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Service de remplacement

Un nouveau regard

Le 28 avril dernier, le Service de remplacement de l'Yonne a renouvelé son conseil d'administration à Auxerre. Après 11 ans de présidence, Angélique Roy laisse la place à Adrien Andruszkow, éleveur dans la commune de Blacy.

Par Charlotte Sauvignac
Service de Remplacement
Adrien Andruszkow, éleveur laitier dans le sud du département est le nouveau visage du Service de Remplacement.

Originaire de Picardie, Adrien Andruszkow est arrivé dans l'Yonne en 2006, par hasard, pour réaliser des travaux pendant les moissons. Après avoir été formé au sein de deux MFR en Picardie, de la 4e au BTS, lui permettant de réaliser douze stages, du département de la Seine-et-Marne jusqu'à la Somme, en passant par l'Aisne, le jeune picard a envie de nouveauté. Les travaux de moisson lui donnent envie de rester dans l'Yonne, et il intègre le Service de remplacement en novembre 2006. « Je suis arrivé dans un département que je ne connaissais pas, et le Service de remplacement m'a permis, en tant que salarié, de tourner, de connaître le département et de me faire un réseau, ça m'a bien aidé », se souvient-il. Formé en élevage, Adrien Andruszkow, a la chance, pendant plus de six ans, de « travailler en majorité chez des éleveurs laitiers, puisque près de deux tiers des agriculteurs faisant appel au Service de remplacement sont éleveurs. J'ai travaillé au sein de quelques exploitations céréalières, mais ce n'était pas la majorité. Quand on sort de l'école, on est loin de tout savoir. Le fait de tourner sur pas mal de fermes, d'observer différentes techniques, de voir différentes façons de faire, ça m'a permis de prendre confiance en moi, d'acquérir de l'expérience, et même de rencontrer mes futurs associés ». En 2013, suite à plusieurs remplacements au sein du Gaec du champ Beauble « où le courant passait bien », Adrien Andruszkow profite de l'opportunité pour intégrer l'exploitation. « À l’origine, c'était une exploitation 100 % céréalière, comptant deux associés (Philippe Collin et Régis Monot), en agriculture biologique depuis 1998. En intégrant le Gaec, nous décidons de concevoir un atelier en élevage laitier. Fanny Collin, la fille de Philippe, s'installant également pour transformer le lait et créer la marque « Les Formes de Pierrette » ». Le Gaec, devient donc une exploitation à 4 associés, en polyculture élevage, et permet aux autres associés qui « produisaient de la luzerne et qui l'a vendaient, à l'époque, aux quatre coins de la France, d'utiliser cette production à destination de l'élevage. Comme je voulais m'installer en lait et qu'ils voulaient redonner de la cohérence au système (en ayant des vaches qui valorisaient la luzerne et apportaient du fumier aux sols), ils m'ont proposé de m'installer. Nous voulons un système 100 % herbe, autonome et résilient face aux contraintes climatiques, économiques et à taille humaine ».

Être autonome

Adrien Andruszkow a donc du « créer un troupeau, en commençant par une cinquantaine de vaches simmental et montbéliardes et brune des Alpes. Je voulais des vaches rustiques, calmes et adaptées au terroir, malheureusement, les brunes des Alpes avaient un tempérament difficile, donc on a souhaité se concentrer sur les deux autres races de vaches ». L'objectif, pour lui, dès son installation est de « faire du lait et que les vaches puissent faire le plus de lactations possibles ». En parallèle de la création du troupeau, le Gaec s'engage dans la conception de nouveaux bâtiments pour stocker la paille et accueillir le troupeau. La fromagerie arrive un an après, en 2014, avec « 1/3 de la production laitière transformée ». En 2016, « nous décidons d'agrandir le troupeau, pour arriver à ce jour à 70 vaches, ce qui donne lieu à un agrandissement du bâtiment pour accueillir les génisses et à un agrandissement de la fromagerie ». De son côté, Fanny Collin choisit de tout transformer en agriculture biologique et produire un panel large de produits : lait entier, écrémé, tomme aux fleurs, pâte pressée, tomme au fenugrec, petits crottins, yaourts nature et aux fruits, beurre, crème, fromage râpé, fromage blanc, faisselle et gorgonzola. Pour ce qui est de la vente, le Gaec possède un magasin à la ferme, est associé dans un magasin de producteurs à Avallon (le silo rouge), travaille avec des supérettes et depuis peu, avec trois EHPAD et trois cantines scolaires. En agrandissant le Gaec à quatre associés, les agriculteurs ont choisi « de faire appel au Service de Remplacement pour permettre à chacun de pouvoir séparer vie professionnelle et vie personnelle. Même avant, lorsqu'ils étaient à deux, ils étaient obligés de faire appel au Service, car l'un des associés avait un mandat syndical et était souvent absent ». En devenant président du Service de Remplacement, Adrien Andruszkow souhaite avant tout « mobiliser de nouveaux soutiens financiers pour, en finalité, proposer un tarif plus attractif, continuer de défendre les intérêts des adhérents, de créer un maillage territorial et d'assurer une gestion apolitique et non syndicale de la structure associative ».