Accès au contenu
Polyculture-élevage

En mai, fais ce qu'il te plaît ?

Petit sondage auprès de huit agriculteurs en Côte-d'Or : le mois en cours est-il, concernant le travail en ferme, le moins chargé de l'année ?

Par AG
En mai, fais ce qu'il te plaît ?
Cette image d'illustration proposée par ChatGPT est un peu « exagérée » mais le mois de mai permet à certains de lever un peu la tête du guidon, contrairement au reste de l'année.

Bêtes au pré, moissons pas encore commencées : le mois de mai est-il le plus propice pour lever le pied ? Nous avons posé la question à huit polyculteurs-éleveurs pour nous donner une idée. Nous recueillons effectivement une majorité de réponses positives (6 sur 8). À noter que les deux seules réponses négatives viennent des deux seuls éleveurs laitiers sondés, les autres étant dans un système allaitant.

C'est oui

Gautier Loiseau, éleveur à Meilly-sur-Rouvres, en fait partie : « Dans mon cas, il y a moins de travail et en plus, celui-ci est moins exigeant. Nous pouvons déléguer certaines tâches à nos retraités. Nous en profitons pour partir quelques jours en congés ! Cette période est également propice pour améliorer certaines choses sur l'exploitation ». Même discours pour Guillaume Rousselet, à Dampierre-en-Montagne : « Non seulement les vaches sont aux prés mais je ne sème pas de cultures d’été, donc je peux m'octroyer un peu plus de temps en dehors de la ferme. En ce moment, le quotidien est animé par le nettoyage des bâtiments et la préparation du matériel pour les récoltes à venir ». Édouard Beurton, éleveur à Censerey, reconnaît qu'il y a « beaucoup moins de stress » : « Effectivement, les vêlages sont terminés ou presque. Les récoltes, elles, vont commencer tout doucement. Le mois de mai est l'occasion de se poser un peu plus que les autres mois. Personnellement, je prends du temps pour être en famille, m'occuper de ma maison et du club de foot de Manlay que je préside. Août est également assez calme : j'en profite parfois pour partir quelques jours de la ferme ». Gwenaël Ehret, à Duesme, répond aussi par l'affirmative : « Une année normale, mai est le mois où l'on est le plus tranquille. Les vaches sont sorties et toutes les cultures sont semées. Les foins ne sont pas encore commencés. Il y a peu d'enrubanné mais cette opération est rapide. Bref, rien à voir avec juillet qui, avec les moissons et les fourrages, est le mois le plus intense pour moi ».

Pas si évident

Nicolas Chauve, à Puits dans le Châtillonnais, répond quant à lui par un « petit oui » : « Quand on a de l'élevage, il n'y a pas beaucoup de périodes creuses. Mais oui, effectivement, le mois de mai offre en temps normal un peu plus de disponibilités. Mais cette année, je n'ai toujours rien ressenti : nous faisons beaucoup d'enrubannage, la stabulation n'est pas encore intégralement nettoyée et du matériel est à mettre en ordre pour les moissons. Il y a également des petits pépins à gérer dans le troupeau, ce n'est jamais réellement terminé ». Lionel Lachot, à Villeberny, est tout aussi interrogatif que Nicolas Chauve : « ce n'est plus si évident que ça. Alors oui, mai est généralement plus calme que les mois précédents car il n'y a plus les astreintes du pansage du matin et du soir, mais les années sont de plus ne plus en avance et les travaux le sont aussi. Il y a de l'enrubannage et les maïs à semer. Les foins débuteront peut-être prochainement. Il faut également finir de nettoyer les bâtiments ! ».

Pour eux, c'est non

Nathalie Mairet, éleveuse à Turcey, aurait répondu bien par l'affirmative, mais le mois de mai n'est plus synonyme de tranquillité : « Avant, je partais en vacances à cette période, mais c'est terminé ! Ce mois est devenu très chargé avec l'ensilage et l'enrubannage que nous faisons en prévision d'éventuelles sécheresses qui pourraient compromettre la récolte de maïs. Nous faisons désormais presque autant de stocks au printemps qu’à l’automne. Le mois le moins chargé pour nous est désormais août car nous faisons moins de stocks de paille depuis que nous sommes en logettes ». Pour Vincent Gardey, éleveur laitier à Beaumont-sur-Vingeanne, c'est « non » également : « Nous avons énormément de travail à cette époque, surtout entre le 15 avril et le 15 mai. Au moment où je vous parle, nous sommes le 5 mai et nous avons déjà réalisé deux coupes de ray-grass, une de luzerne, une autre en prairie permanente et les semis de maïs, sans parler du troupeau qui est toujours à gérer... La période la moins dense, pour nous, est à cheval entre juillet et août ».