une enveloppe complémentaire
Jacques de Loisy voit plutôt d'un bon œil l'enveloppe complémentaire de 40 millions d’euros annoncée il y a quelques jours par le ministère de l'Agriculture en faveur des zones intermédiaires et de l’agriculture biologique : « c'est une bonne idée d'utiliser le reliquat de fonds européens. Encore faut-il que le gouvernement flèche le niveau de cofinancement français de cette enveloppe car, au moment où je vous parle, rien n'est mentionné nulle part. Et il faudra bien veiller à ce que le plus grand nombre d'exploitations puissent rentrer dans les critères d'éligibilité ».
« Donner les moyens de produire »
Jacques de Loisy nous invite à citer Éric Thirouin, le président de l'AGPB, qui a publié les lignes suivantes sur internet : « La France possède des céréaliers engagés, des savoir-faire reconnus, des territoires productifs et une agriculture capable de relever les défis alimentaires, économiques et environnementaux de demain. À condition de lui en donner les moyens. Cela suppose des choix politiques clairs, des règles équitables face à la concurrence internationale, une véritable ambition et une vision pour notre souveraineté alimentaire comme une force stratégique à préserver. C’est pour cela qu’avec AGPB - Céréaliers de France nous avons choisi de prendre la parole : non pas pour demander des privilèges, mais pour simplement obtenir les conditions pour continuer à produire, investir, transmettre et préparer l’avenir. Si nous ne le faisons pas ensemble, ce problème ne sera plus celui des agriculteurs. Il sera le vôtre, celui de tous les Français. Ce jour-là, un mot suffira à résumer notre échec collectif : faim ».