Une alliance renforcée pour du blé dur « régénératif »
Le pastier français Panzani et la coopérative Axéréal (présente dans la Nièvre) ont réaffirmé, dans le Loiret, leur volonté commune de valoriser le blé dur français dans une optique d'agriculture régénérative.
C’est sur l’exploitation de Cédric Pécheux, 200 hectares à Trinay dans le Loiret, au nord d'Orléans, que l’annonce a été récemment faite. Les plus jeunes ont pu admirer ces camions Panzani qui accompagneront le Tour de France. Les dirigeants des deux entreprises partenaires souhaitaient de leur côté mettre l’accent sur le lien qui unit les 11 000 coopérateurs d’Axéréal (coopérative qui compte des adhérents dans la Nièvre) à l’entreprise Panzani, créée en 1946 (la marque en 1950) et qui achète chaque année 470 000 tonnes de blé dur, soit 30 à 40 % de la production nationale. Depuis 2019, Panzani s’est engagé à utiliser exclusivement du blé dur français pour les pâtes sèches. Elle joue ainsi un rôle déterminant dans l’accompagnement et l’entraînement de l’amont agricole. Le nouvel engagement s’appuie sur deux démarches complémentaires : le cahier des charges « Blé Responsable Français » pour Panzani et le programme « CultivUp Régénératif » pour Axéréal.
Répondre à des attentes sociétales
Pour Thierry Blondel, directeur général d’Axéréal, « ce partenariat avec Panzani répond à des attentes sociétales. Une agriculture bas carbone, durable, capable d’affronter les enjeux climatiques grâce à des pratiques agronomiques aux standards plus élevés et dont l’efficacité peut être prouvée scientifiquement ». Cécile Renault, responsable qualité et RSE chez Panzani, a rappelé le rôle central de la filière agricole pour le premier pastier français : « le blé responsable français repose sur trois piliers : une production de blé dur 100 % française, des actions pour la biodiversité comme des nichoirs ou des bandes fleuries, et enfin un soutien aux agriculteurs de l’ordre de 12 euros la tonne ». Associées au programme CultivUp Régénératif (lire encadré) les deux entreprises vont produire du blé dur sous label « bas carbone » et lancer une démarche vertueuse de plus en plus demandée par les consommateurs. Chez Cédric Pécheux, le blé dur est une production historique. Une culture qui alterne avec des betteraves, des pommes de terre et du colza. « Comme culture intermédiaire, je mets de la moutarde, des légumineuses et des féveroles. Cela permet de stocker le carbone dans le sol et de mieux piéger l’azote », a-t-il expliqué. « Je ne les ramasse pas, je les laisse au sol, cela favorise aussi les vers de terre », a-t-il ajouté précisant attendre début juillet une bonne récolte de blé dur, avec toutefois l’inquiétude des effets des coups de chaud de fin de printemps et du début de l’été.
Blé dur français
Pour Charles Neron-Bancel, directeur des achats chez Panzani, « ces programmes sont indispensables, les consommateurs recherchent de la qualité et une agriculture plus vertueuse ». Le logo « blé dur français » sur le paquet de pâtes est un atout pour Panzani. Les Français consomment 8 kg de pâtes par an et par habitant. À comparer aux 20 kg des Italiens. 35 % sont produites par des pastiers français. Ce qui signifie que 65 % des pâtes sont toujours importées. L’origine France devient un critère d’achat et tire la consommation. Parmi les défis de la filière blé dur celui du recul de la production. Si celle-ci est stable en 2026 les surfaces cultivées ont chuté du tiers en quinze ans, passant de 300 000 à 200 000 hectares. La production suit la même courbe, deux millions de tonnes il y a dix ans, contre 1,2 million de tonnes en 2025. Le plan de souveraineté lancé en 2024 ainsi que ces démarches d’agriculture régénérative pourraient participer au rebond de la production.
CultivUp Régénératif
D’ores et déjà, 1 600 adhérents d’Axéréal sont engagés dans la démarche CultivUp Régénératif, dont le cahier des charges est le suivant : 80 % de couverture des sols ; allongement des rotations ; réduction du labour profond ; amélioration de la santé des sols grâce à une baisse de l’azote.