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Élevages bovins

Il faut bien passer par là

La mise est l'herbe est terminée, place désormais au curage des stabulations.

Par AG
Il faut bien passer par là
Nous avons rencontré Nicolas Mazilly, agriculteur près de Nolay.

Dans les colonnes de Terres de Bourgogne, nous vous faisons vivre tous les travaux agricoles, y compris les moins sympas. Le curage des stabulations en est un bel exemple… Sans surprise, cela ne fait pas partie des tâches préférées de Nicolas Mazilly, chez qui nous nous sommes invités il y a quelques jours. « C'est clair, il y a quand même mieux comme occupation dans le métier d'éleveur ! Mais c'est comme ça, il faut bien passer par là », nous lance avec le sourire cet homme de 49 ans, habitant au lieu-dit de Flagny sur la commune de La Rochepot. Ses bovins étant aujourd'hui presque tous au pré, le nettoyage de ses trois stabulations peut donc commencer : « j'ai encore quatre vaches qui n'ont pas vêlé, elles sont encore sous les bâtiments. Mais je peux tout de même débuter. Le curage, c'est un peu mon rituel du mois de mai ! ».

La galère

Son cheptel est composé de 90 vaches charolaises : « cela représente environ 270 animaux en hivernage, donc les volumes à évacuer sont relativement importants. Je ne sais pas combien précisément, peut-être 500 ou 600 tonnes de fumier ». Ce travail le monopolisera environ quinze jours non-stop : « je vais le répartir sur trois semaines, car il n'y a pas d'urgence et il y a d'autres choses à faire sur la ferme. Je mets beaucoup de temps à curer car je travaille seul… Un petit coucou néanmoins à mon fils qui vient m'aider le soir, quand il rentre de l'école ! Quelque chose complique la donne chez moi : mes bâtiments ne sont pas récents du tout… Ils seraient plus modernes et bien pensés, le curage serait beaucoup moins long, c'est une évidence. Certaines manœuvres sont contraignantes et répétitives. Des poteaux ne s'enlèvent pas, les accès ne sont pas larges… C'est là que l'on voit tout l'intérêt des structures fonctionnelles comme il se fait aujourd'hui dans le monde agricole ». Nicolas Mazilly, qui a investi dans un télescopique, est en revanche très satisfait de cet engin : « il m'a fait gagner beaucoup de temps, je ne pourrais plus m'en passer. Certains trouvent que c'est du suréquipement mais me concernant, il s'agit d'une réelle plus-value, et pas seulement pour le curage ! Avec un tracteur et une fourche, ce serait encore plus la misère, cela va sans dire… ». Le fumier sera transporté dans des prés à proximité de parcelles destinées aux grandes cultures. Ces dernières seront amendées à l'automne. L'agriculteur parle d'« or noir » pour qualifier le fumier, très bon fertilisant à moindres coûts dans une exploitation de polyculture-élevage. Ensuite, tout ne sera pas fini pour autant sous les bâtiments : « il faudra souffler les murs et passer un coup de Kärcher sur les barrières. Tout sera fin prêt pour accueillir à nouveau les bêtes en fin d'année ».

Des bovins en pension

Les bêtes, parlons-en. La mise à l'herbe s'est effectuée dans des conditions presque idéales avec le beau temps : « l'herbe était en quantité donc il n'y a rien à dire, tout s'est vraiment bien passé ». Cette sortie d'animaux a elle aussi nécessité beaucoup de temps : « elle s'est faite du 10 au 25 avril. Oui, cela ne se fait pas non plus d'un claquement de doigts, les éleveurs qui travaillent seuls en savent quelque chose ! Mais rentrer les bêtes à l'automne demande encore plus de temps et d'organisation ». Dans la discussion, nous apprenons que Nicolas Mazilly a envoyé 40 de ses génisses en « pension » : « 30 sont aujourd'hui à Allerey-sur-Saône et 10 autres se trouvent dans le Jura. La raison ? Je n'ai pas assez de surfaces. Ces génisses me coûtent 130 euros chacune à l'année : c'est un coût mais aucune prairie n'est disponible ici, je ne peux pas faire autrement. Une location aurait été plus pratique et moins chère, c'est certain ».