Et ben il fait sec
Petit tour en tracteur avec Matthieu Besançon, agriculteur à Saulx-le-Duc, pour aborder plusieurs sujets.
Nous ne l'avions pas croisé depuis un petit moment alors c'était l'occasion. L'occasion de parler grandes cultures avec lui. Ce 29 avril après-midi, Matthieu Besançon épandait du digestat dans son blé de printemps bio. Mais avant de parler de cette intervention, dressons un état des lieux du canton, souvent l'un des premiers à décrocher dans le département en cas de sécheresse. « C'est le cas en ce moment, nous voyons déjà des veines de terre dans les parcelles. Automatiquement, le potentiel des cultures est d'ores et déjà impacté », observe ce Côte-d'orien de 38 ans, ne cachant pas l'inquiétude grandissante des agriculteurs de son secteur. « Oui, cela ressemble à une sécheresse, il n'est quasiment rien tombé depuis un mois », poursuit Matthieu Besançon, « sur nos terres à faibles potentiels et à cailloux, cela ne pardonne pas. Alors oui, les conditions sont idéales pour travailler dans les champs, nous avons même un boulevard devant nous... Mais les plantes, elles, ont soif et ce qui a été semé a besoin d'eau pour lever ». De l'eau, enfin, était annoncée 48 heures avant la sortie de ce journal. Matthieu Besançon « misait » sur ces précipitations de mardi : « j'ai semé mon tournesol hier soir. Ce serait idéal que cette pluie arrive... Je positionne aussi mon digestat en fonction de cette prévision météo, il sera beaucoup mieux valorisé s'il pleut ».
Grande satisfaction
Le digestat, sous-produit récupéré du méthaniseur qu'il gère avec son collègue Jérémie Fischer, est épandu sur toutes ses cultures bio depuis 2021 : « ce liquide contient 6 unités d'azote, 2 unités de phosphore et 5 de potasse. Il peut s'épandre en végétation, c'est très pratique pour répondre aux besoins précis des plantes, je fais quelque fois du fractionnement. Je ne fertilise désormais qu'avec du digestat... Avant, j'utilisais les fientes issues de mon poulailler mais celles-ci servent dorénavant à la méthanisation ! ». Matthieu Besançon, en plus de n'avoir aucune facture d'engrais biologique, voit certains de ses rendements tripler grâce à ce digestat : « sans aucun apport, je pense que le blé bio ne ferait même pas 10q/ha. Depuis plusieurs années, j'obtiens régulièrement 25 voire 30q/ha ». Son unité de méthanisation par injection, d'une puissance de 130 Nm3/h, permet de sortir annuellement 13 000 m3 de ce sous-produit : « la moitié du volume est destinée à mes cultures. L'autre partie, nous l'épandons en prestations chez des clients. Il faut compter entre 15 et 30 m3/ ha selon le type de plantes et leurs besoins ».
L'ensilage commence
Matthieu Besançon attendait donc de la pluie pour ce mardi mais pas pour tout le mois de mai. Et pour cause : l'ensilage de Cive (cultures intermédiaires à vocation énergétique) était imminent : « il s'agit très majoritairement du seigle nous concernant. Nous avons 300 ha à ensiler, dont les trois quarts chez des clients » ». La récolte de seigle ne s'annonce pas d'un haut niveau : « les nuits très froides, le vent incessant et maintenant la chaleur ont impacté les plantes. Elles ne sont pas bien hautes, les rendements ne seront pas bons. Ni la qualité car les pailles sont déjà bien jaunes... ». De la pluie, il n'en faudra pas non plus le 30 mai, jour de la course de C15 organisée par les JA d'Is-sur-Tille. Sujet que nous abordons pour terminer cette rencontre : « je fais encore partie des jeunes agriculteurs et oui, nous attendons beaucoup de monde à la fin du mois sur le circuit Nicolas-Klein. Apparemment, nous pourrions monter jusqu'à 70 C15, c'est énorme ! ».
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