Gestion des risques
Jeunes Agriculteurs lancent un pavé dans la mare
C’est un pavé, parce que le document est conséquent et bien renseigné, mais c’en est un aussi parce que certaines propositions d’évolution dans la conception de la gestion des risques et sa gouvernance, en France comme en Europe, pourraient en décoiffer plus d’un. Explication de texte autour d’une volonté de rénovation bien assumée.
La gestion des risques, c’était le temps fort du dernier congrès Jeunes Agriculteurs, organisé début juin à Dunkerque. Mais c’est aussi une préoccupation constante depuis plusieurs années, tant il est vrai qu’un jeune installé, quelle que soit sa situation, est encore plus sensible aux risques que n’importe quel autre exploitant. La viabilité d’une exploitation dépend de nombreux facteurs et, parmi ceux-ci, la gestion des risques occupe une place à part. Sous l’effet de la mondialisation, de la financiarisation des marchés, des échanges bi-latéraux et multi-latéraux, de l’évolution climatique... Certains risquent s’amplifient, d’autres émergent. Les facteurs de risques se multiplient et leur gestion est désormais au cœur de bien des réflexions stratégiques, en France et au sein des filières, mais en Europe aussi. Comment trouver les moyens et les outils permettant d’améliorer la résilience des exploitations et de contribuer à la sécurisation du revenu ? Pour JA c’est une question essentielle qui revient à relever positivement le défi représenté par le renouvellement des générations. Dans un monde de plus en plus exposé aux risques, la prévention s’impose, tout comme la construction de nouveaux outils, mieux adaptés à la situation actuelle et plus efficaces. C’est tout l’objet du dernier rapport d’orientation de JA «Anticipons aujourd’hui pour gérer les risques de demain».
Rénovation à tous les étages
Dans sa présentation aux partenaires agricoles régionaux Baptiste Gatouillat, en charge du dossier chez JA et dans son introduction Guillaume Gauthier, président de JA BFC, ont rappelé que le thème de ce rapport avait été décidé lors de Terres de Jim en juin 2016 et que le projet s’était construit à la suite d’une grande enquête réseau, permettant de définir les contours des risques en agriculture. JA a donc identifié différents leviers d’amélioration. En premier lieu, il faut être au clair sur la prise de conscience de l’existence de risques et leur identification, afin de les prévenir et de se doter des moyens nécessaires pour en compenser les effets négatifs. Ensuite, il s’agit de bien connaître les freins et les limites des outils existants (OMC, accords commerciaux, PAC, budgets, organisation des institutions européennes, outils assurantiels, etc.). Le tout doit contribuer à la construction d’un nouveau système de gestion des risques, au travers des nombreuses propositions formulées par Jeunes Agriculteurs. Des propositions en forme de programme qui s’articulent autour du principe de rénovation : rénovation de la gouvernance européenne, rénovation de la gouvernance française de la gestion des risques, rénovation du système assurantiel privé actuel... A l’échelle de l’exploitation cela s’exprimera aussi dans une nouvelle approche de la gestion des risques individuels et la reconnaissance des investissements de prévention.
Une gouvernance européenne rénovée suppose que l’on passe du manque de visibilité et de lisibilité des politiques actuelles à une orientation stratégique à 10 ans, «claire, applicable sur tout le territoire européen». La région ou la collectivité en charge de la compétence économique étant «l’échelon de mise en cohérence des stratégies agricoles française et européenne sur le territoire». Avec pour passages obligés, la politique de l’eau, la stratégie numérique, l’installation...
Pour une Paac (Politique agricole et alimentaire européenne commune) ?
Pas de politique ambitieuse sans budget. JA propose donc que la règle de l’annualité du budget de la PAC soit revue, afin de mieux s’ajuster aux fluctuations des marchés et dans le cadre d’un budget revu à la hausse. L’outil communautaire a tout à gagner, selon Jeunes Agriculteurs, à la création d’une politique agricole et alimentaire européenne commune (PAAC), sur fond de préférence communautaire totalement assumée. S’inspirant d’exemples de politiques de soutiens à l’agriculture aux USA et au Canada notamment, ce projet souhaite l’instauration d’une garantie de prix rémunérateurs pour l’agriculteur européen, avec un système de sécurisation des prix qui s’articule autour d’un prix d’équilibre et d’une compensation spécifique en fonction des fluctuations de ce prix de référence. D’autres propositions introduisent de nouveaux éléments de gestion communautaire concernant la gestion des volumes, les contractualisations tri-partites, des pénalités en cas de retard de versement des aides, etc.
Des propositions innovantes conduisent à la rénovation de la gouvernance française de la gestion des risques. Le rapport souhaite le renforcement du rôle du Comité de rénovation des normes en agriculture (Corena) et la création d’un Groupement pour une assurance mutualiste agricole (Gama), association pouvant émettre des appels d’offres et assurant un rôle de conseil et d’audit auprès des exploitants. Il propose aussi la création d’un Conseil supérieur d’orientation sur la gestion des risques, ayant vocation à remplacer l’ensemble des outils de gestion des risques actuels, «une rénovation du fonds calamités pour plus de cohérence et de lisibilité», une révision de la fiscalité, la prise en compte des investissements dans le cadre d’une gestion des risques maîtrisée, l’intégration de la gestion des risques dans la formation initiale (sous tous ses angles, humain, personnel, médiatique, sociétal, économique, etc). A beaucoup d’égards, la vision présentée là confronte les «anciens» comme les «modernes» à l’opportunité d’un vrai changement de modèle et pas seulement sur le papier.
Rénovation à tous les étages
Dans sa présentation aux partenaires agricoles régionaux Baptiste Gatouillat, en charge du dossier chez JA et dans son introduction Guillaume Gauthier, président de JA BFC, ont rappelé que le thème de ce rapport avait été décidé lors de Terres de Jim en juin 2016 et que le projet s’était construit à la suite d’une grande enquête réseau, permettant de définir les contours des risques en agriculture. JA a donc identifié différents leviers d’amélioration. En premier lieu, il faut être au clair sur la prise de conscience de l’existence de risques et leur identification, afin de les prévenir et de se doter des moyens nécessaires pour en compenser les effets négatifs. Ensuite, il s’agit de bien connaître les freins et les limites des outils existants (OMC, accords commerciaux, PAC, budgets, organisation des institutions européennes, outils assurantiels, etc.). Le tout doit contribuer à la construction d’un nouveau système de gestion des risques, au travers des nombreuses propositions formulées par Jeunes Agriculteurs. Des propositions en forme de programme qui s’articulent autour du principe de rénovation : rénovation de la gouvernance européenne, rénovation de la gouvernance française de la gestion des risques, rénovation du système assurantiel privé actuel... A l’échelle de l’exploitation cela s’exprimera aussi dans une nouvelle approche de la gestion des risques individuels et la reconnaissance des investissements de prévention.
Une gouvernance européenne rénovée suppose que l’on passe du manque de visibilité et de lisibilité des politiques actuelles à une orientation stratégique à 10 ans, «claire, applicable sur tout le territoire européen». La région ou la collectivité en charge de la compétence économique étant «l’échelon de mise en cohérence des stratégies agricoles française et européenne sur le territoire». Avec pour passages obligés, la politique de l’eau, la stratégie numérique, l’installation...
Pour une Paac (Politique agricole et alimentaire européenne commune) ?
Pas de politique ambitieuse sans budget. JA propose donc que la règle de l’annualité du budget de la PAC soit revue, afin de mieux s’ajuster aux fluctuations des marchés et dans le cadre d’un budget revu à la hausse. L’outil communautaire a tout à gagner, selon Jeunes Agriculteurs, à la création d’une politique agricole et alimentaire européenne commune (PAAC), sur fond de préférence communautaire totalement assumée. S’inspirant d’exemples de politiques de soutiens à l’agriculture aux USA et au Canada notamment, ce projet souhaite l’instauration d’une garantie de prix rémunérateurs pour l’agriculteur européen, avec un système de sécurisation des prix qui s’articule autour d’un prix d’équilibre et d’une compensation spécifique en fonction des fluctuations de ce prix de référence. D’autres propositions introduisent de nouveaux éléments de gestion communautaire concernant la gestion des volumes, les contractualisations tri-partites, des pénalités en cas de retard de versement des aides, etc.
Des propositions innovantes conduisent à la rénovation de la gouvernance française de la gestion des risques. Le rapport souhaite le renforcement du rôle du Comité de rénovation des normes en agriculture (Corena) et la création d’un Groupement pour une assurance mutualiste agricole (Gama), association pouvant émettre des appels d’offres et assurant un rôle de conseil et d’audit auprès des exploitants. Il propose aussi la création d’un Conseil supérieur d’orientation sur la gestion des risques, ayant vocation à remplacer l’ensemble des outils de gestion des risques actuels, «une rénovation du fonds calamités pour plus de cohérence et de lisibilité», une révision de la fiscalité, la prise en compte des investissements dans le cadre d’une gestion des risques maîtrisée, l’intégration de la gestion des risques dans la formation initiale (sous tous ses angles, humain, personnel, médiatique, sociétal, économique, etc). A beaucoup d’égards, la vision présentée là confronte les «anciens» comme les «modernes» à l’opportunité d’un vrai changement de modèle et pas seulement sur le papier.