Une démarche qui fait son petit bonhomme de chemin
En dépit d’un contexte peu propice aux filières de qualité, le Bœuf de Charolles continue de progresser en volume. Les éleveurs restent très attachés à leur produit, les consommateurs sont fidèles en boucherie et la promotion porte ses fruits jusque sur les meilleures tables de France.
Le volume d’animaux agréés en AOP Bœuf de Charolles a encore progressé en 2025 pour atteindre 1 850 carcasses d’un poids moyen de 477 kg. Alors que la consommation de viande brute était en repli de 8,5 % en 2025, le Bœuf de Charolles tire son épingle du jeu et 2026 s’annonce dans la même progression. Le nombre d’adhérents est passé de 151 à 156 et ils ont été plus nombreux à livrer des animaux AOP (126). Le vice-président du syndicat et directeur de l’abattoir de Paray-le-Monial, Fabien Gâteau, signalait un manque de régularité dans la sortie des animaux, avec des tensions sur les mois d’avril, mai, juin 2025, phénomène qui se retrouve en 2026. Ce manque d’animaux à certaines périodes n’est pas sans lien avec la conjoncture. « La hausse des cours de la viande déstabilise les signes de qualité », commentait le président Jacky Plançon. Si l’attachement à cette démarche de longue haleine a été le plus fort, le fait est que la plus-value en a pris un coup et elle est insuffisante aujourd’hui, comme le soulignaient plusieurs adhérents. « Ce sujet sensible est constamment abordé en conseil d’administration », indiquait Jacky Plançon. « Les partenaires ont joué le jeu quand les cours étaient au plus bas. Il ne faut pas risquer de casser un travail de près de 30 ans », poursuivait-il. Pour l’ancien président Jean-François Ravault, il ne faut pas perdre de vue que « le produit est rémunéré par sa qualité, par une réponse à la demande du consommateur et par la maîtrise de la production. Il ne faut pas réagir à la petite semaine. C’est un travail sur le long terme », argumentait l’ancien responsable. « Peut-être faut-il en profiter pour séduire de nouveaux clients avec un produit haut de gamme temporairement pas très cher ? », suggérait un éleveur.
Des points de vente qui développent
Bouchers et supérettes fidèles au Bœuf de Charolles confirment le succès du produit auprès de leurs clientèles. À Charolles, le responsable de l’Intermarché parlait d’un « développement de + 2 à + 3 % par an, sans faire de promotion », précisait-il. Même retour d’un Carrefour Market dans les Vosges. Les non-conformités décelées par le plan de contrôle qualité des animaux proviennent principalement de défauts dans les délais d’engagement. « Cela est lié aux tensions dans la fourniture d’animaux », commentait Jacky Plançon qui encourageait les éleveurs à bien engager leurs bovins AOP. « Le syndicat de défense du Bœuf de Charolles exerce un véritable « lobbying » de promotion auprès des différents médias », exposait Rachel Besançon, vice-présidente de l’association. Sa présence au Salon de l’agriculture est un point d’orgue, mais le Bœuf de Charolles cible de nombreux événements partout en France et fait l’objet de reportages télé. En dépit d’un produit d’excellence, qui commence à avoir la faveur des grands chefs (Le 20 avril, le syndicat de défense du Bœuf de Charolles a tenu son assemblée générale à Saulieu (21) au Relais Bernard Loiseau), le syndicat du Bœuf de Charolles reste attaché à un niveau de cotisation qui soit modéré pour ses éleveurs. D’un montant de cinq centimes d’euros à l’éleveur, cette cotisation sert à « faire vivre de syndicat ; autrement dit, c’est pour vous ! », estimait Jacky Plançon qui table sur un objectif de 2 000 carcasses à terme pour gagner en autonomie financière.