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Interbev Bourgogne

L’alternative export se construit

Interbev Bourgogne a réuni les membres de son conseil d’administration au pôle agricole de Pouilly en Auxois le 19 décembre 2016. Ordre du jour chargé, avec des dossiers d’importance comme celui de la commercialisation des bovins et de la communication sur la réalité de l’élevage et de l’abattage en France.
Par Anne-Marie Klein
L’alternative export se construit
Dans un environnement professionnel où l’incertitude économique devient la norme et la défense de ses valeurs une nécessité, Interbev se trouve «dans l’œil du cyclone» et devient à son tour «la cible privilégiée des campagnes de désinformation» orchestrées par le lobby émergent, mais extrêmement actif, des anti-viandes et pourfendeurs de l’élevage.
Pour le président d’Interbev Bourgogne, Jean-Pierre Fleury, qui dressait ce tableau préoccupant, nul doute qu’il faille prendre le contre-pied des attaques et y répondre par la démonstration. C’est ainsi que l’échelon national d’Interbev vient de réaliser un film sur l’abattage, destiné à tourner en boucle sur le net et à présenter «la réalité des abattoirs», avec l’objectif affiché de «contrer la désinformation sur le sanitaire, le bien-être animal, la traçabilité» et de montrer les conditions réelles et les plus courantes, d’accueil et de traitement des animaux en attente d’abattage. Pour le président d’Interbev Bourgogne, il est tout aussi nécessaire de s’appuyer  sur «les remparts que constituent les bouchers, les éleveurs et les salariés des filières», dont «la parole doit aussi être valorisée».

Algérie, Vietnam, Chine... des marchés porteurs d’espoir
Sur le marché de la viande bovine en France on constate semaine après semaine, des chiffres d’abattage record (67000 animaux abattus certaines semaines, et parfois plus -jusqu’à 76 000- c’est inédit) et difficile à expliquer alors que la consommation est supposée baisser. On se perd en conjectures face à cette situation qui n’a pas encore trouvé d’explication plausible.
Côté France-Europe, on en sait maintenant un peu plus sur le dispositif d’aide forfaire à la commercialisation des jeunes bovins légers, dont le texte définitif a été publié en cette fin décembre 2016 (voir le communiqué de presse émanant de la Préfecture de Bourgogne-Franche-Comté). Pour que l’éleveur puisse bénéficier de ce dispositif, il faut que soit mentionné sur le certificat sanitaire «destiné à l’abattage» et que le dernier détenteur ait gardé l’animal pendant 6 mois au moins.
Côté export, les cartes se rebattent constamment. Vers les Pays tiers, le marché turc est très peu actif mais l’Algérie confirme une reprise plutôt dynamique des exportations en viande. Le marché Egyptien s’est ouvert à nouveau pour les animaux vivants.  Après la ré-écriture des certificats sanitaires pour la Lybie, on peut s’attendre à des chiffres satisfaisants sur cette destination. Le marché lybien se construit essentiellement par le prix, à la condition d’être capable de proposer «du pas cher». Israël, dont les consommateurs de viande tiennent la 4ème place mondiale, s’avère un marché très prometteur en bovins vivants comme en viande. Au point que certaines entreprises françaises envisagent d’investir dans le processus de «cachérisation» afin de répondre aux attentes des acheteurs israéliens, qui souhaitent diversifier leurs sources d’approvisionnement. L’élevage français peut jouer sa carte sur cette destination. Même réflexion sur l’Asie et notamment le Vietnam, «destination à privilégier» elle-aussi selon Emmanuel Bernard, en charge du dossier Export. La Chine connaît une situation plus complexe mais la levée de l’embargo est attendue pour ce début d’année, suivront ensuite les procédures d’agrément du système bancaire français et des outils industriels concernés. Cela semble en tout cas un rendez-vous à ne surtout pas manquer.
Dans ce monde d’incertitudes liées à l’évolution des dossiers d’importance majeure quant à leurs conséquences plus ou moins dommageables, comme le Ceta, le Mercosur, le Brexit... L’union fait la force à quelques niveaux que ce soit. Au plan régional le dossier de la fusion des Interbev Bourgogne et Franche-Comté avance. En attendant, Interbev Bourgogne a notamment marqué sa présence à l’occasion de plusieurs événements régionaux d’envergure : la foire gastronomique de Dijon, le téléthon à Nevers, le Festival du bœuf à Charolles, avec en point d’orgue le concours de vitrines de boucherie, réalisées par 19 binômes de jeunes bouchers, pour une compétition qui a bien pris son essor, régionalement du moins.

Aide forfaitaire à la commercialisation des jeunes bovins légers

Mise en œuvre dans le cadre de l’aide exceptionnelle européenne d’adaptation aux secteurs de l’élevage Soucieux de la situation de la filière viande bovine qui souffre de prix de marchés bas, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, a annoncé, le 18 novembre dernier, la mise en place d’une aide forfaitaire de 150 euros pour la commercialisation des jeunes bovins mâles de race à viande ou mixte âgés de 13 à 24 mois, destinés à l’abattage, d’un poids inférieur à 360 kg et commercialisés en janvier et février 2017.
Pour être éligibles, les jeunes bovins vivants destinés à l’export doivent pour leur part peser moins de 680 kg (poids vif).
L’objectif de cette mesure est de limiter les quantités de viande sur le marché afin d’amorcer une remontée des cours.
Les animaux éligibles à l’indemnisation sont :
- des jeunes bovins mâles,
- issus de race allaitante ou croisés,
- élevés en France métropolitaine,
- âgés de 13 à 24 mois à la date de l’abattage si l’animal est abattu en France métropolitaine ou à la date de l’émission du certificat sanitaire si l’animal est exporté,
- dont le poids est inférieur à 360 kg de poids de carcasse pour les animaux abattus en France métropolitaine ou- dont le poids est inférieur à 680 kg de poids vif (poids payé à l’éleveur éligible lors de la sortie de l’animal de l’exploitation) pour les animaux exportés destinés à l’abattage (les animaux exportés destinés à l’engraissement ne sont pas éligibles).

La période d’éligibilité de cette aide est du 1er janvier au 28 février 2017 et les demandes d’aides pourront être déposées du 1er mars au 31 mars 2017, uniquement par procédure dématérialisée.
En cas de dépassement de l’enveloppe allouée, les demandes seront traitées par ordre d’arrivée, la date de dépôt du formulaire de demande d’aide faisant foi.
L’ensemble des modalités d’octroi de l’aide sont disponibles à l’une ou l’autre des adresses suivantes :
www.franceagrimer.fr/filiere-viandes/Viandes-rouges (section aides/aides de crise)
https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/document_administratif-64b506f9-40c5- 4eea-91f0-53a85c1cea1a/