Travaux en cours
Mickaël Sonnois, agriculteur bio à Chaume-lès-Baigneux, fait construire un bâtiment pour stocker, trier et décortiquer du petit et grand épeautre. Voire plus si affinités.
S'il ne s'était pas cassé le coude il y a quelques années, Mickaël Sonnois n'en serait peut-être pas là aujourd'hui. « C'est vrai, je n'aurais sans doute pas eu l'idée de me moderniser pour, au final, aboutir à un tel projet », confie l'homme de 40 ans. Tout commence donc par un accident qui limite les possibilités physiques de cet exploitant : « j'ai un stockage de graines dans lequel tout est manuel. Je n'arrive plus à pelleter aussi facilement qu'avant. J'ai commencé à réfléchir de quelle manière je pouvais améliorer mon outil de travail, avec notamment un système de vidange totale ». Les premières recherches sont vaines pour le Côte-d'orien : « tout était très cher et il n'y avait aucune subvention possible, hormis quelques petites aides mais avec un plafond dérisoire à chaque fois ». Mickaël Sonnois a eu l'idée de contacter l'Agence de l'eau, celle de Seine Normandie le concernant : « il y avait bien des soutiens disponibles, parfois intéressants, mais ceux-ci n'étaient accordés qu'à des projets collectifs et en plus, sur des zones de captage. Bref, tout ce que je n'avais pas. J'ai failli tout laissé tomber ».
Du positif
De la chance allait enfin pointer le bout de son nez pour cet habitant de Chaume-lès-Baigneux, installé depuis 2007 sur la ferme familiale : « je suis producteur de sarrasin, avec d'autres agriculteurs bio de Côte-d'Or. Nous travaillons avec Moulin Marion, à qui nous livrons aussi du petit épeautre. Cette entreprise nous a fait savoir que, pour conserver ce dernier marché, il allait falloir lui livrer les graines directement décortiquées. Or, nous n'étions pas équipés ». Le hasard a bien fait les choses. Le projet devenait cette fois collectif, d'autant que plusieurs agriculteurs étaient positionnés en zones de captage : « un soutien de l'Agence de l'eau, au nom de la préservation de l’agriculture biologique, était alors possible. Nous étions dans les clous. Les autres agriculteurs se sont engagés à me livrer leur production pour le décorticage. Bio Bourgogne s'est chargée des dossiers et de toute la partie administrative, merci à eux ».
Tout s'enchaîne
Le terrassement a débuté en avril, la réalisation devrait être livrée et opérationnelle fin octobre début novembre. Mickaël Sonnois nous décrit le futur équipement, à la pointe de la technologie : « il y aura six cellules alignées de 100 m3 chacune, avec fond conique et vidange intégrale. Un bâtiment de 384 m2 sera érigé à côté avec une ligne de triage et de décorticage, ainsi que d'autres matériels. Il y aura tout d'abord un trieur rotatif pour enlever les plus grosses impuretés, un trieur alvéolaire pour démélanger des cultures associées, comme par exemple les lentilles et les orges de printemps. L'outil comprendra une table densimétrique pour trier les graines selon le poids spécifique. Un épierreur sera aussi fourni, tout comme un trieur optique qui sera très utile contre l'ergot du blé. Pour l'anecdote, il est bien dommage que je n'ai pas été équipé pour la précédente moisson, j'en aurais eu besoin ! Ce même trieur optique sera le bienvenu pour d'autres utilisations ». Cet investissement devrait se chiffrer aux alentours de 1,2 million d'euros, subventionné à hauteur de 700 882 euros par l'Agence de l'eau, que Mickaël Sonnois remercie forcément : « sans ce soutien, le projet n'aurais pas pu voir le jour, cela va sans dire ». L'agriculteur se chargera lui seul du reste à charge, déjà conséquent : « c'est un gros projet, effectivement, mais celui-ci est multifonctionnel. Afin de l'amortir, je proposerai de la prestation à qui le voudra. Vous l'aurez compris, il n'y a pas que le petit et grand épeautre qui seront concernés. Je chercherai à me diversifier le plus possible ». Nous avons promis à l'agriculteur de repasser le voir d'ici quelques mois, une fois ses équipements installés, pour un nouvel article ainsi qu'une vidéo.