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Viticulture

Le vin, un secteur mondial en pleine mutation

Selon le dernier rapport de l’Organisation internationale du vin (OIV) dont le siège est à Dijon, la filière vitivinicole mondiale a poursuivi l’an dernier sa phase d’ajustement. C'est le cas aussi en France.

Par Christophe Soulard
Le vin, un secteur mondial en pleine mutation
Stock KVDB50
En 2025, selon l'OIV, le vignoble mondial s'est contracté de 0,8 %. Il couvre 7 millions d'hectares.

La phase d'ajustement du vignoble mondial constatée dans le dernier rapport de l’Organisation internationale du vin (OIV) dont le siège est à Dijon (1) trouve une partie de son origine dans trois contraintes : variabilité climatique, érosion de la demande et incertitudes commerciales. Pour la sixième année consécutive, le vignoble mondial s’est contracté de 0,8 %, s'établissant à 7 millions d'hectares. Ce recul est particulièrement marqué pour les cépages de cuve, reflétant une volonté de restructuration dans les deux hémisphères. L'Espagne demeure le premier vignoble mondial (919 000 ha) malgré une baisse de 1,3 %, tandis que l'Union Européenne concentre encore 45 % de la superficie totale. Côté production, le volume mondial est estimé à 227 Mhl, soit une hausse marginale de 0,6 % par rapport au plancher historique de 2024. C'est la troisième année consécutive de faible récolte, se situant à -9,4 % en dessous de la moyenne quinquennale. Ce déficit s'explique par des épisodes de gel précoce, des pluies excessives et des sécheresses prolongées ayant affecté la productivité dans les deux hémisphères. L’Italie, leader mondial en volume (44,4 Mhl), affiche une stabilité relative (+ 0,7 %) grâce à des conditions printanières clémentes, bien que son niveau reste inférieur à la moyenne historique. À l'inverse, l'hémisphère sud connaît une légère reprise (+ 7,7 %), portée par les rebonds significatifs du Brésil, de l'Afrique du Sud et de la Nouvelle-Zélande.

Consommation sous pression

Le défi majeur du secteur réside toutefois dans la demande. La consommation mondiale est tombée à 208 Mhl en 2025, marquant un recul de 2,7 % sur un an et une chute de 14 % depuis 2018. Ce phénomène résulte de l'évolution structurelle des habitudes sociales, des changements démographiques et d'un contexte économique affectant le pouvoir d'achat. Neuf des dix principaux marchés mondiaux ont enregistré des volumes en baisse. Les États-Unis, bien que premier marché mondial (31,9 Mhl), voient leur consommation fléchir de 4,3 %, pénalisée par une sensibilité accrue aux prix et une diversification des préférences de boissons. La Chine poursuit également son déclin affichant -13 %. Le commerce international subit également ce refroidissement. Les exportations mondiales ont chuté de 4,7 % en volume (94,8 Mhl) et de 6,7 % en valeur (33,8 milliards d'euros). Outre la demande atone, l’application des droits de douane (notamment aux USA) et l'inflation ont pesé sur les échanges. Toujours selon les chiffres de l’OIV, le prix moyen à l'exportation reste toutefois élevé à 3,56 euros/l, le troisième niveau le plus haut jamais enregistré. Les vins embouteillés représentent encore 66 % de la valeur totale, malgré une baisse de 8,9 %. Malgré ce repli global, l'internationalisation demeure forte : près d'une bouteille sur deux est consommée en dehors de son pays d'origine.

La France en phase d'ajustement

En 2025, la France voit son vignoble se réduire pour la troisième année consécutive, s'établissant à 740 000 ha (-4,4 %), sous l'effet des campagnes d'arrachage. La production a été durement impactée par les aléas climatiques (floraison perturbée, canicule et sécheresse en août), limitant la récolte à 36,1 Mhl, soit -16 % de moins que la moyenne quinquennale. Sur le plan de la consommation, la tendance est également au repli avec 22,0 Mhl (-3,2 %), confirmant un déclin structurel de long terme. Malgré ces défis, la France conserve son rang de leader mondial en valeur pour les exportations avec 11,2 milliards d'euros, même si les volumes expédiés ont baissé de -2,3 % en 2025, touchés par le recul des expéditions vers les USA, l'Allemagne et la Chine.

(*) disponible (en anglais) sur le site de l’OIV : www.oiv.int