Dans l'écurie d'Éole
Nous avons rendu visite à Thomas de Boulard, agriculteur à Bessey-en-Chaume et président des JA de Bligny-sur-Ouche.
Du côté de Bligny, la crainte de passer un été entier à abreuver et affourager les bêtes est dans tous les esprits. Thomas de Boulard ne dira pas le contraire, lui qui est à la tête de l'équipe cantonale JA depuis cet hiver : « C'est la galère dans le secteur à chaque année de sécheresse. Ces aléas engendrent énormément de travail, d'énergie et d'argent dépensés. Les collègues sont forcément inquiets ». Cet homme originaire de la Meuse n'a toutefois pas les mêmes contraintes que ses homologues car aucun bovin n'est présent sur la ferme qu'il gère avec Ludivine sa compagne et Sylvie Gadrey, sa belle-mère. « Chez nous, les animaux, ce sont des poules pondeuses et des chevaux en pension. L'adaptation est différente », présente Thomas de Boulard, que nous avons questionné sur ces deux ateliers.
Une écurie de propriétaires
Parlons des chevaux, pour commencer. Le Côte-d'orien s'est lancé dans une écurie de propriétaires depuis les années covid. Environ 25 chevaux sont en pension chez lui : « Ludivine a toujours eu un petite faible pour les équins, cela a aidé ! Nous avons des box, des selleries, une carrière, des paddocks, des prairies et même un club-house pour les bons moments. Bref, tout ce qu'il faut pour prendre soin des chevaux qui sont des selles français dans la grande majorité ». Les propriétaires habitent Beaune mais pas seulement, comme le décrit l'agriculteur : « il y en a pas mal aussi de la vallée de l'Ouche et même d'un peu plus loin. Nous sommes dans une région où il y a beaucoup de chevaux, c'est un avantage pour nous. Si cela avait été dans mon département d'origine, cette activité aurait été moins pertinente et beaucoup plus difficile à mettre en place, car il y a moins d'équins ». Différents types de pensions sont proposées. Les propriétaires, eux, viennent quand ils le souhaitent : « certains font le déplacement presque tous les jours, très tôt en ce moment ou tard le soir. D'autres ne viennent que deux ou trois fois dans l'année. Notre village est très sympa et offre des kilomètres et des kilomètres de possibilités pour de belles balades. Notre principal atout reste la carrière : en effet, si tout le monde ou presque peut installer un box chez lui, une carrière, c'est autre chose. Ce lieu clos en plein-air où se pratique l'équitation est très important aux yeux de celles et de ceux qui ont un cheval ». Dans ce contexte météo actuel, tous les chevaux passent la nuit au frais : « nous les sortons vers 19h30-20h avant de les rentrer le matin à 8h30, ils sont bien mieux dehors en ce moment, c'est clair ».
Ça pond !
Thomas de Boulard s'est également lancé dans un atelier de 12 000 poules pondeuses bio : « c'est par un concours de circonstances que nous avons opté pour cette autre diversification durant l'été 2021. Pour valider notre choix, nous avions rendu visite à plusieurs producteurs dans le département : chez Céline Lortat à Savoisy, Nicolas Porcherot à Poiseul-la-Ville et Élodie Fontaine à Talmay ». La chaleur actuelle ne semble pas trop perturber la production qui s'élève à une moyenne quotidienne de plus ou moins 10 000 oeufs. L'éleveur ne regrette pas ce choix de poulailler : « nous travaillons avec la société Envie d'œufs, qui livre notre production à Bourg-en-Bresse. Cet atelier permet des rentrées d'argent régulières, contrairement aux productions végétales qui seront encore une fois compliquées cette année. Globalement, tout se passe plutôt bien, à l’exception de quelques petits aléas liés à l'élevage. Être 100% en intégration a toutefois ses limites car nous ne contrôlons pas grand chose, pour ne pas dire rien du tout ! J'ai encore en mémoire la décision des dirigeants de changer d'aliment : cela avait engendré une baisse de production de 40% sans que l'on ne puisse dire notre mot... Le lot de poules concerné avait mis beaucoup de temps à remonter la pente et retrouver une production normale. Quand cela avait été le cas, la fin du lot arrivait... Sinon, tout va plutôt bien dans cet élevage, il faut le reconnaître, avec des systèmes d'alimentation et de collectes d'oeufs intégralement automatisés ».
Contact : www.ecuriedeole.com